mercredi 15 février 2012

Une journée à oublier

Hier, j'ai vécu une journée d'enfer. Ceux et celles qui consultent mon Facebook ont dû le remarquer, je n'avais pas d'humeur. Juste dommage que mon statut de frustration envers la SAAQ ait viré en débat souverainiste vs fédéraliste, gauche vs droite...

Vous pensez que j'aime Stephen Harper? Que je suis un colonisé? Un conservateur? Vous avez le droit. Moi, je n'ai pas oublié la loi spéciale de l'été passé et les fausses négociations parce que je crois que l'employeur savait que le gouvernement interviendrait en sa faveur.

La journée a mal commencé au travail. J'arrive sur ma route et il restait un bac de lettres non triées de la veille. Pourquoi? Simple, l'employeur cherche par tous les moyens à diminuer ses dépenses et l'intimidation ainsi que la gestion des heures supplémentaires sont les manières préconisées.

Intimidation? À livrer du courrier? Oui et c'est intense. Incroyable l'imagination que l'employeur déploie pour taper sur la tête de ses employées et ses employés. Si la personne manque trop souvent au goût de l'employeur, il la convoque en entrevue dans le bureau pour la "sensibiliser". On lui raconte que sa présence est indispensable pour le succès de l'entreprise, lui montre un tableau de gestion de l'assiduité et bla bla bla. La convention collective accorde 10 jours de maladie par année sans certificat médical et donne le droit à l'employeur de nous parler de notre bilan rendu à 7. L'employeur procède bien en deçà de ce chiffre.

Ma mère travaillait au ministère du revenu du Québec et elle pouvait dire le mercredi à son superviseur qu'elle serait malade le vendredi. Sans compter les gens qui partent à la retraite 6 mois avant leur temps parce qu'ils doivent écouler leur banque de maladie.

Dernièrement, l'employeur a décidé de chronométrer les gens pendant leur classement. Il a créé une norme à atteindre. Une autre façon de provoquer des frictions, du stress et des maladies comme une dépression ou un burn out. Je ne comprends pas cette persistance à frapper sur ses employées et ses employés au lieu de les aider à être heureux et fier au travail. Pourtant, quelques semaines dans l'année, vous pouvez voir la mention Santé mentale sur l'oblitération de votre timbre. Ironique, n'est-ce pas?

Revenons à mes lettres non classées. J'ai beau être dans l'exécutif syndical, quand j'arrive dans mon casier et que j'ai été absent la veille, je m'attends à ce que toutes mes lettres aient été livrées. Ton travail est de livrer tout le courrier à toutes les adresses sauf si l'endroit est inaccessible ou dangereux pour ta sécurité. Partout, partout, partout!

Les lundis sont des journées de débordements de courrier (avec exagération) et nos bons superviseurs donnent comme conseil de laisser du courrier pour le lendemain.

Puisque je dois m'absenter souvent, des fois une journée au syndicat, une autre sur ma route, la troisième au syndicat, j'aimerais et je m'attends à ce que le travail soit fait au complet. Pas d'histoire de laisser du courrier pour éviter les heures supplémentaires ni ne pas livrer à une porte parce que c'est glissant quand tout l'hiver ça ne l'était pas... Je comprends les gens d'obéir aux consignes, je ne leur en veux pas.

À la fin de mon itinéraire, je reviens au bureau et quelqu'un vient me parler. Il me demande de faire attention avant de dire que le travail n'a pas été fait, que la consigne avait été donnée à tout le monde. OK, je comprends, mais je considère que je n'ai pas à payer pour les décisions administratives d'un superviseur qui cherche à boucler son budget afin d'obtenir le maximum de sa prime annuelle.

Ma remplaçante ou mon remplaçant risque de diviser la route à son goût comme ne pas monter un deuxième étage ou laisser une publicité pour le lendemain. Tant qu'à y être, on va décider ce qu'on livre ou non selon notre humeur. Ça ne marche pas! Et puis, mettez-vous à ma place, c'est frustrant. Surtout qu'après lui avoir répondu que ma remplaçante ou mon remplaçant a un job à faire, qu'elle ou qu'il le fasse, je me suis fait dire de donner mon nom pour devenir boss! Je ne pense pas qu'il aimerait me voir avec une chemise bleue. L'employeur non plus d'ailleurs. Et je ne crois pas avoir la patience pour faire ça ni le calme pour ne pas critiquer une décision que je considérerais irréfléchie.

J'arrive à la maison, le téléphone sonne, une dame de la SAAQ retourne mon appel. Je lui explique mon cas : l'accident du 24 décembre 2011. En gros, je demande qu'on me rembourse toutes mes séances de chiropractie après le 24 décembre 2011 parce que l'impact a obligé la chiro à recommencer mes traitements.

La réponse de la fonctionnaire : ça prend une décision d'un médecin (embourber le système, obtenir un bout de papier, pour me faire dire ce que je sais déjà) et après cela, je pourrais peut-être avoir des indemnités. Après quelques minutes de discussion, elle m'avoue que la blessure n'a pas été causée par l'accident et je n'aurais pas droit à l'argent.

Pardon?

Ce qui est frustrant dans notre beau système, c'est qu'une victime comme un criminel a le droit à des indemnités. Moi, un honnête payeur de taxes, se voit refuser un remboursement tandis qu'un délinquant de la route pourrait y avoir droit s'il a des blessures corporelles. Je ne demandais pas un an de salaire, je demandais plus ou moins 200$.

J'ai dit à la femme que le Québec est génial avec ses lois, qu'on paie toujours pour les autres sans jamais profiter de ces programmes quand on en a besoin, que j'ai honte d'être québécois, etc. Ce qui est vrai. Elle m'a dit qu'elle préférait ne pas répondre et m'a raccroché au nez.

Aucun système n'est parfait, mais j'ai le feeling que c'est toujours les mêmes qui profitent des avantages sociaux ou que ceux et celles qui en ont besoin à l'occasion n'en retire qu'un maigre bénéfice.

J'aimerais tellement croire à la solidarité et pas juste syndicale ou partisane. Si le peuple se tenait debout, qu'on exigeait des changements pour nous, les gens de la classe moyenne pas juste les pauvres ou les riches, peut-être que notre premier ministre changerait ce système archaïque. Au lieu de ça, on laisse les politiciens monter tous les tarifs sans broncher afin de continuer à profiter de notre belle sociale-démocratie jusqu'à ce qu'un jour ça pète. Pourquoi le gouvernement? Parce que tout le monde se tourne vers eux dès qu'il y a un pépin. Regardez la loi sur l'intimidation, le gouvernement n'a pas d'affaire là-dedans. Des élections s'en viennent, Charest sera redoutable. C'est la seule place où il est bon. Il sera réélu.

J'ai commencé à comprendre comment fonctionne le monde et j'ai perdu ma naïveté lors de mes études au CÉGEP de Limoilou. Je vous rappelle les évènements que j'ai déjà écrit sur ce blogue, le 2 septembre 2010. J'étais en appartement sur la 7e rue, en face de l'église du St-Esprit transformée en école de cirque. Jacques Parizeau venait de prendre le pouvoir et Jean Campeau était son ministre des finances.

J'avais obtenu une bourse d'étude d'environ 800$. Je l'avais utilisé pour me loger et me nourrir. Pas pour blaster ou virer une brosse d'une semaine. Je n'ai jamais pris de drogue de ma vie et j'en suis très fier! Lors du rapport d'impôt, je devais estimer le montant que j'allais gagner pour l'année. J'avais estimé à 4000$, j'en ai gagné 5000$. Pas mal en dessous du seuil de la pauvreté, pas vrai?

Je reçois une lettre qui me dit que j'ai trop gagné et que je dois rembourser 700$ des 800$ donnés en bourse d'étude. Quoi? Offusqué, je me dirige à l'AGEECL qui me donne une tribune lors de leur assemblée à la cafétéria. J'explique ma mésaventure. J'ai des amis dans la salle qui entendent des étudiants mentionner qu'ils ont vécu une situation similaire et que j'ai raison. Je demande de l'appui. Combien pensez-vous se sont déplacés pour me soutenir?

Dites un chiffre.

Zéro. Oui, c'est ça.

J'ai été voir ma députée péquiste, qui comprenait et trouvait scandaleux qu'on me demande cet argent. Après plus de 3 mois, son attaché politique me rappelle pour me dire que c'est la loi et que je dois payer. Le plus amusant c'est qu'après ce délai, j'ai devais payer de l'intérêt. J'ai donc signé un chèque au nom de Jean Campeau 700$ + intérêts. J'étais étudiant...

Pourquoi je pense ainsi, que je désire autant de changement, que le Québec actuel surendetté me lève le coeur? J'aimerais qu'on soit les leaders dans les meilleurs domaines, pas dans le suicide ou dans la prescription d'antidépresseur. Malheureusement, la sociale-démocratie est tellement dans nos gènes que la liberté d'expression est permise seulement dans un sens... la gauche!

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