mardi 7 février 2012

La fibre paternelle

Ils sont cutes, on les aime, ils nous ressemblent, ce sont nos enfants.

Et détrompez-vous, j'adore mon fils et je veux son mieux. Il me donne du fil à retordre, me pompe beaucoup d'énergie, ne fait rien d'autres que jouer aux jeux vidéo, devrait perdre du poids et bouger plus, mais à 12 ans, les parents ce n'est pas cool et on s'en fout pas mal!

Dernièrement, j'ai constaté que les enfants, ceux en bas de 5 ans, me laisse complètement indifférent. Quand il y a un bébé présent, ça ne m'intéresse nullement de le prendre dans mes bras et de faire des guilui guilui.

Quand bébé pleure, celui des autres, je deviens vite impatient.

Pour les sorties, je cherche les endroits où il n'y a pas d'enfants. J'ai perdu la fibre paternelle.

Les ados sont intéressants, avec leur quête identitaire et leurs réflexions plein de bon sens. Ça me fait rire de voir les garçons se promener nonchalamment aux Galeries de la Capitale, la casquette trop grande et les cheveux en bataille. Ça me fait le même effet de voir les adolescentes se promener en gang, maquillée et bien habillée, fière de leur apparence.

Des fois, je lis les commentaires sur Facebook de parents qui louange chaque action de leur progéniture. Chaque geste, du caca au lolo, est super important pour eux. D'accord, c'est normal, mais moi, ça me passe 100 pieds par-dessus la tête. Autant que ceux qui écrivent des trucs dans leurs statuts comme : laver le plancher check, manger un beigne check, peinturer le garage check, acheter un nouveau char check, tout ça dans la même journée, check... vous voyez ce que je veux dire?

Ça me fait rire aussi quand je lis des commentaires sur Facebook de parents idéologistes. Moi, ma fille ne fera jamais ça, mon fils ne touchera pas à cela, moi, je vais être autoritaire et elle va m'écouter, c'est la faute des parents si l'enfant est comme ça, etc. D'accord, ce n'est pas à l'État de s'en mêler, mais ne mettez pas toute la faute sur le dos des parents.

On fait ce que peut comme parent, pas ce qu'on veut. La réalité de 2012 n'est pas celle de 1912. Si l'enfant ne veut rien savoir, tu as beau l'inscrire à des cours de soccer, de karaté, de natation, de dessin, de macramé ou de peinture à numéro, ce sera un échec. Tu as beau le forcer à manger autre chose que de la junk food, tenter de le sortir du sous-sol, si l'enfant ne veut rien savoir, ça va être la guerre à la maison. Est-ce une vie de se chicaner tout le temps avec son enfant? Non.

Deux anecdotes : la nièce de mon ex a 2 enfants. Une fois, je me suis ramassé avec la floune dans les bras. 3 ou 4 petits galops et hop, elle était partie!

Quand j'ai été chercher mon fils à la gare du Palais, un flo n'arrêtait pas de pleurer. J'ai presque couru pour embarquer dans mon auto, mettre de la musique et partir.

J'aurais aussi aimé avoir une fille. Avoir le couple, quoi! Mais je n'ai plus la patience pour cela. Recommencer aux couches, à me lever aux 4 heures, être l'otage des gardiennes de la CSN, la poussette, le banc pour bébé, etc. Sans oublier la pression de la direction de l'école, l'intervention des lologues, la DPJ, les mauvaises enseignantes (oui, oui, ça existe!), etc. Juste y penser et ça me décourage. Mon fils aura 13 ans cet été, celui de ma blonde 14 ans dans quelques mois. On recommence à peine à vivre. Je lève mon chapeau à ceux et celles qui ont des enfants très tard dans leur vie parce qu’honnêtement, je ne le ferai pas. Oui, j'ai perdu la fibre paternelle.

7 commentaires:

  1. C'est triste, ce que tu racontes. Je m'émerveille chaque jour devant ma fille et les apprentissages qu'elle réalise et j'en parle sur Facebook parce que c'est mon quotidien et que j'en suis fier, et j'espère pouvoir continuer à le faire longtemps. Je suis de ceux là. Mais je sais aussi que les enfants sont souvent très près de précipices qui peuvent les faire changer du tout au tout. On a beau être vigilant, il y a une certaine partie hors de notre contrôle. L'important, c'est de les aimer et d'essayer de leur donner le meilleur de nous-mêmes.

    RépondreEffacer
  2. J'adore mon fils, ce n'est même pas une question.

    Je me suis rendu compte que les jeunes enfants, je n'étais plus capable de m'émerveiller devant un sourire, un regard, etc.

    J'en ai tellement bavé avec le mien et ce n'est pas fini, au contraire, que je crois que ça a brisé mon innocence. J'ai l'impression d'être comme les personnes âgées devenues intolérantes. Peut-être quand je serai grand-père, ça va changer, mais j'ai encore du temps devant moi. Enfin, j'espère!

    RépondreEffacer
  3. Je ne suis ni parent ni proche de l'être, mais je peux dire que ce que tu as mentionné me touche quand même. Ce n'est peut-être pas forcément la fibre paternelle qui est partie, mais une passe de ta vie, tout dépend si ça fait un long moment que ça dure et que ça n'arrête pas, mais comme tu l'as dit, avec toutes les couleurs qu'il t'as fait voir, ça peut avoir joué sur ta "fibre".

    Plus j'entends ces paroles ou que je lis ces billets, plus je suis convaincu que les enfants, pour moi, seront prévus pour la prochaine vie... mais pas par haine, peur ou dégoût: lorsque la société aura cessé de considérer l'enfant comme un futur client, un payeur de taxe, que les parents pourront cesser de comptabiliser les revenus communs pour considérer combien d'enfants ils peuvent se "payer" (oui, oui, le terme est exact), alors là je considérerai en avoir... et le fait de ne pas avoir du tout envie de prendre ce type de responsabilité, de traverser cette étape de ma vie, et plus encore, disons que ça n'est pas envisageable pour moi...

    J'ai un énorme respect pour les parents qui choisissent cette voie et parviennent à continuer dans cette route malgré la dureté du chemin emprunté par les aléas de la vie. Donc Benoît et M, prenez mon admiration pour acquise...

    RépondreEffacer
  4. Ça fait quelque temps que je ressens cette impatience et cette indifférence, mais ça m'a frappé en dimanche lors du Super Bowl. J'étais chez des amis et un couple avec une fille de quelques mois. Maman n'arrivait pas à la faire dormir. Alors, au lieu de profiter de la soirée, maman se tortillait à gauche et à droite, donnait le biberon et quand elle a réussi à l'endormir, bébé s'est réveille 10 minutes plus tard. Je me disais qu'elle n'avait pas le temps de s'amuser, bébé accaparant toute son attention.

    Des fois, bébé peut briser un couple plus qu'il peut l'unir et j'ai quelques exemples en mémoire que je ne citerai pas.

    Ça m'a aussi frappé lors de mon voyage au Mexique. Je trouvais ridicule l'idée d'amener bébé dans le Sud. Premièrement, dans l'avion pour se rendre à Riviera Maya transformée en garderie pour l'occasion.

    Ensuite, en voyant ces jeunes couples se promener avec bébé dans les sentiers de l'hôtel. J'espère que papa ne s'attend pas à des soirées torrides et veiller jusqu'aux petites heures du matin. Les parents devront vivre au rythme de bébé. Quand bébé pleure parce qu'il a fait, donne-lui son biberon. S'il pleure parce que sa couche est pleine, change la couche. S'il régurgite sur ses vêtements, retourne à la chambre l'habiller. Sans compter toute la logistique d'amener la poussette, les couches, les biberons, les cannes de lait, les vêtements, etc.

    Parent, c'est un job à temps plein et à vie.

    RépondreEffacer
  5. C'est peut-être aussi pour ça que je ne me vois pas décerner le rôle de sitôt... je n'aime pas l'idée de "devoir" me plier aux exigences extérieures d'une autre personne, je n'ai jamais aimé ça de ma vie depuis que je suis haut de même (la main est à quinze pouces du sol), et je crois que ça me rendrait dingue parce que je suis capable d'accepter une certaine forme de quotidien, mais pas au point d'être régis à la minute près. C'est mon indépendance qui hurlerait et ça détruirait n'importe quel couple dans lequel je serais... j'aime autant l'admettre tout de suite, ça va éviter des problèmes potentiels.

    RépondreEffacer
  6. @Esbé77 Est-ce que je t'ai parlé de l'histoire du permis de conduire? Sinon, rappelle-moi le vendredi, tu vas défriser1

    RépondreEffacer
  7. En effet, tu ne m'en as pas parlé... du moins pas que je sache...

    RépondreEffacer