dimanche 27 mai 2012

Le sang des prairies - Jacques Côté

Le 65e bataillon de Montréal doit, après avoir recruté et entrainé de nouveaux soldats, se diriger dans l’Ouest canadien affronter les Indiens du Nord-Ouest et les Métis. Georges Villeneuve, étudiant en médecine et gradé militaire, est appelé à servir son pays avec des militaires britanniques et canadiens-anglais.

Dans son livre, Côté nous offre une merveilleuse histoire du Canada de la fin des années 1800. Le Canada est un jeune pays sous la gouverne britannique. Les lois de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique viennent d’être adoptées. L’acquisition par le Canada du territoire du Nord-Ouest, le développement ainsi que la colonisation de l’Ouest canadien préjudicient les Indiens du Nord-Ouest. Voulant protéger leurs terres, Riel, Dumont, Gros-Ours (chef de bande) et autres mènent la vie dure aux troupes canadiennes et britanniques.

J'ai été impressionné par la précision historique. Le travail rigoureux de recherche de l’auteur m’a transporté plus de 100 ans en arrière avec les troupes du 65e.

Les trajets du train, l’influence de la religion catholique, la marche des troupes dans la forêt, traverser les rivières, le froid et les écarts de température, la camaraderie entre soldats, Montréal en développement, le nom des lieux accompagné à quelques occasions d’une carte, nous ramènent littéralement à cette époque.

La tension entre français et anglais est palpable. Ce n’est pas d’hier que le Canada a de la difficulté à trouver un terrain d’entente entre les deux peuples fondateurs.

Les personnages historiques comme Riel ou les Indiens, même si on se lasse de lire leurs noms autant en français qu’avec la langue d’origine (Kapapamachchakwew (Esprit-Errant), Kittimakegin (Homme-Misérable), Paypamakeesit (Autour-du-Ciel), Apachiskoos (Petit-Ours) sont le fruit d’une recherche méticuleuse de l’auteur qui nous fournit les références à la fin de son ouvrage.

Les qualités du roman font aussi ses défauts, pour moi, tous ces détails deviennent distraction, m’amènent à déposer le livre après quelques pages de lecture seulement parce que j’ai le cerveau en ébullition de lire ces noms de lieux et de multiples personnages. Comme je l’ai déjà noté dans d’autres critiques, tous ces excès de précision me distancent du récit et je sais que j’ai de la misère à suivre quand je ne lis que quelques pages à la fois.

Les deux exemples que je peux vous fournir sont Les voyageurs malgré eux et SS-GB. Le premier était d’un ennui mortel et le deuxième croulait sous les détails et les descriptions des lieux. Dans les deux cas, je ne les ai pas terminés.

Mais Le sang des prairies est différent, on veut connaître la suite des événements même si la conclusion est plus que décevante (je ne vous cache pas que je me suis dis, tout ça pour en arriver là?). Probablement que Côté a voulu retranscrire l’histoire avec exactitude, mais lire les interminables trajets en train, l’enquête des meurtres, la marche en forêt, les stratégies militaires pour en arriver qu’à quelques pages du moment qu’on attend depuis le début, c’est décevant.

Utiliser tabarnak vers les années 1880 m’amène à cette question : les jurons contre l’Église catholique ne sont-ils pas arrivés lors de la Révolution tranquille? Et les mots comme « bucké » ou « gossé » étaient-ils utilisés à cette époque? J’imagine que l'auteur a fait des recherches à ce sujet et qu’il n’aurait pas écrit cela si c’était faux.

Même si quelques questions me sont restées en tête et que j'ai été déçu de la conclusion, j’ai apprécié ma lecture du sang des prairies. Ça fait du bien de lire une autre époque que la Deuxième Guerre mondiale par exemple qui a été surexploitée. On connaît trop peu l’histoire canadienne.

Acheter ce livre.

vendredi 25 mai 2012

S'improviser entrepreneur en rénovation

Au printemps dernier, j'ai fait changer le bardeau d’asphalte de ma toiture par une connaissance qui opère aussi sa propre compagnie de rénovation.

Jusque là, je n'ai pas un mot à dire ni une critique à émettre sur la qualité de son travail. Des pros de la toiture ont fait le dessus et il a complété avec son employé, une autre connaissance, le bardeau sur les côtés.

Sauf que je crois qu'il ne savait pas comment remettre la gouttière comme il le faut. J'avais remarqué lors des fortes pluies du printemps que la gouttière débordait tout le temps, de longues coulisses d'eau perlaient sur le bardeau. Même qu'une plante poussait dans la gouttière.

Je l'ai appelé et il est venu ajuster la pente de la gouttière. Cela n'était pas suffisant. Je suis monté voir ce qui pouvait bloquer, j'ai enlevé les feuilles qui obstruaient le trou de la descente et j'ai coupé avec l'aide d'un x-acto le mono qui diminuait la grosseur du trou. Une vis n'avait pas d'affaire à cet endroit.

La grosse pluie de mardi soir m'a fait comprendre que je devais faire quelque chose immédiatement. Les gouttières débordaient, ça coulait des 2 bords de la gouttière, ça tombait comme une chute. Un lac s'est crée autour du cabanon, un autre proche de la clôture, sur le bord de la maison aussi il y avait beaucoup d'accumulation d'eau. Ce n'était pas une pluie normale.

Et ce qui devait arriver, arriva, l'eau a envahit mon sous-sol. Pas beaucoup, mais 2 flaques à 2 endroits précis. Je n'avais jamais vécu cela avant, je paniquais un peu. J'ai appelé Sinisco, eux aussi devait être débordé (mais d'appels) parce que le gars devait me rappeler dans les 15 minutes (après avoir rejoint mon assureur), j'ai dû le rappeler pour finalement recevoir l'appel 45 minutes plus tard. Je n'avais plus besoin de leur service pour le moment.

Moi et ma blonde avions épongé l'eau avec des draps et des serviettes. Le chauffage dans le piton, le déshumidificateur et les fans aussi. Les quelques endroits où le béton était visible, j'ai vu un peu d'eau, encore là, rien de majeur, mais fallait que ça parte!

Le lendemain, j'ai loué un fan industriel (en forme de carapace d'escargot) et j'ai contacté un entrepreneur en gouttière. Urgence! Les pentes étaient mal ajustées, les clous ne fixaient pas les gouttières, des vis étaient à de mauvais endroits, des débris de bardeaux nuisaient à l'écoulement, bref, le travail avait été bâclé. Le gars avait l'air découragé ou surpris par la mauvaise qualité du travail.

Depuis hier, j'ai une gouttière neuve. Je ne crois pas (j'espère bien) ne pas avoir de fissure dans ma fondation de béton. Je ne vois pas pourquoi j'en aurais une, rien n'était mouillé sauf le plancher. Je n'ai même pas trouvé l'endroit où l'eau s'est infiltré. Le mur en préfini, le plafond suspendu, les planches de vinyle, les fenêtres, les quarts de rond, tous étaient secs, sauf si l'eau s'y était rendu. J'espère bien avoir sauvé mon sous-sol de la catastrophe et d'avoir éliminé le risque de champignons. Je vous avoue qu'à la prochaine pluie, un doute naîtra dans mon esprit. La peur d'une réparation majeure aussi.

Ça m'écoeure qu'un gars dit connaître quelque chose et en réalité, qu'il ne la connaît qu'à moitié. Au prix qu'on paie, on veut la paix! Et non, je n'irai pas lui dire, je n'ai pas besoin d'alourdir le climat du bureau. Déjà qu'avec mon implication dans le syndicat, lui et son employé ne m'aime pas vraiment...

Nettoyez régulièrement vos gouttières et descentes pluviales pour vous assurer qu’elles
ne sont pas obstruées. Lorsque les gouttières et les descentes pluviales sont obstruées,
l’eau qui déborde des gouttières tombe près des murs et peut s’écouler le long des
fondations. L’eau peut même tomber dans des margelles raccordées au drain
de fondation au moyen d’un canal de drainage. Si cette eau se faufile
jusqu’au drain de fondation, ou s’infiltre dans votre sous-sol par des fissures dans les
fondations, les dangers d’inondation chez vous et dans votre voisinage
sont multipliés.

mercredi 23 mai 2012

Des joueurs ridicules

Lundi dernier, j'avais un match de dek. Puisqu'il y a des équipes trop forte pour la catégorie dans laquelle elle s'est inscrite, ça peut frustrer certaines équipes et avec raison.

Cependant, une chose que je trouve particulièrement ridicule, ce sont les bagarres et les échaufourrés. Nous travaillons tous demain, avons tous des vies à l'extérieur de la surface de jeu. Je ne comprends pas les joueurs de jouer cochon ni ceux qui veulent se battre, système score ou pas.

D'ailleurs, c'est une lacune de la ligue, elle est incapable de faire respecter les suspensions.

Je me souviens très bien, l'an passé à Beauport, je me tenais devant le gardien pour nuire à sa visibilité et il m'a passé la lame de son bâton dans l'entrejambe. Au coup de sifflet, je me suis retourné et j'ai cogné sur mon jackstrap en souriant. Plusieurs joueurs n'en portent pas.

Quand ils auront reçu un snap dans la poche, ils comprendront!

Tout ça pour dire que je trouve ridicule ces bagarres et ces coups salauds, qu'on peut jouer intense et physique sans intention de blesser quiconque.

mercredi 16 mai 2012

Nocturne 17

J'avais oublié de vous mentionner que le numéro 17 de Nocturne dans lequel j'ai publié une nouvelle a finalement paru.

C'est l'histoire d'un facteur (moi) et d'un vrai client qui, je l'espère, n'a pas les mêmes passe-temps que celui de mon récit.

D'ailleurs, puisque je croyais que la revue ne sortirait jamais, j'avais partagé avec vous la nouvelle dans un billet du 26 février dernier.

Mon ami Simon, Esbé77, a publié Souillure.

Je le remercie de la petite note d'appréciation pour les critiques que j'ai partagées avec lui.

mardi 15 mai 2012

Les règles du jeu

Tiens, ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de mes parties de dekhockey. Je sais que ça vous passionne ;-) donc voici un petit contre-rendu.

Je joue dans un calibre plus faible (d) ce qui me permet de me démarquer. J'ai amassé 8 points en 15 parties et un 9e devrait être ajouté parce que le marqueur l'a oublié. La demande a été faite et le gars qui s'occupe du centre m'a dit que ça peut prendre un certain temps avant que la correction soit faite.

En jouant dans le d, je me rends compte qu'il y a du monde pas mal moins en shape que moi et surtout, qui ne savent pas jouer au dekhockey. Positionnement et surtout passer la balle semblent être compliqué pour certains.

C'est évident que des équipes vont chercher des joueurs talentueux, des gars qui devraient ou qui jouent déjà dans de forts calibres. Évidemment, cela cause un déséquilibre quand tout le monde ressemble à des cônes sur la surface de jeu.

Pas facile de faire respecter ou d'instaurer un règlement à ce sujet.

Je remercie les gars qui m'ont montré comment mieux jouer et je me félicite de les avoir écouter. Ce n'était pas toujours gentil, mais c'est entré dans ma tête. Des fois, l'action ne suit pas la théorie, mais j'y arrive pas mal. J'espère rejoué avec eux un jour.

Hier soir, je disais aux joueurs que je voyais une différence de calibre juste dans les sorties de zone. Déjà que l'équipe met moins pression sur mes erreurs. Par exemple, j'ai gaffé sur un but hier, mais j'en ai empêché combien dans la même soirée!

Et la vie n'est pas un jeu vidéo. Ton énergie ne monte pas quand tu t'assois sur le banc. Le bonhomme de 37 ans a plus de difficulté à suivre les jeunes de 22-23 ans.

Sur la surface, tu as des règles à respecter, les arbitres autant que les joueurs ont un rôle à jouer. La ligue aussi en sévissant quand ça dérape trop. Le système score étant probablement la meilleure idée.

À la ligue de dek de Beauport, on m'avait raconté que des équipes recrutaient des goons dans le but de se battre et bien sûr, ça dérapait. Avec un système qui récompense la discipline et qui donne des points si tu gagnes une période, si c'est 8-0 en première et que ça finit 8-2, tu es allé chercher 2 points de période.

Mon commentaire politique : idem dans la vraie vie. Il y a des lois, des injonctions à respecter et avec ce conflit étudiant qui perdure ont voit bien que la société québécoise est incapable de les faire respecter. Les gens se moquent des lois.

La vie n'est pas Grand theft auto ni les Sims. Tu dois étudier, réussir des examens, travailler, t'occuper de tes enfants et de tes parents, etc.

mercredi 9 mai 2012

Valse macabre - Guy Bergeron

L’Ordre Odi-menvatt, appelé aussi Clowns vengeurs, a un dangereux psychopathe dans leur rang. Même s’ils sont pourchassés par les arcurides du gouvernement légitime, les maîtres de l’Ordre doivent retrouver ce psychopathe qui déloge aux règlements.

Quel livre surprenant! Je ne m’attendais pas à rien, ne sachant pas vraiment ce que j’allais découvrir dans ce court roman.

Dès les premières pages, l’auteur a réussi à m’accrocher à son univers sombre, à Stepan chef d'unité des arcurides et aux travaux des menvatts. L’action se déroule à vive allure, sans longue pause autre que de fournir au lecteur un brin d’explication du déroulement de l'histoire ou du passé d'un personnage.

Les clowns sont des combattants agiles. Si les arcurides du gouvernement les affrontent en face à face, même en surnombre, le groupe entier risque de périr. OK, ça fait un peu film d’horreur quand le meurtrier assassine tout le monde sans véritable opposition, mais ce détail n’altère pas l’intérêt du lecteur.

Vers la fin, j’ai trouvé que tout se passait très vite, comme s’il restait 3 minutes avant d’aller à la pause publicitaire. J'ai trouvé un peu bête la façon dont un personnage meurt sur le toit, arme à la main, mais en général, je n’ai pas vraiment trouvé de points négatifs majeurs à ce roman qui reprend le concept Coups de tête (131 pages) qui s’est un peu éloignés de son mandat original.

En peu de pages, Bergeron a crée un univers passionnant, avec des personnages et une société aux multiples problèmes. Il ne se perd pas dans les explications complexes et le dosage de l'action est parfait. Juste assez pour toujours nous tenir en haleine.

Guy Bergeron a suscité mon intérêt à lire un ou des livres qui sortiront sous l’appellation Clowns vengeurs. J’avais vu passer quelques autopromotions d’auteurs sur Facebook et certains blogues qui m'avait laissé indifférent, mais la qualité du produit mérite qu’on s’intéresse à plus d’un titre.

Acheter ce titre.

mardi 8 mai 2012

Boréal : réflexion sur la catégorie Fanédition

J’importe ici ma réflexion commencée sur mon statut Facebook à propos de la catégorie Fanédition (prix Boréal). Je me demandais pourquoi un prix Boréal avait été décerné à un fanzine pour son blogue.

La première réponse a été celle du directeur littéraire de Brins d’éternité, Guillaume Voisine. Il a précisé que ce prix était pour le fanzine et non pas le blogue.

J’étais donc dans l’erreur. Sauf que sur la page des prix Aurora/Boréal, dans les 6 nominés, il y a 4 blogues (Jean-Louis Trudel, Geneviève Blouin, Richard Tremblay et Jonathan Reynolds). Pour ces 4 blogues, je suppose qu'une vérification a été faite et qu’ils répondaient aux exigences :

Fanédition
a. Ce prix sert à souligner les contributions à l’enrichissement du milieu
qui ne peuvent être classées dans les catégories précédentes.

b. Sont admissibles, entre autres, les associations, fanzines, webzines et
blogues. Un webzine ou blogue doit avoir publié durant l’année qui
précède la remise du prix un minimum de 10 billets ou contributions
relevant de la science-fiction, du fantastique ou de la fantasy, à
condition qu’il ne soit pas uniquement consacré aux annonces autopromotionnelles.


Source

Il n’y a aucun doute que Brins d’éternité est le meilleur fanzine francophone canadien de la littérature de l’imaginaire. Son contenu et sa présentation sont d’une qualité exceptionnelle sauf que son blogue/site ne répond pas à ces critères. Le mot fanzine doit être rayé de cette catégorie pour en créer une seule sur le fanzinat. Le blogue de Brins d'éternité ne possédant pas de critiques littéraires ni de billets autres que de promouvoir son fanzine, ses points de vente, les coûts de la publicité, ses lancements et ses dates de sorties.

Solaris, sans aucun détail, présente en ligne les livres qu'ils ont reçus. Est-ce que Brins d'éternité devrait le faire? Le groupe reçoit-il des livres de SF? Je l'ignore.

Le prix Boréal remis à Brins d’éternité est grandement mérité, mais une différence devrait être faite entre le fanzine et un blogue.

Guillaume Voisine m’expliquait que le prix de fanédition était devenu une sorte de catégorie fourre-tout due à l'arrimage des prix Aurora et Boréal. Jean-Louis Trudel renchérissait avec ce commentaire :

À ma connaissance, la création d'une catégorie fanédition qui inclut fanzines et blogues n'a rien à voir avec l'arrimage des prix Aurora et Boréal. Peut-être plus une question d'éviter de multiplier les sous-catégories et de moderniser la catégorie des fanzines en reconnaissant la réalité des blogues et webzines.

Cela dit, le site de _Brins d'éternité_ se compare très bien aux autres blogues du point de vue de l'animation et des discussions.

Je suis en désaccord avec la deuxième partie de cet argument. Brins d’éternité remportera le prix du meilleur fanzine par défaut tant et aussi longtemps qu’aucun autre fanzine de qualité semblable ou meilleure ne sera là pour le compétitionner. Cette année, seul le fanzine Asile était un concurrent direct.

Le blogue appartient uniquement à l'auteur du blogue. Le fanzine est, la plupart du temps, le projet d'un petit groupe.

Une catégorie blogue SF ou je ne sais quel titre devrait être crée afin de nominer exclusivement les blogues répondant aux critères et non pas les blogues les plus achalandés ou populaires. D'ailleurs, au vote, leur popularité jouera en leur faveur.

Personnellement, je trouve qu’il y a un mélange entre le fanzinat et la blogosphère. L’idée de rassembler et de considérer tous ces joueurs est excellente, mais encore là, je crois qu’on doit bien catégoriser et que dans ce cas précis, Boréal me semble être dans l'erreur.

Quoi qu'il en soit, félicitations à Brins d'éternité pour son prix!

lundi 7 mai 2012

Bienvenue!

Mon employeur paie à gros prix des avocats et des enquêteurs. Ces derniers sillonnent les rues à la recherche d'employées ou d'employés fautifs ou enquêtent sur des gens envers lesquels ils auraient un soupçon dans le but, fort probablement, de les faire congédier.

Avec la popularité des médias sociaux, j'ai appris que dans leur temps libre, ces enquêteurs naviguent sur le Web, Facebook, Twitter et autres à la recherche de diffamation et autres envers l'employeur, ses superviseurs et ses gestionnaires.

D'accord, Internet n'est pas l'endroit pour étaler ces états d'âme, surtout si on nomme du monde.

Lors du lock-out, mon superviseur m'avait avisé de faire attention pour ne pas me mettre dans le trouble, que ce serait dommage de perdre mon emploi ou être suspendu, parce que je décrivais sur mon blogue ce que je vivais comme vice-président de la section locale.

Jusqu'ici, dans tous mes billets, libellé travail ou autres, j'ai fait attention de ne pas nommer des gens.

Ce blogue n'est pas un règlement de compte, même si des fois, j'ai étalé mes frustrations qui en ont choqué quelques uns. Si un billet vous a choqué, je m'en excuse.

Si ces enquêteurs ont trouvé mon blogue, je leur souhaite la bienvenue et je les invite à laisser des commentaires!

samedi 5 mai 2012

Wendy Wagner - Tome 1 - Mort imminente - Michel J. Lévesque

Wendy Wagner, jeune Américaine de dix-huit ans, souffre d'un cancer généralisé. Pour assurer sa survie, elle acceptera la mission que lui confieront les anges : prendre la place de l'autre Wendy Wagner, celle de la Jehenn, une copie de la Terre créée par Dieu où règne le mal. Maintenant, elle doit trouver la personne qui cherche à informer l’Adversaire de la supercherie.

Vous comprendrez pourquoi j’ai publié ma nouvelle qui traite du mal. Le comité de lecture avait précisé son malaise à l'utilisation d'un mot aussi imprécis.

Dans ce livre, Lévesque revient continuellement avec le bien et le mal, le paradis et l’enfer, Dieu et Satan, etc. et malheureusement, il ne parvient pas à se distancer des clichés ni du déjà-vu.

Les histoires amoureuses des adolescentes et des adolescents m’ont ennuyé. D'accord, il peut être possible de vivre un triangle amoureux, Patrick aime Wendy qui ne l’aime pas, mais Juliette aime Patrick qui lui ne le sait pas ou l’ignore, mais les tentatives de drague comme associer une fille qui se prénomme Gretel à un gars dont le nom de famille est Hansel m'a paru maladroit. Beaucoup de pages passées sur ce sujet quelque peu redondant et inutile.

Quand on parle du mal extrême, notre génération et la précédente l’associent immédiatement à Hitler. Absurde. Déjà que le mal est difficile à définir, l’associer au Troisième Reich m’a paru facile. Le mal pourrait être les Vietcongs pendant la guerre du Vietnam, Saddam Hussein et ses généraux qui ont fait subir des atrocités aux minorités ethniques, aux assassinats pendant le génocide du Rwanda, les Talibans, aux victimes innocentes des guerres de motards ou de gangs, etc. Pourquoi ne pas utiliser, ailleurs dans l’Histoire, Napoléon, les confédérés, les forces de l’axe lors de la Première Guerre mondiale, Gengis Khan ou au cinéma, Dark Vader, Lord Voldemort, etc.

Je l’écris deux fois parce que je trouve cela important : utiliser les nazis, redéfinir et renommer les unités de combattants comme la Waffen SS, la Wehrmacht ou une autre était, à mon avis, une idée trop facile à exploiter et surtout facile à illustrer et à décrire.

Les trop rares scènes d'actions et les rebondissements valent la peine d’être soulignées. Elles sont bien pensés et bien amenés. Cela m'a plu. Sauf que l’auteur tombe dans de longues explications qui n'en finissent plus.

Par exemple, nous avons droit à des explications sur les anges qui racontent l'enjeu de protéger l'Éden du Jehenn. Les anges qui menacent Wendy pour qu’elles obéissent au plan avec des explications pendant 2 ou 3 chapitres. La nouvelle réalité géopolitique de la victoire du Troisième Reich maintenant dirigé par l’empereur c’est-à-dire Satan lui-même, etc.

Oui, cela nous permet de bien comprendre, mais cela a fini par me distancer du récit.

Pendant ma lecture, je n’ai pu m’empêcher de penser à la série Surnaturel. Écrire une telle histoire d’anges et de démons relève, en 2011, année de la publication, presque de l'exploit. Aurait-il été édité si ça avait été un auteur quelconque qui tente de publier son premier roman? Je vous laisse le loisir de lire ce roman afin de faire votre propre idée, la mienne est déjà faite.

Acheter ce livre.

vendredi 4 mai 2012

Extrait : L’héritage de mon père

Voici un autre texte qui a été refusé. Peut-être pas parfait, ne perdez pas votre temps à m'énumérer les trucs que vous croyez erronés, mais sympathique. Pourquoi je vous le partage avec vous? Je lis un livre d'un autre prolifique québécois qui traite du bien et du mal, des anges, de l'Eden, etc. Ici, dans le refus, le comité de lecture soulignait l'utilisation du thème mal qui était justement mal défini. Bonne lecture!

*

Papa était décédé depuis un an lorsque maman m’annonça qu’elle vendait la maison. Je comprenais sa décision, l’entretien était devenu une corvée. Papa aimait bricoler et l’aidait dans ses tâches domestiques. Maman ne voulait pas vivre sa retraite à faire le ménage ni subir les coûts exorbitants chargés par les professionnels chaque fois qu’une réparation s’avérait nécessaire.

Sa première idée avait été de me la léguer avec tous ses biens. Mon héritage avant le temps, disait-elle. C’était l’occasion de me réapproprier le refuge des souvenirs de mon enfance. Je refusai, non sans un pincement au cœur, mais j’avais déjà ma propre demeure en ville, dans un quartier que j’appréciais. Le processus se déroula très rapidement.

L’agent immobilier planta sa pancarte sur le terrain. La semaine suivante, il contactait ma mère pour s’assurer qu’elle serait présente lors des visites. Vint alors l’offre d’achat, au prix que maman désirait. Signatures devant notaire et poignée de main, la maison était vendue. Elle m’informa qu’elle partirait dans deux mois. Elle avait acheté un condo et avait fixé une date pour le déménagement.

Si je voulais récupérer certaines choses, je devais le faire immédiatement avant qu’elle ne s’en débarrasse pour une œuvre de charité. J’arrivai dans le grenier. La poussière que je remuai provoqua une violente quinte de toux. Les toiles d’araignée se déchirèrent sur mon visage. Quelques souris s’éclipsèrent dans un coin sombre. Je tirai sur le cordon de la lumière au plafond. Les boîtes empilées les unes sur les autres étaient entreposées au même endroit depuis des années. Je mis plusieurs jours à examiner les trucs susceptibles de m’intéresser.

Tout ce temps me permit de ressasser mes aventures de petites filles. Mes parents avaient conservé des babioles dont je ne soupçonnais même pas l’existence : les souliers que je portais quand j’appris à marcher, ma première poupée, des dessins créent à la maternelle et le costume de mes compétitions de patinage artistique. C’est alors qu’un objet rectangulaire protégé avec du papier journal attira mon attention. Je le déballai délicatement et reconnus le miroir que papa avait acheté à un itinérant sur le pont, à la sortie du village.

Pourquoi l’avait-il gardé?

Je n’oublierais jamais ce jour-là. Papa avait été étonné de la présence de cet inconnu, dans notre petit coin paisible et sans tracas, où tout le monde se connaissait et travaillait à la même usine. Cet étranger vendait de nombreux gadgets aussi inutiles que détériorés. Après son acquisition, papa l’avait invité à manger et voulait lui donner des vêtements chauds, mais l’homme avait refusé. Il sentait mauvais et avait les dents jaunies. C’était la première fois que je rencontrais un sans-abri et j’avais eu un peu peur. J’avais six ans.

Maman arriva derrière moi. Je sursautai. Je ne l’avais pas entendu venir et pourtant, le vieux plancher craquait sous chaque pas.

— J’ignorais que ton père l’avait entreposé dans le grenier, lança-t-elle.

— Ça me fait drôle de l’avoir retrouvé.

— Pourquoi?

— À cause des aventures qu’il me racontait à propos de ses images que lui révélait la glace. — Ce sont des histoires de petites filles.

— Peut-être. Mais il était si convaincant.

— Il avait beaucoup d’imagination.

— Je sais. Maman esquissa un sourire.

Elle avait toujours expliqué que papa fabriquait des récits pour stimuler ma créativité.

— Il aurait fait de bons monologues, mais il était si timide, m’avoua-t-elle.

— Il me disait qu’il avait vu ses événements dans le miroir, il me jurait qu’il n’inventait rien.

— Christine, à ton âge, on ne croit plus ces fabulations. Certains lisent des contes pour endormir les enfants, ton père les créait. Maman s’en alla dans la cuisine. Je la suivis en tenant ma précieuse découverte sous mon bras. De tous les trucs qui traînaient en haut, seul le miroir m’intéressait.

Arrivée chez moi, j’observai ma trouvaille dans ses moindres détails. Le cadre de bois avait bruni. La bordure aux motifs serpentins avait fière allure. Un coup de pinceau et il serait remis à neuf. Le carton qui protégeait l’arrière de la glace était encore bien rigide. Je retournai le miroir. Mon reflet n’apparaissait pas. Je voyais des chars d’assaut rouler dans une ville inconnue. Ils tiraient des obus sur les édifices. Des gens aux visages cachés derrière un foulard lançaient des roquettes en direction d’une école remplie d’innocents. Des enfants ensanglantés gisaient sur le sol avec leur mère qui pleurait à leur côté. Une petite fille essayait vainement de réveiller une femme inerte. Elle ne comprenait pas qu’elle était morte. Mon père surgit derrière elle et tenta de la consoler.

Stupéfaite, j’échappai le miroir. Il se fracassa sur le parquet. Mon conjoint accourut auprès de moi. J’avais les traits allongés et la bouche ouverte, incapable de prononcer une seule syllabe.

— Tu n’es pas coupée? demanda-t-il Je haussai les épaules.

— Ne bouge pas, je vais chercher le balai.



*

Le lendemain matin, je sortis tôt du lit. Je choisis une boîte de céréales et la déposai sur le comptoir de la cuisine.

Je sursautai. Le miroir était intact, en un seul morceau.

J’étais en train de rêver. J’étirai le cou et constatai que mon reflet était encore ignoré pour laisser place à d’autres atrocités : sur une rue en piètre état, des civils adossaient à un mur de briques. Des jeunes mères tenaient leur bébé dans les bras. Deux soldats armés d’une mitraillette les observaient en ricanant. Un individu en complet cravate claqua des doigts. Les soldats ouvrirent le feu sur eux.

Elles s’écroulèrent les unes sur les autres. Un haut-le-cœur me monta à la gorge. Ce n’était pas la fin de cette horreur : un homme grassouillet se releva tranquillement, un large sourire au visage. Il remonta son pantalon. Une adolescente était couchée sur le sol. Elle avait la robe retroussée jusqu’au nombril et pleurait. Il lui tira une balle dans la tête.

Je courus à la salle de bain et vomis les céréales que j’avais dans l’estomac. Pourquoi étais-je témoin de ces crimes? Quelle folie s’emparerait de mon esprit? Sandrine s’approcha du miroir.

— Éloigne-toi, lui ordonnai-je en me précipitant vers elle.

— Je te jure que je ne l’ai pas brisé, maman.

J’étais soulagée, la glace reflétait la face de ma fille. Elle n’avait pas vu ces abominations. Moi, par contre, je remarquai mon père enjamber les cadavres. Il me regardait d’un air dépité et malheureux.

— Ça va, maman? s’informa Sandrine.

— Oui, mon amour, je suis fatiguée, c’est tout.

Le vacarme avait réveillé Carl.

— Tu es blanche comme une pinte de lait, constata-t-il.

Je fis semblant de ne pas entendre et lui demanda de rester avec Sandrine, le temps de visiter ma mère au village.

*

Maman arrosait les fleurs de parterre. Je claquai la portière afin qu’elle se retourne.

— Pourquoi ne m’as-tu jamais dit la vérité? clamai-je avec véhémence.

Je lui montrai l’objet de mes soucis.

— Je ne comprends pas, balbutia-t-elle.

— D'où viennent ces images horribles?

Elle soupira. Elle demeura silencieuse de longues minutes. Des larmes coulaient sur mes joues.

— Tu n’aurais jamais dû le retrouver.

Le timbre de sa voix me dévoila sa tristesse. J’avais touché un point : elle savait. Elle s’était immédiatement mise en mode défensif. Je profitai de l’occasion pour lui tirer les vers du nez.

— Raconte-moi tout.

Maman s’assit sur une marche et me regarda d’un air désolé.

— Ton père m’a rapporté si longtemps ces horreurs dans les moindres détails. J’ai deviné qu’elles ne pouvaient pas toutes surgir de son imagination. Je n’en pouvais plus. J’avais insisté pour qu’il cache le miroir afin de ne plus connaître les catastrophes de l’humanité. J’étais démoralisée chaque fois qu’il m’expliquait ses visions. J’ai tant espéré que tu n’hérites pas de ce don.

Elle se réfugia dans la maison et éclata en sanglots. J’avais ravivé de douloureux souvenirs. La glace avait encore des images à me montrer : un pont. Pas n’importe lequel, celui à l’entrée du village. Un homme était accoté sur le garde-fou : mon père!

D’un geste de la main, il m’indiquait de venir le rejoindre. Est-ce que le village allait être la scène de sauvageries comme celles que j’avais vues? Les deux apparitions ne laissaient présager rien de positif. Pourtant, je devais comprendre ce phénomène.

Pourquoi papa était-il présent à chaque vision? Pourquoi m’invitait-il à cet endroit précis?

*


Comme le miroir me l’avait présenté, mon père m’attendait sur le pont. Il observait passivement une canne et ses canetons nager dans la rivière. Impossible, je rêvai! Je me frottai les yeux. Il était toujours là. Je courus jusqu’à lui. Mon cœur battait à tout rompre. De la sueur perlait sur mon front.

— Tu sais tout maintenant, me lança-t-il sans tourner son regard.

J’avais beaucoup de difficulté à garder mon flegme. Papa discutait comme s’il n’était jamais parti.

— Mais j’aurais préféré que tu ne le découvres jamais, enchaîna-t-il.

— Je vais m’en débarrasser.

— Il est trop tard.

— Je refuse de regarder une fois de plus ces scènes cauchemardesques.

— Ce sont plus que des visions, Christine, ils sont bien réels.

— Pourtant, tu es mort et je te parle.

Il resta indifférent à ma remarque.

— Fixe le vieux quai, là-bas, et dis-moi ce que tu vois.

Je levai les yeux. Une ombre apparut. Je fronçai les sourcils. Je distinguais un torse, des bras sans main, des épaules et une tête. Elle n’avait pas de jambes. Elle flottait à quelques centimètres du sol et se déplaçait par lévitation. Je pouvais percevoir des fantômes, maintenant?

— Ceci est le mal, expliqua papa, il se pointe ici parce qu’il s’abreuve de la tragédie. Il vole en direction de la maison des Durand. Avec son fusil de chasse, Roland est sur le point d'assassiner Linda. Il va s’enlever la vie immédiatement après. L’entité se nourrit de la catastrophe comme tu manges un repas.

Les Durand étaient bien connus de la communauté. Ils étaient mariés depuis trente ans et avaient eu trois enfants. Leur union semblait solide et harmonieuse. Je ne pouvais pas croire qu’un drame aussi horrible pouvait se produire dans mon village.

— On ne peut pas rester les bras croisés et ne rien faire. Il faut intervenir, insistai-je.

— Te souviens-tu de la fois que j’ai empêché ce voyage à New York?

— Oui, je t’en ai voulu pendant des mois.

— J’avais vu les attentats du onze septembre, les avions dans les tours, leurs effondrements, la panique. J’ai utilisé ce don pour te protéger. Quand tu étais petite, je te racontais ces histoires pour éliminer ces images de ma mémoire. C’était ma façon pour éviter de devenir fou. Avec le temps, mes récits ne t'intéressaient plus. C’était de plus en plus difficile pour moi de garder un équilibre émotionnel.

Qu’est-ce que je pouvais lui répondre? Ces visions se réaliseraient prochainement et j’étais impuissante. Papa continua :

— Je savais avant tout le monde l’arrivée du tsunami en Indonésie, le génocide au Rwanda, la prise d’otages du théâtre de Moscou et de l’école de Beslan, les pertes des navettes Challenger et Columbia, les guerres en Irak, les tueries de la Polytechnique, de Columbine et de Dawson, le sous-marin russe Koursk, prisonnier de la mer de Barents sans oublier les ouragans comme Andrew et Katerina, le tremblement de terre en Haïti ou les incendies de forêt de la Californie. Avec le temps, j’ai tenté de les ignorer jusqu’à ce que je vois une tragédie proche de mon quotidien.

Il fit une longue pause avant de reprendre son discours :

— Un jour, le miroir m’a reflété ce que je ne pouvais accepter : ta mort.

Une bouffée de chaleur m’envahit. Je m’appuyai sur le garde-fou afin ne pas m’affaisser sur le pavée.

— Je suis intervenu pour que cela n’arrive pas. Tu n’as pas voyagé dans cet avion qui s’est écrasé dans l’océan Atlantique et qui a tué tous ses passagers. Mais il y avait un prix à payer pour cela : ma propre mort.

Les larmes coulaient à flots sur chacune de mes joues. Je voulais serrer mon père dans mes bras, l’embrasser, lui dire combien je l’aimais et qu’il me manquait.

— J’ai été châtié. Condamné à errer dans ce monde sous une forme spectrale pour y observer tous les fléaux chaque jour.

— Je refuse d’être témoin de la barbarie humaine et des cataclysmes meurtriers, répliquai-je.

— Malheureusement, tu as hérité de ce pouvoir et surtout, tu as vu dans le miroir. Tu ne peux plus faire marche arrière. Prends garde à Carl et à Sandrine. Un jour, la glace te montrera ton destin. Tu devras choisir.

J'allais lui demander de mieux s’expliquer, mais en un clin d’œil, il avait disparu. De retour chez moi, j’enveloppai le miroir dans une serviette de plage et creusai un profond trou dans un terrain vacant loin de ma résidence. Il n’était pas question d’être témoin une fois de plus d’actes barbares ni d’apprendre à me servir de ce don pour prédire les éventualités autour de moi. Je voulais revenir à la tranquillité de ma vie de famille.

*

Plusieurs mois s’étaient écoulés et les événements provoqués par ma découverte s’étaient effectivement réalisées, les médias en avaient parlé.

Ce soir-là, les vents soufflaient la neige contre la fenêtre. Une grosse tempête faisait rage. Les maisons de l’autre côté de la rue étaient dissimulées derrière les rafales. Sandrine et Carl accusaient un sérieux retard de leur sortie au cinéma. Avec une carte détaillée, la météorologue expliquait l’état des routes exécrables. L’inquiétude me gagna. Le film était terminé depuis plus de deux heures. Quelquefois, les autorités barraient ce chemin.

Je songeai un bref instant au miroir. J’aurai peut-être eu une vision qui m’aurait rassuré.
Je me préparai un café. J’attendrai le temps qu’il faudra. Plus les heures passaient, plus je pensais au miroir. J’aurais pu le consulter et m’assurer que rien de grave n'arriverait à ma famille. Ou intervenir si nécessaire. Papa m’avait convaincu de m'en débarrasser.

On cogna à ma porte. Je courus ouvrir. Deux policiers. Derrière eux, l’ombre que papa m’avait dévoilée. Les bourrasques la contournait.

— Madame Christine Bois? me demanda un agent.

— C’est moi, balbutiai-je.

— Nous sommes désolés, nous avons une mauvaise nouvelle à vous apprendre. Votre mari et votre fille sont décédés dans un face à face avec un camion-remorque.

Je m’effondrai sur le tapis. J’avais choisi d’ignorer mon don et le destin avait choisi pour moi.