samedi 2 juin 2012

Les 30 jours de Berlin - André Besson

Les Russes sont aux portes de Berlin, ils viennent de franchir l'Oder et l'Elbe, dernier rempart naturel protégeant la capitale du IIIe Reich. L'un de ces commandants russes Joukov, Koniev et Rokossovski veut être celui qui aura fait s’écrouler le régime nazi. À l’ouest, considérant que les pertes en hommes seront considérables, les troupes anglo-saxonnes décident d’abandonner Berlin à l’armée soviétique.

Pas facile de réinventer ce que tous savent déjà (encore plus ceux qui ont lu à ce sujet) : la tragédie de la Bataille de Berlin. Des millions de civils prisonniers des décombres, faisant la file des heures de temps pour recevoir de maigre ration de nourriture, ignorant les bombes lâchées par les avions ennemis (Goering avait juré qu’aucun avion ennemi ne survolerait la capitale sinon les commandants, ces traitres, auraient des comptes à lui rendre), pour ne pas perdre leur place et revenir les mains vides.

La capitale du Reich est jonchée de cadavres. Les Russes bombardent sans arrêt avec leurs milliers de canons et de tanks. Berlin est défendu par des troupes décimées, blessés, la Volkssturm (unité de combattants civils regroupant des hommes de 16 à 70 ans dédiés au support de la Wehrmacht et des SS) essaient de repousser l'envahisseur.

Dans le Führerbunker, Hitler donne des ordres à des troupes imaginaires, ses généraux n’osant pas lui avouer qu’elles n’existent pas. Même les noms des unités ont été inventés. Refusant de quitter le bunker et confiant en la victoire, Goebbels appuiera Hitler jusqu’à la fin. Bormann, qui a des visées politiques ambitieuses, se fera un plaisir d’informer Hitler de la tentative de Himmler à conclure une reddition sans condition auprès des alliées par l’entremise d’un homme politique suédois. Goering aussi, quoique méfiant, demandera au Furher s’il accepte de lui céder le pouvoir comme le stipulait l’accord signé en 1941.

Hitler pique une colère noire, certain de la trahison de son personnel et de l’incapacité du peuple allemand à gagner la guerre.

Le fanatisme est vraiment déconcertant. Même si j'avais lu et vu à ce sujet, la folie était la ligne directrice des dirigeants.

Dans ce livre, l’auteur raconte, avec une netteté saisissante, la chronologie du dernier mois du IIIe Reich. Sans se perdre dans les détails historiques qui alourdiraient le texte, Besson nous livre un excellent ouvrage sur la destruction de Berlin et des derniers jours de Hitler et son entourage.

Les Allemands ont résisté du mieux qu’ils ont pu, le général Wenck essaie de ramener la 9e armée à Berlin pour encercler les Russes et les repousser (exterminer dira Hitler), mais la déroute totale et la puissance de l’Armée Rouge l’empêchera d’exécuter l’ordre. Hitler, maintenant un vieillard malade, refuse de quitter Berlin et parle pour la première fois de suicide.

La notice bibliographique est impressionnante. Besson a consulté beaucoup d’ouvrages pour rédiger son livre. J’ai surtout apprécié la simplicité d’écriture, comparable à la biographie de Rommel paru chez Perrin. C’est précis, clair et entrecoupé de citations. Je vous recommande de voir La chute, des images apparaissaient souvent en référence à ce film. Bref, un excellent livre sur une tragédie dont les acteurs demeurèrent aveuglés par l’idéologie nationale-socialiste et le racisme.

Acheter ce livre.

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