mercredi 21 novembre 2012

La guerre à l'Est - August von Kageneck

Lorsque Hitler mobilise plus d'un million de ses soldats, le 22 juin 1941, pour attaquer les Russes, rompre le pacte de non-agression germano-soviétique et utiliser la stratégie du Blitzkrieg sur un front gigantesque, il ignorait à ce moment-là qu'il venait de changer le déroulement de la guerre. 

August von Kageneck a lui-même fait parti de ce front. Il a perdu un frère et beaucoup d'amis. Dans ce livre, il nous raconte l'histoire du 18e régiment d'infanterie-grenadier, régiment qui a combattu à Staritsa et Rjev, pour ne nommer que ceux-ci.

Il ne faut pas se le cacher, tout comme la bataille de l'Angleterre (les Anglais croyaient et étaient préparés à un débarquement Allemand sur leur territoire), l'Allemagne nazie a frappé aux portes de Moscou et si j'en crois le témoignage de l'auteur, un arrêt de 6 semaines avant l'hiver a permis aux Russes de se réorganiser et de contre-attaquer avec plus d'effectifs et de puissance.

Hiver rigoureux, pluie diluvienne, chemins impraticables, armes enrayées que les soldats devaient chauffer avant utilisation), bataillon décimé, la guerre à l'Est n'a pas été une partie de plaisir pour les soldats nazis.

Honnêtement, j'en avais (et j'ai toujours) marre de la Deuxième Guerre mondiale sauce Hollywood. Même le film " Il faut sauver le soldat Ryan " que j'ai beaucoup aimé ou la série " Frères d'armes " qui est basée sur les témoignages de vétérans apportent encore le concept le bon américain sauve le monde de la tyrannie. Je peux bien vivre avec cela, on demande aux américains d'être la police mondiale, mais faire passer les autres pour des tatas, j'ai un peu de misère avec cela.

Dans ce livre, on comprend que la Wehrmacht était mal équipée pour affronter les rigueurs de l'hiver 41, un hiver terrible (le thermomètre oscillait dans les -35 jusqu'à -50). Les soldats avaient les pieds gelés dans leurs bottes et les seuls bâtiments rarement intacts, délabrés, sales et infestés de poux (plusieurs soldats sont morts du typhus) servaient de QG ou d'hôpital de fortune et empêchaient les soldats de se réchauffer.

Ils ont combattu avec fierté, pour leurs camarades plus que leur patrie. Les soldats ne croyaient plus à la victoire du national-socialisme sur le communisme. Staline semblait bénéficier d'une armée à l'infinie (la Russie avait 250 millions de citoyens à l'époque) et les nouvelles technologies comme le chars T34 ont démoralisé et fait des ravages aux seins de l'armée allemande.

Un excellent livre qui révèle des noms de commandants, de caporaux, de lieutenants, de soldats, qui nous informe de la vie aux seins de la Wehrmacht, une armée qui avait perdu son caractère invincible, mais qui combattait malgré tout avec fierté, désespoir et les moyens du bord, faute d’approvisionnement.

Acheter ce livre.

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