mercredi 4 avril 2012

Labeaume La dictature amicale - David Lemelin

L'animateur et journaliste de métier, David Lemelin, partage avec nous sa recherche de l'effet Labeaume sur la ville de Québec. Des journalistes, éditorialistes, animateurs de radio, conseillers municipaux et l'auteur partage leur analyse du personnage.

Lorsque Régis Labeaume agissait comme simple chroniqueur à la radio, je trouvais ses idées pertinentes et sa vision intéressante. Depuis le raz de marée de la dernière élection, où Régis Labeaume a été élu avec près de 80% des voix devant son plus proche rival Jeff Fillion à tout juste 9% et l'équipe Labeaume élue avec 25 des 27 conseillers municipaux, le maire n'en fait qu'à sa tête et s'émerveille devant n'importe quoi.

Les Olympiques, le forum des cultures, le tramway, le TGV, Clotaire Rapaille, le déneigement d'un seul trottoir pour sauver des coûts (mandat après le décès de la mairesse), son refus de négocier une convention collective pour les pompiers, le Red Bull Air Race, la reconstruction du manège militaire (qui devait presque commencer le lendemain de l'incendie et rien n'est fait), le mur coupe son sur Laurentien, la grande roue, le miroir d'eau, etc, Labeaume agit comme un enfant dans un magasin de jouet et même si aucune réalisation n'a encore été complétée, sa popularité demeure stable.

L'homme que l'on compare à un petit Napoléon a su bien s'entourer. Alain Marcoux est un pilier décisionnel de la ville, Louis Côté s'occupe de l'image et évidemment, Régis Labeaume règne en roi.

Par son langage colorée, Labeaume a su s'attirer la sympathie du public. Tout le monde veut un Labeaume à la mairie de sa ville. Il agit comme une superstar. Photos dans les journaux, publicités à la télévision, autographes, participation à des émissions de divertissements, voyages, le maire est partout.

La démocratie, pas besoin! Labeaume pique des colères dès qu'il est contrarié. C'est lui qui décide, pas besoin d'un consensus. Colérique, plusieurs personnalités de Québec ont été écorchées par les répliques acerbes de Labeaume. De Josée Verner (Je l'aime bien, mais des fois, je la battrais) au conseiller Michel Fecteau (Mon ostie m'a t'en câlisser une dans l'front), l'intimidation est une tactique utilisée par le maire. Pourtant, il s'est officiellement prononcé contre l'intimidation.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais...

Le nouveau cheval de bataille du maire est l'amphithéâtre et le retour d'un club de la LNH à Québec. Ce sera sa gloire ou son tombeau. À 80% de taux de satisfaction, avec 3 conseillers à l'opposition (un élu de l'équipe Labeaume siège maintenant comme indépendant), Labeaume peut et fait ce qu'il veut sans nécessairement consulter la population. D'ailleurs, le maire n'aime pas l'opposition et les remises en question.

L'auteur n'a pas oublié les actions ou les réactions, bonnes ou mauvaises, du maire Labeaume. Toujours appuyé par un commentaire d'un journaliste, chroniqueur ou éditorialiste du journal le Soleil, le journal de Québec, les nouvelles à TVA, Denis Gravel, le morning man de CHOI et son collège et groupie du maire Jérôme Landry, Denis de Belleval, Marc Simoneau, Pierre Boucher, etc, plusieurs personnalités connues de la ville appuient les propos de l'auteur, donnent leur appui ou dénoncent l'attitude du maire.

Un livre que j'ai adoré, qui reflète la réalité à la mairie de Québec (d'ailleurs, lundi j'ai écouté un bout du conseil municipal au canal Vox par curiosité et le maire agit vraiment comme il est décrit dans ce livre) et la fierté de la population envers les projets grandioses du maire, l'auteur décrit avec neutralité sa vision de Régis Labeaume. Pour un premier ouvrage sur le populaire maire, c'est bien réussi.

Site de l'auteur.

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