mercredi 13 juin 2012

Qu'est-ce que le harcèlement?

Je reçois beaucoup d'appels et lis beaucoup de textes qui utilisent la mention harcèlement. L'employeur est arrogant, discipline souvent plus qu'il ne le devrait, portent des commentaires désobligeants, sans oublier que le grand manitou de la région essaie de nous faire croire qu'elle défend la veuve et l'orphelin.

On a beau être un syndicat ou être un employé syndiqué, en 2012, l'employeur compte chaque sous qu'il a et coupe partout au Canada pour augmenter ses revenus et diminuer ses dépenses. Toutes les entreprises feraient la même chose et surtout, accepteraient de prendre le virage technologique.

Défendre un membre n'est pas toujours facile. On ne frappe plus la table avec le poing en criant des insanités au boss. Il faut être patient, poli et suivre le processus. Ça, plusieurs personnes ne le comprennent pas.

L'un des dadas de l'employeur, comme je l'ai déjà mentionné sur mon blogue, c'est de rencontrer les gens pour discuter de leur assiduité. La convention collective mentionne pourtant qu'on peut rencontrer quelqu'un après 7 absences pour le lui dire.

Les gens avec un haut taux d'absentéisme peuvent être menacés de la clause 10.10 : renvoi pour incapacité. En gros, t'es pas capable de faire la job, on te congédie. Le STTP dépose un grief, l'employé(e) reste à l'emploi jusqu'à ce qu'un arbitre tranche ou qu'une entente soit conclue entre les 2 parties.

Quoi qu'il en soit, les gens reviennent souvent avec le mot harcèlement. Le boss m'a passé en entrevue, c'est du harcèlement. Le boss m'a dit de pas faire ça, c'est du harcèlement. Le boss vient me parler d'une plainte d'un client, c'est du harcèlement, etc.

Non, ce n'est pas du harcèlement. Voici la définition du harcèlement selon la clause 56.03 de la convention collective urbaine :

56.03 Définition du harcèlement

Aux fins des présentes, le « harcèlement »
signifie tout comportement, propos ou geste lié à l’un des
motifs énumérés à la clause 56.01, et qui :

a) n'est pas souhaité ou peut être
raisonnablement considéré comme n'étant
pas souhaité, et

b) est offensant, humiliant, abusif, menaçant,
répétitif ou qui entraîne des conséquences
défavorables dans l'emploi.


C'est surtout la répétition qui est importante. Si, pendant un mois, le superviseur dit que ton tri est trop lent, que tu occasionnes des heures supplémentaires et la cause est que tu as les cheveux longs et ne voit pas ton casier comme il le faut et qu'il répète ça chaque jour, devant tout le monde, là on commence à parler de harcèlement.

Un commentaire déplacé n'est pas du harcèlement. Il peut avoir matière à grief, mais ce n'est pas du harcèlement.

Pas besoin d'attendre un mois pour demander que la situation cesse. Mais de grâce, n'utilisez plus ce mot à toutes les fois que vous avez une altercation avec votre superviseur, il y a d'autres actions que nous pouvons prendre avant de parler de harcèlement, geste très dur à prouver.

Soyez certain que l'employeur protège ses sbires quand une plainte est déposée.

3 commentaires:

  1. Je ne crois pas t'apprendre quoi que ce soit, mais aujourd'hui, la plupart des expressions sont employées à tort et à travers juste pour "exagérer" la situation et pour qu'on s'attarde à la personne ou au dossier le plus vite possible. Certaines ont raison de se plaindre de harcèlement, cela va sans dire, mais il existe aussi la colonne qui aime hurler à la lune un soir d'éclipse (je garde cette phrase inspirante, donc Copyright 2012, tout le monde!). Bref, grâce à ces exagérateurs en série, on se retrouve avec de la paperasse en trop, des délais beaucoup plus longs et surtout un système entier bourré jusqu'à l'os de profiteurs qui ont forcé les administrateurs à rehausser les règles du jeu, resserrant du même coup la relative liberté d'autrui.

    Bon! Ce n'est pas un appel à la révolution que je fais, nous avons des étudiants pour ça, mais une tentative de prise de conscience sur les engrenages finis et vieux d'un système pourri et en perte de vitesse.

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  2. Si, au lieu de taper sur la tête du monde, les superviseurs travaillaient en harmonie avec les gens, ça irait beaucoup mieux.

    Beaucoup d'entre eux ont la tête qui ne passe plus dans le cadre de porte depuis leur nomination tandis que d'autres veulent prouver leur potentiel.

    Le hic, ces gens-là ne sont que trop rarement punis pour ces actes. Au contraire, ils sont disciplinés quand ils ne font pas la marionnette du son supérieur hiérarchique.

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  3. Comme certains fraudeurs qui se voient offrir une prime de départ alors qu'ils ont volé quelques centaines de milliers de dollars... enfin, on ne réinvente pas la roue, mais disons qu'en guise de respect de la hiérarchie, l'humanité a encore des croûtes à manger.

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