mardi 24 janvier 2012

Le maître des âmes - Irène Némirovsky

À Nice, en 1920, Dario Asfar, un immigrant de sang italien-grec en terre française pratique un avortement clandestin sur une aventurière américaine pour récolter un peu d’argent et sauver de la famine sa femme et son fils. Cela ne dure qu'un temps. Il doit maintenant quêter de l’argent parmi ses contacts  pour survivre, mais sa recherche demeure infructueuse. Pour régler ce problème, Dario a l’idée d’utiliser une nouvelle théorie psychanalytique. De ce succès apparaîtra des amis et des ennemis.

L’auteure, assassinée à Auschwitz en 1942 nous raconte avec détails et brio la vie d’immigrants pauvres dans un contexte économique difficile. Dario offre ses services à tout le monde et souvent ses clients n’ont pas les moyens de le payer. Cela affecte ses finances personnelles, il ne peut pas apporter d’argent à la maison et acheter de quoi manger et se loger.

Il se promène d’un richissime à un autre en les suppliant de lui prêter de l’argent pour payer le loyer. Jusqu’au jour où sa nouvelle technique psychanalytique guérit certaines personnes bien placées et en vue.

Il déménage à Paris où son succès ne fait plus aucun doute. Une dizaine d’années plus tard, Dario est riche, mais ses confrères le traitent de charlatan. Ils n’ont pas tort. Dario manipule la pensée humaine pour amener son client à croire qu'il est indispensable à sa vie.

Le récit est précédé d’une préface de 17 pages nous raconte la vie de l’auteure. Très intéressant ce constant interne de la France à quelques mois de la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, l’aide sociale ou l’assurance-emploi n’existaient pas. Vous deviez quêter ou voler pour survivre. On le sent durant toutes les pages jusqu’à ce qu’on nous parachute 13 ans plus tard et qu’on assiste au succès du métèque.

Par souci de conserver la vérité historique, l’éditeur a gardé les répétitions et les scories. Belle initiative!

Par contre, la façon poétique, presque théâtrale de l’écriture m’a quelque peu agacé. Comme si ce français international était si bien écrit qu’on le superposait à la poésie.

Le maître des âmes est un bon livre. Je ne l’ai pas dévoré comme d’autres titres, mais l’aspect pauvreté et ensuite hautain de la classe riche se distingue des biens des livres où l’auteur semble méconnaître son sujet.

Acheter ce livre.

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