dimanche 29 juillet 2012

Cul-de-sac médical

Mon fils est arrivé chez moi le 19 juillet dernier et théoriquement, il doit rester jusqu'au 3 août. Monsieur Phelps, ceci est une mission : impossible.

Tout d'abord, la crise du 19 mélangée aux maints combats pour des trucs ordinaires (se laver, arrêter de manger et de boire tout le temps, s'intéresser à autre chose que les jeux vidéo, sociabiliser, etc) et se bouger l'arrière-train (encore pour se laver (hier, ça sentait tellement mauvais...), vider le lave-vaisselle, etc. m'épuisent.

Ce dont je ne suis plus capable ce sont les éternels dénigrements (chu fou, chu cave, chu gros, chu laid, etc.) et les incessants rouspétages. Contester l'autorité pour un ado, je considère ça normal, mais virer toujours ça en conflit, non. Je suis plus que tanné de toujours hausser le ton pour obtenir quelque chose, ce n'est pas normal. J'ai côtoyé assez d'ados pour comprendre qu'on peut se parler sans toujours crier ou capoter pour rien.

Pas le choix, hier, avec la promesse d'achat d'un jeu vidéo, j'ai amené fiston au CHUL, au centre mère-enfant. J'arrive là pompé, me fait poser 1001 questions insignifiantes, me fait dire par l'infirmière de rester calme dans la salle d'attente. J'en ai ras-le-bol, mais surtout, je sais que ça ne changera rien. C'est la rencontre de la dernière chance.

Dans la semaine, j'avais appelé sa mère pour lui demander si elle acceptait de recommencer le processus. J'ai essuyé un NON catégorique. Je lui ai alors proposé de consulter mon blogue pour connaître la raison de ma décision (la journée du 19). Elle refuse encore disant qu'elle avait lu des billets antérieurs et que je l'avais presque traité de menteuse. Mais comment puis-je prendre au sérieux quelqu'un qui me dit que son père est à l'hôpital et que ça ne va pas bien, qu'il n'en a pas pour longtemps, cancer ou je ne sais quoi, et me faire dire, 2 ans après, si tu n'arrives pas à me rejoindre, appelle mon père à tel numéro?

Comme puis-je prendre au sérieux quelqu'un qui, dans les derniers mois de notre relation, partait toute la nuit travailler supposément dans un motel et la fois où j'ai appelé, la dame au téléphone m'a dit que personne de ce nom travaillait là. J'ai réessayé quelques jours plus tard et un homme me répond que ça fait 15 ans qu'il travaille là et qu'aucune personne de ce nom n'a travaillé ici. Que faisait-elle toute la nuit en abandonnant ses flos à la maison? Cocu? Probablement! Peu importe, ça ne change plus rien à l'histoire et pour moi, elle n'a aucune crédibilité. Faut que je deal avec quand même, il ne me reste que 5 ans...

Mais faut juste pas me prendre pour plus cave que je suis. Je me tais pour éviter la guerre et pourtant, mon garçon se retrouverait tirailler dans les batailles entre moi et sa mère. Non, mais, je fais tout pour que ce soit le plus harmonieux que possible. J'ignore ce qui se passe chez elle ou s'il me raconte des mensonges.

On rencontre quelqu'un en moins de deux heures, ça m'étonne. On poirote une bonne demi-heure dans le cabinet jusqu'à l'arrivée du médecin qui me demande, après nos explications : "Qu'est-ce que vous voulez que je fasse pour vous?" Je suis déflaboxé, dire "De l'aide." serait imprécis et vrai, mais c'est ce dont j'ai besoin pour mon gars qui va encore les endormir car pour se débarrasser d'eux, il n'a pas son égal. Il les a tous endormis pendant 8 ans, ça ne changera pas aujourd'hui.

Encore une heure d'attente avant l'arrivée d'une pédopsy. Elle se pointe le nez après 1h30. On lui raconte l'historique des évènements, mon fils prends ça comme du blastage (comment veux-tu prendre ça quand tu vois tout en noir, tu es toujours négatif, tu n'aimes rien, chiale sans arrêt pour tout et pour rien, etc.) et qu'il clame qu'il s'en va à l'asile. S'il se comportait en enfant normal, avec un comportement normal, on n'en serait pas encore rendu là.

Finalement, après 9 heures à l'hôpital (la pédopsy à Sacré-Coeur refusait de réouvrir le dossier car madame ne s'était pas présentée aux derniers rendez-vous), me revoilà dans un cul-de-sac. À ce moment, mon fils ne voulait plus venir me voir parce qu'on s'était encore pogné solide sur je ne me souviens plus. Que voulez-vous, je ne lui laisse pas tout faire, j'utilise un peu mon autorité, je ne crois pas être un mauvais père et je l'ai revu seulement quand j'ai dû aller le chercher à l'école pour ce rendez-vous. Puisqu'il n'avait pas été chez moi pendant un certain temps, les intervenants m'ont signifié que je n'avais pas à revenir, qu'il fallait parler à la mère. Elle ne se présentera jamais.

Diagnostic : il n'a aucun problème d'ordre mental comme la dépression ou ces trucs du genre. C'est un gros manque de savoir-vivre et de comportements inadéquats. OK, championne, à partir de là, on fait quoi? Rencontrer un psy sur la Côte-Nord? Sa mère n'ira pas. En rencontrer un dans mon secteur, comment fixer un rendez-vous quand tu ne sais pas quand fiston vient te voir? Et puis, ça ne changera rien, il va les bullshiter comme toujours.

Il ne faut jamais dire jamais, mais dorénavant, je me tiens loin de tous les spécialistes en santé mentale. Je m'organiserais avec mes problèmes et je trouverais moi-même les solutions.

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