mercredi 6 août 2014

J'ai survécu au débarquement - Marilou et Martine Doyon

Plusieurs fois j'ai lu que les anciens vétérans refusaient de raconter leur histoire tellement les souvenirs de la guerre était horrible. La guerre ne s'oublie pas, les vétérans ne guérissent pas de la guerre, ils apprennent à vivre avec. 

Germain Nault, ancien combattant canadien, a débarqué à Juno Beach en Normandie et il a participé à l'éviction des nazis de la France et des pays voisins. 

Il avait toujours refusé de parler de la guerre jusqu'à ce que les sœurs Doyon le convainquent de le faire.

Avec une écriture simple et efficace, elles nous racontent la guerre telle que vécue par un ancien combattant canadien-français.

Les États-Unis ont sorti grand vainqueur de la Deuxième Guerre mondiale et Hollywood nous a bombardé, sans vouloir faire de jeu de mots poche, de leurs tragédies des champs de bataille reléguant les autres pays, dont le Canada et je dirais aussi l'Angleterre au rôle de figurants.

Même les jeux vidéo oublient qu'il n'y a pas que trois belligérants (États-Unis, Allemagne, Russie).

Germain Nault débute son histoire dans son patelin en Estrie, à Bromptonville, nous remémorant les difficultés économiques de l'époque, les familles nombreuses, les rumeurs d'un conflit en devenir en Europe, etc.

Au contraire de la majorité des québécois, Germain Nault est un volontaire et a accepté sa participation et son rôle à la guerre. Dur de croire que les recrues sont impatientes de combattre les nazis parce qu'elles sont blasées de l'entrainement. Mais c'est vrai et aucun entrainement ne peut préparer les soldats aux tirs ennemis, aux canons, panzers, maisons piégées, etc.

C'est après la lecture de ce livre que Günter Gallish a écrit le sien lorsqu'il combattait pour les forces de l'axe. Parce que j'ai un trop plein des aventures américaines, apprendre la réalité de ces soldats, raconté de leur vivant et non pas par des historiens, donne une excellente idée de ce qu'a été la Deuxième Guerre mondiale pour quelqu'un sur le terrain.

Je crois que Germain Nault a pas mal vu toutes les horreurs qu'un homme peut voir à la guerre. J'ignore comment sa mémoire a pu retenir tous ses détails avec autant de précision. Je suppose que ce sont des événements tellement marquants et horrifiants qu'on en reste marqué le reste de ses jours, même rendu nonagénaire.

Ce livre est un incontournable si vous vous intéressez aux actions du Régiment de la Chaudière par exemple. Quelques photos ici et là, de la collection personnelle de Germain Nault et d'autres clichés empruntés à des sites ou blogues nous aident à comprendre l'ampleur des dégâts causés par les combats.

Et détrompez-vous, en 1944, la plupart des nazis convaincus étaient morts, le front de l'Est ayant décimé le gros des troupes d'élite, et les soldats disponibles n'exécutaient que les ordres. Certains moins que d'autres.

Si ce genre littéraire vous passionne, lisez ce titre en premier. Germain Nault a même écrit la préface du livre de Günter Gallish. Le temps a accompli son oeuvre et les ennemis du passé peuvent maintenant se parler en toute franchise.

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