vendredi 21 décembre 2012

Le facteur injustement congédié

C'est la folie sur les médias sociaux depuis la publication de l'article de la journaliste Rima Elkouri intitulé Un si bon facteur.

Personne ne connaît les problèmes internes des entreprises parce que nous n'avons qu'un aperçu extérieur et cet aperçu est ce que l'entreprise veut qu'on pense d'elle. Postes Canada globalise son énergie à être reconnu comme l'un des 100 meilleurs employeurs au Canada.

Je dois faire attention à ce que j'écris parce qu'il y a même une patrouille du net qui consulte et lit les messages concernant Postes Canada et qui pourrait atteindre sa réputation et sa dignité. Je ne cracherai pas non plus dans la main qui me nourrit.

Croyez-moi, l'employeur n'est pas reposant. Outre l'ultime sentence, c'est-à-dire le congédiement, l'employeur met en place plusieurs procédés inexplicables. La poste moderne en est une. On ne peut pas empêcher une entreprise de se moderniser. À la fin du changement technologique de ses machines, Postes Canada aura investi plus ou moins 2 milliards de dollars. Un montant faramineux puisque la poste-lettre disparaît et deviendra marginal dans les prochaines années.

La livraison à deux liasses en est une autre. Le bras n'est pas fait pour rester tendu entre 4 à 6 heures par jour, 5 jours par semaine. Les cravates et les jupes beiges ne peuvent pas le savoir, ils n'ont jamais fait le job. En simulation, je suis certain que c'est super, mais dans la vraie vie...

En outre, les circulaires, qui deviennent de plus en plus important, sont aussi une autre source de problèmes. Grandes sources de revenus, Postes Canada a crée une série de mesure plus frustrante les unes que les autres. Système de drapeaux et impossibilité de prendre de l'avance (un circulaire, quand il rencontre la norme, doit être livré en 3 jours, donc la route de chaque facteur est coupée en 3 parties). Plus facile à vérifier, à contrôler et à discipliner sans oublier la diminution d'heures supplémentaires sur sa propre route (ce qui répugne l'employeur). Les routes sont plus grosses, le travail plus dur à exécuter parce que les méthodes changent, mais tu ne dois pas faire de surtemps sinon tu as un formulaire à remplir qui n'en finit plus.

C'est le marché du colis qui sera les nerfs de la guerre.

Comme j'ai mentionné à quelques superviseurs et leurs patrons : toute l'entreprise devrait se concentrer à battre la concurrence au lieu de s'entre-déchirer. Bien sûr, comme dans toutes entreprises, il y a des employés incompétents ou qui botche leur travail et ça prend des règles et de la discipline pour maintenir un certain niveau de professionnalisme.

Le système est déjà en place, la technologie aussi. J'espère juste que la haute direction veut elle aussi se battre contre la concurrence. Pas juste l'écrire dans la revue qu'elle expédie à ses employé(e)s, qu'on le voit à chaque jour. Nous avons tellement l'impression d'être mis de côté au profit de Purolator.

Dans le cas du congédiement de Sylvain Carbonneau, même s'il a effectivement pris des initiatives qu'il n'aurait pas dû prendre (signer à la place du client ou laisser un colis sur le balcon), le congédiement n'était pas une solution. Il aurait dû y avoir une rencontre disciplinaire, des sanctions à contester par grief et une gradation avant le congédiement.

Voici un fait vécu : sur ma propre route, la cliente de l'appartement un est partie en Floride pour un mois. Elle a laissé une note sur sa porte disant de laisser tous les colis et faire signer à la locataire de l'appartement deux. Un matin, j'avais un colis avec une signature et je l'ai envoyé au bureau de poste. La dame du deuxième vient me voir en disant qu'elle pouvait signer, qu'elle en avait le droit, que sa proprio lui avait demandé de le faire. J'ai expliqué que je refusais de mettre mon emploi en jeu et la tête sur le billot car si une plainte est logée, je suis dans la m... pour bris de procédé. Est-ce que mon accommodement m'aurait valu des problèmes? Je l'ignore. Mon superviseur était à l'aise avec mon choix, mais m'a expliqué l'avoir été si j'avais fait signer. Et si la gestionnaire trouve que ce geste est condamnable? Un membre de l'exécutif de Québec en plus. Elle aurait pu vouloir faire un exemple et se gâter.

Ce congédiement injuste amène un élan de solidarité(2) et une pétition que je ne peux expliquer (je suis heureux que les gens sortent enfin de leur marasme).

Pour ceux et celles qui croient encore et toujours que le syndicat ne défend que les incompétents, les lâches et les membres à problème, sans le savoir, je suis sûr que la section locale de Montréal travaille fort dans ce dossier. Qu'il soit bon ou mauvais, chaque membre a le droit à sa défense. Évidemment, il y en a qui ont une facilité à se mettre dans le trouble ou qui n'en font qu'à leur tête et quand les sanctions arrivent, il vienne nous voir offusqué. On ne peut pas défendre l'indéfendable. L'employeur a appris des jugements antérieurs et ses congédiements sont de plus en plus durs à gagner.

Si tu sautes à deux pieds dans l'eau, tu risques d'être mouillé! Ce qui revient à dire, si tu travailles tout croche, tu vas un jour devoir répondre de tes actes. Pour Sylvain Carbonneau, si tout ce qui est raconté est véridique, ce congédiement est d'une stupidité sans nom.

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