samedi 28 janvier 2012

L'État contre les jeunes, comment les baby-boomers ont détourné le système - Éric Duhaime

Le polémiste coloré et convaincu Éric Duhaime défend les idées d'une droite politique très attachée aux libertés individuelles, celle que les Américains appelle " libertarienne ". Dans ce livre, il nous offre sa réflexion sur ce que devrait être les vrais enjeux pour que le Québec redevienne fier collectivement et compétitif économiquement.

Ceux et celles qui suivent moindrement les vrais chroniqueurs de droite se reconnaîtront dans ce petit livre d'un peu plus de 160 pages. L'ouvrage débute, après l'introduction, avec une explication très juste du lourd déclin démographique que le Québec vit et va vivre dans les prochaines années. Ce n'est pas un secret pour personne, les baby-boomers ont crée et ont profité de plusieurs programmes sociaux, devenus des vaches sacrées, et qui, quarante ans plus tard, sont devenus désuets et enfoncent le Québec dans un déficit économique gigantesque pour le peu de population que nous sommes.

Le gouvernement actuel et ceux passés ont manqué de courage pour faire des réformes majeures afin d'assainir les finances publiques. Pour maintenir le cap, les tarifs augmentent. Taxes, frais divers, impôts déguisés en Hydro-Québec ou la S.A.Q., frais de scolarité, etc. Le Québec gris refuse de voir ses beaux programmes être coupés, car cela risquerait de diminuer son niveau de vie à la retraite. Alors qui paie? Les jeunes des générations X, Y et Z.

Et ces derniers n'auront pas le privilège de profiter des mêmes avantages, toutes les caisses seront vides quand ils auront atteint l'âge de la retraite, s'ils peuvent la prendre.

Pourquoi les gouvernements s'occuperaient des jeunes, ce sont les vieux qui votent, qui permettent la création d'un gouvernement majoritaire. Ce sont eux qu'on doit gâter. Les jeunes sont désillusionnés par la politique et cela se comprend.

Pour expliquer sa vision, Duhaime utilise un thème par chapitre. Finances publiques, régimes de retraite, santé, éducation, ressources naturelles pour ne nommer que ceux-là. Chaque chapitre contient des statistiques et malheureusement pour nous, il s'agit de la triste vérité du Québec de 2012.

Si vous avez lu ou entendu Éric Duhaime, vous savez qu'il blâme souvent les syndicats pour leur lobbying et leurs actions politiques. Les cotisations pigées directement sur la paie des membres ne servent pas toujours à les défendre. Bien sûr, dans les années 60 et 70, les employeurs abusaient des travailleurs, les syndicats travaillaient pour leurs membres. Maintenant, avec un montant de 850 millions perçu annuellement par les syndicats, ils peuvent dépenser sans compter et sans rendre de compte. Étant moi-même impliqué dans un syndicat, j'avoue que je ne suis pas en désaccord avec certains points surtout la lourdeur de l'administration.

Le Québec semble favoriser les immigrants de langue française, originaire surtout du Maghreb. Encore là, il s'agit d'une grave erreur puisqu'en acceptant selon la langue, on ignore les compétences et force ces gens à vivre de l'aide sociale ou d'emploi mal rémunéré. Seuls, les immigrants se regroupent souvent autour d'une Mosquée ou d'un groupe d'intégration afin de trouver d'autres gens comme eux. Le Québec a accepté des dirigeants islamiques extrémistes bannis dans leur pays d'origine, juste parce qu'ils parlent français, c'est tout dire... Nous n'avons pas le moyens d'accueillir ces gens qui vivront aux mamelles de l'État, encore moins de se priver de gens compétents dans certains domaines.

Ajoutons à cela les corporations bien structurées qui reçoivent des subventions pour des causes obsolètes ou qui intéressent une minorité.

J'aimerais aussi souligner que le Québec a un problème de dépenses, pas de revenus.

Comme pour le livre de Joanne Marcotte, le livre d'Éric Duhaime amène un triste constat et une désolante réalité. Par exemple, les baby-boomers ont été la génération la plus polluante et maintenant, ils bloquent le développement économique du Québec au nom de l'environnement.

Fini le statu quo, il faut passer à l'acte! Si le Québec était un pays, il serait le 5e le plus endetté. Les cerveaux s'exilent dans des provinces ou État où les taxes et la bureaucratie n'embourbent pas la vie quotidienne. Nous méritons mieux que cela et j'aimerais tellement redevenir fier de mes racines.

Intéressé? Acheter ce livre ici.

1 commentaire:

  1. L'impression que tu me donnes, c'est que son analyse est un peu courte. Je préfère considérer que la faute des baby-boomers est double, et qu'elle n'a pas grand-chose à voir avec les programmes en tant que tels ou leur création. Souvenons-nous que les baby-boomers les plus âgés avaient 24 ans environ lors de la création de l'assurance-maladie, par exemple (et les plus jeunes, cinq ou dix ans). Ce ne sont donc pas eux qui ont voté en majorité pour la création des programmes sociaux les plus communément mentionnés. L'assurance-maladie date de 1970, la Régie des rentes du Québec de 1965, etc. Si Duhaime affirme que les baby-boomers ont créé ces programmes sociaux, c'est qu'il ne sait pas compter.

    En revanche, on peut blâmer les baby-boomers pour deux choses.

    1) les programmes sociaux des années 60 et 70 n'étaient pas déraisonnables du point de vue financier dans le contexte de l'époque, mais ils étaient fondés, jusqu'à preuve du contraire, sur certaines hypothèses en ce qui concerne l'espérance de vie et le nombre d'enfants des générations à venir; or, les baby-boomers n'ont pas fait assez d'enfants.

    2) de plus, les baby-boomers ont assisté sans rien faire à l'allongement de l'espérance de vie ; lorsqu'ils ont été au pouvoir (depuis 1976, mettons), ils n'ont pratiquement pas accepté ou voulu qu'on corrige les programmes sociaux pour tenir compte de cet allongement de l'espérance de vie.

    De temps en temps, je me dis que les baby-boomers qui n'ont pas eu d'enfants devraient payer une taxe additionnelle...

    Cela dit, la dernière fois que j'ai examiné les projections officielles, il m'a semblé qu'il fallait faire attention en parlant de caisses vides. Certaines caisses seront vides d'ici quelques années, oui, mais il sera encore possible de payer des pensions en faisant payer directement les générations encore au travail. Ceci alourdira les charges, mais pas démesurément. Ces générations accepteront-elles de payer? C'est ce qu'on verra...

    RépondreEffacer