mardi 27 novembre 2012

Fatigue, péripéties et pension

Cher blogue, même si tu es moins lu, j’ai toujours le goût d’écrire quelques billets même si cela revient à parler « au vide ». Ça me fait du bien d'extérioriser ma mauvaise énergie.

Lundi passé, ma conjointe m’a texté au travail. Elle me demande de la rappeler. J’ai pris le message 1h30 après sa rédaction parce que j’avais beaucoup de courrier à trier et que la restructuration dans le but de couper des routes à mon bureau. Il y a donc des A.M.I (agent mesure itinéraire) qui notent tous les colis, les signatures, les produits spéciaux et entre ces chiffres dans leurs scanneurs.

Ensuite, des civils viennent compter une par une les lettres dans mon casier et les inscrivent sur un carton. Quand il a fini, j’attache mon courrier et je dois peser mes liasses à relais plus mon sac de facteur sur une grosse balance. Je dois calculer le nombre de circulaires nécessaires et les sortir en vrac. Qu’est-ce que cela veut dire? Laisse-moi t’expliquer.

La plupart des facteurs classent leurs circulaires directement dans leur casier. Ils font cela au retour de leur route et préparent le terrain pour le lendemain avant de s’en aller, leur journée de travail terminé. Donc, les lettres sont ramassées avec les circulaires et cela prend moins de temps pour partir le matin. Moi, j’ai décidé d’agir autrement. Je classe sans circulaire et lorsque je ramasse ma route, j’insère la circulaire à l’arrière de la lettre. C’est plus long, mais ma route a moins de courrier que les autres (mais elle est plus longue à marcher) et j’arrive à partir presque aux mêmes heures.

Cependant, cette semaine et la semaine dernière, il faut compter combien de portes je livre dans le tiers de circulaire à livrer cette journée-ci et les glisser dans les liasses à relais (un sac en réalité) et les prendre au fur et à mesure quand j’arrive à une porte.

Je me serai bien passé de ce recomptage, je pars plus tard, je fais des erreurs avec mon scanneur et je finis plus tard. Tout ça, deux semaines avant quatre semaines de vacances.

Je rappelle donc ma conjointe. Elle m’explique que le huissier et venu chez moi ce matin à 7h et que je suis convoqué en cour à Baie-Comeau le lundi suivant à 9h. Pourquoi? La mère de mon fils trouve qu’elle n’a plus assez d’argent de la pension alimentaire et demande donc un ajustement.

Wow, c’est le fun d’être poignardé ainsi surtout qu’elle m’avait assuré qu’elle ne le ferait pas. Ce ne serait pas son premier mensonge, la première fois que je me souviens, nous étions encore ensemble, elle affirmait travailler à un motel. Puisque les cellulaires étaient chose rare à cette époque, elle avait un pagette. Elle ne rappelait pas. J’ai appelé au motel et la dame m’a dit que le nom de cette personne ne lui disait rien comme employée. Je rappelle quelques jours plus tard, un monsieur m’affirme que ça fait 15 ans qu’il travaille à cet endroit et personne de ce nom n’a travaillé là. Cocu? Probablement. Mais ça a définitivement détruit la relation qui vacillait déjà dois-je le rappeler?

Voilà 2 ans, son papa était supposément très malade et ça n’allait pas bien. Je lui ai demandé à plusieurs reprises comment va son père et toujours la même réponse, ça ne va pas bien. Hier, l’homme était au palais de justice et semblait bien en forme. Je vais même t’en reparler plus loin dans ce billet. Sans compter les spectacles qu’elle allait voir en me refilant mon fils presque jusqu’à minuit (je travaillais le lendemain à 6h30) en me disant qu’elle ne reviendrait pas trop tard ou les autres fois qu’elle disait qu’elle était prise dans une tempête sur la Côte-Nord. Fallait que je me vire sur un 10 cents et me trouve quelqu’un pour garder mon gars qui avait 6 ou 7 ans. Elle a déjà dit qu’elle avait lu mon blogue, mais n’aimait pas être traitée de menteuse, si je cherchais, j’en trouverai plus que ceux qui m’ont marqué.

Je raccroche avec ma blonde. Des larmes de rage montent aux yeux. J’ai le motton à la gorge. J’ai pourtant toujours payé pour les dépenses de mon fils. Mais ça ne fait pas son affaire. Elle trouve qu’elle doit se battre avec moi. Certes, j’ai refusé de lui payer un ensemble de neige et des bottes, il ne joue pas dehors et la rentrée scolaire, elle ne m’en parlait pas. Qui a décidé de partir sur la Côte-Nord? Pas moi, je déteste tellement cet endroit laid et… très laid.

Puisque c’est la première journée du recomptage, le boss de mes boss est présent. Je vais lui parler. La voix tremblante, je demande un congé spécial pour le lundi suivant. Ce n’est pas lui qui me l’accorde, c’est sa boss : la gestionnaire. Selon elle, un congé spécial est accordé si tu te lèves le matin et tu ne peux pas entrer travailler. Je dois pourtant me présenter en cour, à 5h de route de Québec. Voici donc la clause 21.03 de la convention collective urbaine :

21.03 Congé pour autres motifs 

Lorsque les conditions le justifient, un congé spécial payé peut être accordé à l'employée ou l'employé qui est empêché de prendre son service par suite de circonstances qui ne lui sont pas directement attribuables, y compris, mais non exclusivement, la maladie dans la proche famille telle qu'elle est définie dans la clause 21.02. Ce congé ne doit pas être refusé sans motif raisonnable. 

Jugez-en comme vous le voulez. Je sais que la gestionnaire ne me l’accordera pas, elle dit toujours non.

J’ai une grosse journée, je suis incapable de finir tôt, je suis en tab… je veux des réponses, j’ai parlé avec sa mère, mais vous savez bien que quelqu’un qui ne travaille pas ne se lève pas non plus donc vers 7h30 et 8h, je la réveillais.

Le lendemain, j’appelle une connaissance du dekhockey qui est avocat, mais au criminel. Il me guide avec la procédure, mais n’est pas habitué avec le familial. Je tente de rejoindre l’avocate qui était dans le dossier de 2006, mais elle ne fait plus de particulier. Je laisse un message à son collègue, mais lorsque je lui dis : « Je vais suivre votre conseil. » et il me répond : « Vous êtes mieux. » Son arrogance me fait reculer. Cependant, il m’avait conseillé de parler à l’avocat de madame. Il me tutoie gros comme le bras, comme si on avait élevé les cochons ensemble. Attitude non professionnelle, sauf qu’il agit ainsi avec tout le monde, méchant pas bon!

Finalement, un organisme me parle du justice de proximité. Des avocats à qui tu peux poser des questions concernant certains points juridiques. J’apprends donc que l’avocat de madame m’a laissé que 7 jours pour passer en cour tandis que la loi prévoit 10 jours, qu’il n’a pas à se fier à mon dernier talon de paie, mais au rapport d’impôt et je sais qu’il y a un formulaire sur le site du ministère de la Justice qui me permet de calculer la pension. Parfait, j’arriverai préparé, parce que, si vous ne l’avez pas deviné, je me représente seul.

À quoi bon nier les faits et dépenser des milliers de dollars pour me faire dire que le temps de garde a changé et que la pension doit être réajustée.

J’ai travaillé une journée au syndicat et j’écoutais les niaiseries du monde et je me disais que ces gens ne viendraient pas m’aider si j’ai des épreuves, même que j’ai raccroché au nez d’une membre parce qu’elle ne comprenait ni du cul ni de la tête pour une situation ridicule. On rédige des griefs parce que l’employeur n’accommode pas notre monde, quand il le fait, on pète les plombs autrement, que d’énergie perdue pour de l’enfantillage! 

J’envoie le chien se faire garder, ma conjointe prend une journée de congé (elle vient de Baie-Comeau) et dimanche matin, nous partons pour la Côte-Nord, nous dormirons chez une cousine.

Au palais de justice de Baie-Comeau, que ne fût pas ma surprise de voir son père, ce grand miraculé de la science (tant mieux, je ne lui souhaite pas de mal), qui a l’air en pleine forme. Finalement, tout se déroule comme prévu, l’avocat n’aime pas que je demande le vouvoiement, me menace de reporter la cause, je ne bronche pas. Il utilise mon talon de paie, je rétorque que c’est le rapport d’impôt qui prévaut, il refuse de voir mes chiffres et après un bref calcul, je constate que je vais gagner 1000$ de plus que le t4 de 2011, montant que j’ai utilisé pour calculer la pension mensuelle.

Autre chose dont je n’ai pas obtenu explication, c’est le montant du tableau de fixation des pensions alimentaires. Il me dit 6710, j’ai 6320 et sur un tableau disponible au palais de justice, je retrouve 6370 avec le montant disponible à la déduction. Tu sais blogue, s’obstiner avec un avocat, c’est comme s’obstiner avec un mur, ça ne mène à rien.

Mon gain majeur : l’avocat demandait un paiement rétroactif au 1er mai 2012, j’offris 1er janvier 2013 et j’ai obtenu 15 novembre 2012. Ce n’est pas si mal, cela représente des milliers de dollars qu’elle n’a pas à utiliser pour fumer. Oups, j’ai peut-être dit ce que je ne devais pas…

Lorsque j’ai quitté Baie-Comeau, je suis arrêté à Forestville, à la polyvalente de mon fils. Quelle tristesse de voir mon fils, seul, assis sur un banc, sans ami, la baboune au visage. Ça m’a fait un choc.

Je me suis assis à côté de lui et j’ai discuté avec lui. Ensuite, nous sommes partis rencontrer ses professeurs et son directeur. Et voilà le choc : déjà qu’il était surpris de voir son père qui n’existait pas dans ses fichiers (tu sais que j’ai toujours été présent pour mon fils), il tenait à me parler de mon garçon. Je peux t’affirmer que nous parlions du même ado, les mêmes problématiques et une mère qui ne s’implique pas. J’ai laissé mes coordonnées, mais comment intervenir quand l’école est à 4 heures de chez moi?

Comme à Québec, sa mère s’implique peu ou pas et laisse aller les choses jusqu’à ce que cela pète. Pour l’instant ça tient, mais la bombe à retardement va-t-elle sauter un jour? J’espère que non, mais j’aimerais tellement que mon gars ait des amis, qui changent d’attitude, qu’il aime la vie. Je trouve qu’il perd tellement de temps, mais comment lui dire? À cette étape, c’est lui qui doit changer, pas moi.

J’ai donc choisi un petit coin tranquille et j’ai fait un discours émotif comme j’en ai rarement fait. Juste écrire ces lignes provoque des émotions. J’ai tenté de lui faire comprendre bien des trucs (c’est entre lui et moi, désolé pour les détails blogue) et je me suis assuré qu’il savait que je l’aime, que je voulais le mieux pour lui, qu’il avait toujours une place chez moi s’il ne voulait plus rester sur la Côte-Nord et il m’écoutait calmement, sans broncher, il semblait comprendre se que je disais. Est-ce que les messages ont passé? Je ne le sais pas, l’avenir me le dira, mais malgré le palais de justice, le 2 heures que j’ai passé à l’école et la discussion avec mon fils m’ont redonné confiance.

Et pour finir, le soir, au dekhockey, un gars voulait se battre avec un de nos joueurs. Je l’ai donc ramassé avec un bâton élevé et j’ai été expulsé du match. J’attends pour connaître s’il y a suspension. Je m’étais juré de ramasser le prochain hurluberlu qui voudrait se battre contre un de nos joueurs, je me suis gâté. Geste inutile, peut-être!

Il me reste 3 jours de travail et j’ignore comment je vais réussir à tenir. Je me sens las, fatigué, le cerveau en compote. Des circulaires à la tonne, à sortir en vrac, incapable de sortir du bureau avant 10h, j’en ai mon casque, j’ai besoin de repos!

P.S.: Le but de ce billet n'est pas de discréditer l'autre, mais de montrer ma vision, mon amour et mes espoirs pour mon fils. Attention à ne pas voir de pernicieux dans ce qui n'en est pas.

samedi 24 novembre 2012

Tutoiement vs vouvoiement

J'ai horreur qu'on me tutoie lors d'un échange professionnel. Mon vendeur auto m'avait exaspéré avec sa façon de me tutoyer et ses mensonges et maintenant, c'est un avocat avec qui je dois négocier qui m'a tutoyé.

Même s'il est vieux et qu'il a l'âge de mon père et que je ne suis pas l'un de ses collègues, le vouvoiement est obligatoire.

Je suis peut-être vieux jeu, mais quand on doit discuter de droit, il faut se vouvoyer. Grave manque de respect et certainement de mépris de la part de cet avocat. Je remettrai les pendules à l'heure lundi...

mercredi 21 novembre 2012

La guerre à l'Est - August von Kageneck

Lorsque Hitler mobilise plus d'un million de ses soldats, le 22 juin 1941, pour attaquer les Russes, rompre le pacte de non-agression germano-soviétique et utiliser la stratégie du Blitzkrieg sur un front gigantesque, il ignorait à ce moment-là qu'il venait de changer le déroulement de la guerre. 

August von Kageneck a lui-même fait parti de ce front. Il a perdu un frère et beaucoup d'amis. Dans ce livre, il nous raconte l'histoire du 18e régiment d'infanterie-grenadier, régiment qui a combattu à Staritsa et Rjev, pour ne nommer que ceux-ci.

Il ne faut pas se le cacher, tout comme la bataille de l'Angleterre (les Anglais croyaient et étaient préparés à un débarquement Allemand sur leur territoire), l'Allemagne nazie a frappé aux portes de Moscou et si j'en crois le témoignage de l'auteur, un arrêt de 6 semaines avant l'hiver a permis aux Russes de se réorganiser et de contre-attaquer avec plus d'effectifs et de puissance.

Hiver rigoureux, pluie diluvienne, chemins impraticables, armes enrayées que les soldats devaient chauffer avant utilisation), bataillon décimé, la guerre à l'Est n'a pas été une partie de plaisir pour les soldats nazis.

Honnêtement, j'en avais (et j'ai toujours) marre de la Deuxième Guerre mondiale sauce Hollywood. Même le film " Il faut sauver le soldat Ryan " que j'ai beaucoup aimé ou la série " Frères d'armes " qui est basée sur les témoignages de vétérans apportent encore le concept le bon américain sauve le monde de la tyrannie. Je peux bien vivre avec cela, on demande aux américains d'être la police mondiale, mais faire passer les autres pour des tatas, j'ai un peu de misère avec cela.

Dans ce livre, on comprend que la Wehrmacht était mal équipée pour affronter les rigueurs de l'hiver 41, un hiver terrible (le thermomètre oscillait dans les -35 jusqu'à -50). Les soldats avaient les pieds gelés dans leurs bottes et les seuls bâtiments rarement intacts, délabrés, sales et infestés de poux (plusieurs soldats sont morts du typhus) servaient de QG ou d'hôpital de fortune et empêchaient les soldats de se réchauffer.

Ils ont combattu avec fierté, pour leurs camarades plus que leur patrie. Les soldats ne croyaient plus à la victoire du national-socialisme sur le communisme. Staline semblait bénéficier d'une armée à l'infinie (la Russie avait 250 millions de citoyens à l'époque) et les nouvelles technologies comme le chars T34 ont démoralisé et fait des ravages aux seins de l'armée allemande.

Un excellent livre qui révèle des noms de commandants, de caporaux, de lieutenants, de soldats, qui nous informe de la vie aux seins de la Wehrmacht, une armée qui avait perdu son caractère invincible, mais qui combattait malgré tout avec fierté, désespoir et les moyens du bord, faute d’approvisionnement.

Acheter ce livre.