lundi 27 juin 2016

Possibilité d'un conflit de travail à Postes Canada : deux philosophies différentes

Ne vous trompez pas, je ne vous parle pas de l'employeur ni du syndicat, mais des milliers de gens qui sont en cause : les employé(e)s.

En 2011, j'étais l'un des deux membres du comité de grève de la section locale de Québec. En 2016, je ne travaille plus avec l'exécutif ce qui me permet de mieux observer et écouter les commentaires des gens.

En 2016, j'ai constaté qu'il y a 2 pensées distinctes. La première est celle qu'ils ont tout perdu en 2011 et qu'il faut signer immédiatement la première offre globale parce qu'on a obtenu moins en refusant la première offre de 2011. La deuxième est celle qu'ils ont souvenir de 2011 et se reprendront en 2016.

Dans les deux cas il ne faut pas tomber dans les excès, éviter de signer n'importe quoi et éviter de ne rien céder sous prétexte de "plus aucun recul".

Cela peut paraître méchant, mais je ne veux pas faire les frais des revendications des FFRS. Chacun son combat.

Il y a plusieurs points en litige dont voici l'énumération du syndicat et voici l'offre de l'employeur pour l'urbain et les FFRS.

Des retraités nous font la morale avec les grèves des années 80 et la dernière de 1997 en précisant qu'ils se sont battus pour garder leurs acquis, faire des gains et qu'ils feront pareil si Postes Canada décide de toucher à leur fond de pension. Cependant, ils constateront bien vite que ça ne sera pas un combat facile et que si l'employeur décide de changer quelque chose, renverser la tendance sera complexe. 

Je leur souhaite bonne chance si cela devait arriver.

En 2016, près de 20 ans après la dernière grève (2011 était un lock out), la réalité a bien changée et les retraités ne semblent pas s'en rendre compte.

Penser que tout le monde est capable d'accumuler plusieurs mois de salaire au cas où un conflit de travail surviendrait est une déconnexion totale de la réalité. Les canadiens et les québécois sont endettés plus que jamais et plusieurs vivent avec l'attente de la prochaine paie.

L'Internet est l'alternative parfaite à la poste-lettre, les compagnies rivales peuvent livrer les colis de Postes Canada même si celui-ci est le plus grand distributeur de colis au pays et tant que les anciennes nominations conservatrices seront à la direction, le carnage postal continuera.

Mais attention, un gouvernement libéral ne veut pas dire qu'il accordera tous les privilèges aux syndiqués. Déjà qu'il recule avec leur promesse du rétablissement de la livraison à domicile aux endroits dont les boîtes postales communautaires ont été installées, cela n'augure rien de bon.

La consultation publique est une grande mascarade pour mieux faire passer que Postes Canada n'est pas rentable (ce qui est faux, 18 années d'excédents en 20 ans). Spécifions que les personnes âgées, par exemple, dont le système postal est très important, n'iront pas écrire leur avis sur le site Internet de la consultation

Est-ce que ce même gouvernement laisse aller la négociation et un éventuel conflit de travail pour trouver sa raison de congédier Deepak Chopra qui a refusé de démissionner à la demande du gouvernement libéral et dont le contrat a été renouvelé jusqu'en 2020 par les conservateurs? 

La politique n'a pas de cœur et tout ce qui se passe est hautement politique. Ça peut être une hypothèse.

Malheureusement, ce n'est pas moi qui voit le fruit de mes efforts récompensés puisque la fameuse p.r.é (prime de rendement d'équipe) instaurée par Moya Greene, ancienne PDG de Postes Canada, n'est plus distribuée aux employé(e)s depuis plusieurs années tandis que les hauts-dirigeants continuent à bénéficier de salaire dans les six chiffres plus leurs primes.

Sans les membres du STTP qui distribuent le courrier et offrent un service personnalisé à chaque client (enfin, moi je le fais), comment ces mêmes dirigeants feraient pour recevoir leurs primes? Pourquoi un pourcentage d'augmentation de salaire aussi bas? 

Je le réécris, en 2016, un conflit de travail ferait très mal à Postes Canada qui aurait beaucoup de difficulté à s'en remettre. J'espère que les deux parties sont conscientes que ce n'est pas la solution. Qu'ils négocient et ça prendra le temps que ça prendra.

Est-ce qu'un conflit prépare le chemin pour une éventuelle privatisation? Encore là, pour vendre, il faut que le produit soit intéressant et non pas en morceaux.

Le 2 juillet, les deux parties auront l'opportunité de déclencher une grève ou un lock out.


Aucun commentaire:

Publier un commentaire