lundi 18 juin 2012

Vainqueur malgré tout - Jean Lemblé


Début 1944, les lignes allemandes reculent sur tous les fronts. Les meilleurs soldats, les plus endoctrinés sont morts ou ont été fait prisonniers. L’Allemagne décide donc de choisir ses recrues parmi les pays occupés, dont la France, pour stopper l'avance alliée. Jean Lemblé, un alsacien de 18 ans, est enrôlé de force dans la Wehrmacht.

Les officiers donnent un entrainement intensif aux nouveaux soldats. Ces bourreaux, nommé « Papa Lang » font baver les recrues et ne leur donnent aucun répit. Les recrues endurent leur sort parce qu’elles ont l’intention de se rendre aux Russes, Américains ou Anglais dès les premiers combats.

Lemblé devait combattre en France. Il voulait alors déserter et rejoindre les Américains qui combattaient à l’Est. Se méfiant de leur ferveur envers le IIIe Reich, le haut commandant décide donc d’envoyer ces hommes sur le front de l’Ouest où les Russes détruisent tout sur leur passage.

Commence alors un intense combat contre la mort. Les Russes bombardent les positions allemandes avec l’aide de leur T 34, des chars d’assaut russes, des orgues de Staline, des canons de 75 mm, de tirs de mortiers, de PPSH, pistolet mitrailleur très fiable avec une capacité de munitions accrue.

Lemblé et son unité parcourent des villes et des villages dévastés par la guerre pour aboutir à la frontière Pologne/Russie. L’armée allemande est en déroute. Ils manquent de tout. Munitions, armes, tanks, canons (qu’il faut démonter et remonter, saboter pour ne pas abandonner à l’ennemi ou retourner chercher au front, à quelques centaines de mètres des soldats de l’armée rouge).

C’est incroyable de lire une histoire vécue par un homme qui a vu autant d'horreurs de la guerre. Les soldats allemands qui ont dressé le drapeau blanc devant l'Armée Rouge ont été mitraillés sans jugement ni question. Lemblé devait rester avec les Allemands, fuir et se replier dans l’espoir de rester en vie.

Car oui, il y a de la chance. Courir sur un terrain à découvert sous le feu incessant de l’ennemi et s’en sortir indemne. D’autres fois, le hasard fait bien les choses. Quelques soldats prisonniers d’une tranchée dont l'unique sortie est surveillée par un sniper dans un arbre et c'est finalement un petit groupe de soldats qui retiennent les soviets avec leurs mitrailleuses permettant ainsi aux prisonniers de fuir à la tombée de la nuit.

Lemblé a vécu l’horreur de la guerre. Il a été annexé à une armée en déroute contre un ennemi sans pitié. Il a vu la mort de près et a connu la peur, celle de mourir. C’est dur de croire que des êtres humains aient vécu de pareilles aventures et s’en sortent en un morceau. Parce que détrompez-vous, Lemblé a été au cœur de la guerre, il n’était pas assigné quelque part derrière le front.

Les pauvres citoyens prisonniers des villes et qui ont peur des Russes ont aussi vécu des drames terribles. Les femmes en particulier.

L’histoire est bien écrite, quoique l’écriture est un peu simpliste, mais l’auteur sait nous tenir en haleine. Le choix de la police de caractère est super (une sorte de machine à écrire de l’époque) malgré que quelques pages çà et là changent pour ensuite revenir au caractère original. Bonne idée!

Voici une autre vision de la guerre, une autre violation des nazis des conventions sur les droits des hommes en vigueur à cette époque et la peur, cette peur omniprésente pendant qu’un déluge de fer et de feu désire votre mort. Pour les passionnés de la Deuxième Guerre mondiale, vous devez lire ce livre. J’ai lu les 331 pages en 2 jours.

Acheter ce livre.

1 commentaire:

  1. À mon avis, le meilleur livre portant sur les « malgré-eux », c'est Le soldat oublié de Guy Sajer. Un incontournable classique.

    Pour les mémoires de soldat allemand, celui qui m'a fait la plus forte impression (et ça fait plus de 40 ans que j'en lis), c'est Blood-Red Snow de Gunther Koschorrek, pas traduit en français, ce qui est déplorable.

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