vendredi 13 avril 2012

Des millions d'âmes - Mireille Baulu-Macwillie

L'auteure a rencontré Philip Riteman et l'a convaincu de lui raconter l'enfer qu'il a vécu dans les camps de la mort nazi. C'est avec un réalisme saisissant que Philip Riteman, seul survivant de sa famille, raconte ce qu'il a vu et vécu.

Lors de l'invasion de la Pologne par les nazis, la famille de Philip Riteman a dû fuir Shershev, leur village. Au début, les nazis exigeaient de l'or et de l'argent aux villageois déjà peu fortunés. Quand la Einsatsgruppen, est revenu une seconde fois avec des demandes encore plus exigeantes, et que les villageois n'ont rien donné parce qu'ils n'avaient plus rien, ils les ont expulsé de leur maison. La chasse aux juifs était commencée.

Les nazis ont sorti les hommes de 12 à 50 ans du village. Un soldat a ordonné à un homme de 40 ans de s'éloigner de la foule et sans raison, il lui a tiré une balle dans la tête. C'était le premier, mais non pas le dernier, meurtre dont Philip Riteman allait être témoin.

Après s'être réfugié dans le village de Pruzhany, transformé en ghetto en 1943, les wagons à bestiaux l'ont amené au camp d'extermination Auschwitz-Birkenau. Philip Riteman a vécu l'horreur des travaux forcés, de l'appell(sorte de garde-à-vous exigé aux prisonniers. Par exemple, sortir nu à l'extérieur alors qu'il fait -20), etc. Son histoire est poignante et précise. Il a omis volontairement certains détails les plus affreux.

Chambres à gaz, fours crématoire, charniers, Philip Riteman les a tous vu et par miracle, a survécu.

Il a été transféré d'un camp de la mort à un autre, sans nouvelle de sa famille et ce jusqu'à la libération américaine. Il a demeuré à Feldafing (camp allemand capturé par les Américains) et a reçu du courrier de sa famille vivant à Montréal, à New York et à Terre-Neuve, qui n'était pas encore annexé au Canada. Parce que le premier ministre canadien Mackenzie King avait institué une politique d'immigration antisémite, il a décidé de rejoindre un des membres de sa famille à Terre-Neuve. Il a alors refait sa vie.

Quel récit épouvantable que nous partage Philip Riteman. Je me demande si on peut côtoyer l'horreur et la mort dans de pires conditions que celles-ci. Même les japonais, réputés comme bourreau et qui maltraitaient les prisonniers de guerre semblent avoir un tantinet mieux agi. Encore là, il faut lire l'histoire des prisonniers de guerre obligés de se nourrir de feuilles et d'insectes pour survivre afin de comprendre que ce n'était pas joyeux là non plus.

La partie moins intéressante, quoique révélant qu'on ne peut jamais vraiment oublier ces horreurs et faire des cauchemars chaque nuit, est celle qui raconte son arrivée à Terre-Neuve. Beaucoup trop de pages pour expliquer la bonté des gens pour lui acheter les items qu'il vendait. On comprend le principe après 3 ou 4 maisons.

Après la guerre, il y avait pénurie et les magasins autant que les familles manquaient de tout. Philip Riteman leur apportait ces choses que son cousin lui vendait au prix du coûtant. Encore lèa, il a été frappé par la bonté des gens et leur gentillesse.

Maintenant retraité, il raconte l'histoire de l'Holocauste aux jeunes pour que ces derniers comprennent qu'ils sont chanceux de vivre la vie qu'ils ont présentement, libre de violence et de barbarie militaire.

Un livre touchant, véridique rappelant La liste de Schindler et Le pianiste. Une autre vision de la guerre.

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