jeudi 30 juin 2011

La fille de papier - Guillaume Musso


Après une rupture amoureuse avec une vedette internationale, un écrivain à succès sombre dans la déchéance. Une jeune femme surgit dans sa vie et prétend être l’héroïne de son roman. Ils passent un accord, elle l’aide à reconquérir l’amour perdu, il doit la retourner dans son monde de fiction.

Quand vous commencez à lire ce livre, vous êtes incapable de vous arrêter. La preuve, le premier soir, j’ai lu 175 pages et j’ai arrêté parce que je devais me coucher.

Guillaume Musso a un talent fou pour vous tenir accrocher à son histoire. Riche en rebondissements, jamais on ne s’ennuie dans La fille de papier.

Cependant, je dois l’avouer, les 100 dernières pages semblaient tourner un peu en rond et mon intérêt diminuait parce que l’auteur avait quitté ce que le lecteur, moi, veut savoir : qui est cette fille? Est-elle vraiment ce qu’elle prétend?

J’ai eu de la misère avec le choix des deux narrations. Quand nous suivions Tom Boyd, le personnage principal, la narration au « je » nous mets dans sa peau, dans sa tête. Quand il s’agit de Milo ou d’un autre personnage quelque part sur la planète, le « il » est utilisé. J’aurais aimé que Musso choisisse le « il » pour tout le monde. Pour moi, ça a causé un certain éloignement envers le récit et les personnages.

Parce que nous devons connaitre l’évolution d’un certain objet, Musso nous propulse aux 4 coins du globe avec, chaque fois, un nouveau personnage, son passé et son présent. Cela m’a paru un peu lourd, quoique j’en comprends l’utilité.

Le rebondissement final est sublime, mais la conclusion mièvre et prévisible m’a déçu. Le genre tout et bien qui finit bien n’est pas mon préféré surtout quand on le voit venir.

Quoi qu’il en soit, je vous conseille d’acheter ce roman mélangeant fantastique et réalité. Si, comme moi, vous aurez hâte de continuer la lecture, l’auteur aura donc accompli son travail! Je l’ai lu en 4 jours et c’est parce que j’avais d’autres occupations! Une chose est sûre, je veux lire un autre titre de Guillaume Musso!

Acheter ce livre.

***

Petite réflexion hors critique. Cela fait quelques mois, si ce n’est pas des années que je me questionne sur ce point. Je suis capable de voir ce qui me plait ou non dans un roman, mais dans mes propres histoires, j’ai de la difficulté à le faire. Pourtant, je n’ai que 5 publications et aucun roman, mes idées ne semblant plaire à aucun éditeur.

Visiteurs, amis écrivains, amies écrivaines, est-ce que ce même phénomène se produit quand vous écrivez? Pouvez-vous vous détacher assez de votre récit, enlever des bouts, en ajouter, dire un évènement d’une façon différente, etc. Demandez-vous chaque fois conseil à votre comité de lecture personnel?

Je ne crois pas être celui fermé à la critique, mais je me demande des fois pourquoi je peux critiquer des romans ou des textes d’atelier d’écriture, mais que je ne parviens pas à m’autocritiquer suffisamment. Manque d’expérience? Manque de sérieux? Manque d’attention?

J’aimerais bien que vous preniez 3 ou 4 minutes de votre temps pour m’expliquer votre procédure personnelle. J’aimerais avoir plus que les 2 messages de mes commentateurs les plus assidus!

lundi 27 juin 2011

Loi spéciale et amertume

Il fallait bien que les conservateurs soient majoritaires pour qu'éclate notre conflit de travail et qu'on voit le vrai visage du premier ministre Harper.

Cet homme m'a toujours laissé indifférent, dans le sens qu'il dirigeait les choses avec entêtement (avec un sabordement de tout ce qui est culturel), mais son gouvernement avait pris de bonnes décisions à quelques occasions comme celle pour éviter (ou du moins amoindrir) la récession.

Triste chose que de voir notre droit à la négociation bafoué de la sorte. Depuis le début des négos en octobre 2010, Postes Canada n'avait qu'une réponse à offrir et c'est « non ». Jamais l'employeur ne s'est montré préoccupé d'obtenir un règlement négocié, il savait que le gouvernement voterait une loi spéciale le favorisant sur tous les aspects.

Un juge, nommé par Postes Canada, devra maintenant trancher sur la convention collection à adopter, l'employeur ou le syndicat. D'après vous, est-ce que les dés sont pipés?

Dans ce filibuster, le NPD m'a impressionné. De plantes vertes, ils sont passés à députées et députés dynamiques. Hormis montrer qu'ils sont contre, cela n'a servi à rien. Bravo quand même!

Je retourne au travail demain et cela me fera le plus grand bien de ne plus entendre parler de conflit de travail. Mes problèmes de ma vie privée semblent réglés, quoique je suis en réflexion sur la saison été de dekhockey , et la seule chose que je n'avais pas de contrôle est terminée. Espérons que ma tête va se libérer un peu, que je vais partir moins souvent dans mes pensées, que je vais me remettre à écrire un peu plus, bref, profiter de la vie. Parce que ces dernières mois, c'était loin d'être le cas.

Ceci est mon dernier billet à ce sujet.

samedi 25 juin 2011

Les absents ont tort

J'écris ce message et j'ai encore le couteau entre les dents. Comme l'an passé, nous avons mangé une ******* de volée au dekhockey.

Mais cette fois, sans viser quelqu'un en particulier (ça aurait mieux de viser le but, mais bon), je me demande pourquoi l'équipe n'est jamais complète, qu'il y a toujours 4 à 5 absents chaque match. 1 ou 2 absents de temps en temps, je comprendrais, mais 6, comme au dernier match, c'est ridicule et le match pathétique.

Je ne suis plus capable de manger de volée, j'ai refusé de serrer la main à la fin du match, c'est moi qui veut botter des culs, nous jouons dans une catégorie trop forte pour nous.

Je ne voudrais pas être à la place du capitaine et s'il se tanne, je le comprendrai mille fois. D'ailleurs, ce n'est pas rare qu'il m'appelle en désespoir de cause pour que j'essaie de rejoindre du monde, du monde qui disent toujours non... ou presque!

Nous sommes dans une catégorie trop élevée, nous sommes trop faible quand l'équipe est incomplète et surtout, les joueurs ne se présentent pas. Pourquoi s'inscrire dans une ligue et manquer régulièrement? Pourquoi les autres équipes semblent pouvoir rassembler leurs joueurs et pas nous? La Saint-Jean? C'était la même fête pour l'adversaire et ils étaient complets.

Mais la question demeure, pourquoi donner son nom et manquer aussi souvent?

vendredi 24 juin 2011

Drôle de photos

Le portail MSN révélait dernièrement l'adresse d'un site web qui affiche des photos de famille comiques ou bizarres.

Le lien est ici.

mercredi 22 juin 2011

Grosse journée!

Je vous écris ce billet et j'ai de la misère à garder les yeux ouverts!

Aujourd'hui, j'ai participé en tant que membre de l'exécutif syndical de Québec à une grosse manifestation au bureau de la rue Hugues-Randin à Québec. Nous avons marché jusqu'à un petit viaduc surplombant l'autoroute de la Capitale pour se faire remarqué par les automobilistes.

On avait l'impression que tout le monde nous en voulait pour ce lock-out, mais on dirait que le vent a changé de côté. Comme des vautours qui se dégustent de la carcasse d'un animal mort, les villes, compagnies qui utilise la poste et autres recommandent de s'inscrire sur Internet.

J'aime bien Internet, mais est-ce que la technologie va tout détruire? Musique, film, courrier, livre, journaux, etc.?

Ensuite, quelques membres de l'exécutif dont moi-même sommes montés à Lévis manifester lors d'une conférence de presse de Steven Blaney, député fédéral de Lévis-Chaudière-Appalaches. Nous sommes entrés et le ministre a rencontré le président, le 2e vice-président et un permanent syndical de la région du Québec. Ils ont discuté pendant environ 30 minutes.

Monsieur Blaney a accepté de répondre à 3 (pas 1 de plus) questions des employés et employées présents et nous a servi un discours de politicien qui veut tout dire et rien dire en même temps. Je devrai le visionner et peut-être le mettre sur YouTube, j'ajouterai le lien sur mon blogue.

Radio-Canada, TVA, le journal de Québec et le Soleil couvraient l’évènement. Peut-être va-t-on me voir la face aux bulletins de nouvelles de 18h!

L'activité s'est déroulée dans l'ordre, la discipline et aucun geste déplorable n'a été commis.

Bravo à tous les participants et toutes les participantes!

lundi 20 juin 2011

Le loup du sanatorium - Mathieu Fortin


Dans un petit village où il y a un vieil hôpital abandonné, des jeunes s’y aventurent pour se donner un peu d’adrénaline. Adrien a un talent particulier, saura-t-il contenir ses pulsions?

Dès le début, ce petit roman de moins de 80 pages défile à vitesse hallucinante. Pas le temps de prendre une pause, de répondre au téléphone, de se préparer un café, chaque ligne nous incite à lire l’autre!

L’auteur nous présente ses personnages avec justesse et exploite l’intrigue avec brio. Le passé, le comment que tout cela est arrivé, nous permet de bien comprendre ce qu’est Adrien et ce que sont ses pouvoirs.

Quoique bien amené, j’ai trouvé les explications trop courtes, ce qui, à mon avis, aurait été un plus pour la compréhension du récit. L’action commençant dès les premières pages, le rythme change brutalement les chapitres suivants. Pour un lecteur qui aime les scènes d’action, c’est décevant.

Contrairement au novella que j’ai lue, le récit du Loup du Sanatorium est complet, sans longueur ou détails insignifiants. L’auteur nous dit ce que nous devons savoir et ce, toujours au bon moment.

Le loup du Sanatorium a été pour moi une belle découverte. De plus, dédicace à l’appui, j’ai le privilège d’avoir le premier numéro de la seconde édition! Mathieu Fortin est l’un des auteurs que j’aime lire et tant mieux, il est prolifique!

Acheter ce livre.

samedi 18 juin 2011

J'étais médecin dans les tranchées - Louis Maufrais


Le récit invraisemblable d’un médecin militaire pendant la guerre 14-18. Il a participé aux 4 ans du conflit. Il nous raconte, impartialement, la vie dans les tranchées et les postes de secours, l’endroit où les brancardiers amenaient les blessés pour qu’ils soient soignés.

L’histoire est écrite par Martine Veillet, journaliste et petite-fille de Maufrais. Elle a consacré 5 années d’enquête afin de décrypter les voix, identifier les témoins, vérifier les faits et anecdotes racontés.

Ses explications sous forme de notes de bas de page enrichient cet ouvrage puisqu’elle nous informe sur l’endroit et les dates de décès des compagnons du médecin. Ici, aucun soldat inconnu. Tous ont un nom, un visage, une réalité.

L’ancien combattant, alors âgé et presque aveugle, a raconté son aventure sur des enregistrements qu’il a confiés à sa descendance. Son récit était accompagné de photos datées et authentifiées qu’il a prises dans les tranchées et de lettres qu’il a écrites et conservées. À quelques reprises, Maufrais explique que lors d’attaques allemandes où les soldats ennemis apparaissaient dans les tranchées, il détruisait toutes les lettres qu’il avait en sa possession et mettait son brassard de la Croix-Rouge.

Saviez-vous que les soldats avaient l'interdiction de retirer leurs bottes dans les tranchées?

Imaginez cette boue qui vous avale tel du sable mouvant, ralentissant vos déplacements, vous glaçant les os.

Les soldats blessés sont triés, pour la plupart mourants et décèdent peu de temps après. Les obus, de plus en plus performants pour le combat de tranchées, pénètrent dans le sol et explosent à cet endroit. Souvent, quand l’obus fait mouche, il ne reste que lambeaux de chair et vêtements du soldat.

Maufrais a reçu plusieurs distinctions. Vers la fin du livre, il reçoit une promotion  et quitte les tranchées pour travailler dans les ambulances, beaucoup moins dangereux. À cette date, il était l’un des plus anciens soldats de toute l’armée française.

Le médecin a travaillé sur les plus grands lieux de combats de la Première Guerre mondiale comme Verdun et la Somme. Il s’est lié d’amitié avec des gens qui, pour la plupart, sont tombés au combat.

Lors du défilé de la victoire sur les Champs-Élysées, le 14 juillet 1919, il ne ressent aucune satisfaction, aucune émotion.

À la fin de la guerre, un soldat allemand blessé lui a avoué dans un français parfait, qu’en réalité, c'est l’Allemagne qui a gagné la guerre. L’Histoire nous enseigne la suite...

Un excellent livre qui complète à merveille L’ordre du jour et La peur, deux livres écrits par un soldat de chaque clan. Si ce conflit vous intrigue, vous avez, avec ce récit, la chance de connaître les horreurs vécues par un de ceux qui devaient atténuer la douleur et faire des miracles avec tout ce qui manquait, comme l’eau et les médicaments.

Acheter cet incontournable ici.

mercredi 15 juin 2011

Lock-out national

Désolé de vous tanner avec ça, mais je carbure qu'à l'adrénaline et ce sujet revient sans cesse dans mon quotidien.

Avant hier, le téléphone a sonné jusqu'à 21h sans compter le clavardage facebook!

Hier, j'ai tout débranché, mon défi, je ne parle pas de conflit de travail pendant 24 heures.

À mon réveil, j'apprends le lock-out national décrété par Postes Canada.

Depuis que je suis au local du syndicat, les 3 lignes téléphoniques sonnent sans arrêt.

Faudrait qu'un jour j'écrive une nouvelle à ce sujet, pour le moment pas vraiment le temps ni la tête à la fiction :-(

Premier mandat assez rock n roll, est-ce cela qu'on appelle l'expérience?

samedi 11 juin 2011

Décompression

La pression a diminué, le stress aussi. La grève de 24 heures à Québec s'est déroulée dans le calme et avec une discipline exemplaire. Nous sommes 7 membres de l'exécutif, mais hier nous étions seulement 5 actifs à Québec.

L'un est en comité de syndic national et l'autre marche St-Jacques-de-Compostelle en France. Je me suis rendu compte assez rapidement qu'on nous n'étions pas assez, nous avons dû prendre les bouchées doubles.

Un seul mot revient dans la bouche des membres : argent. Les gens regardent que le présent, l'avenir ne les intéressent pas. Je n'élaborerais pas.

J'espère que les deux comités de négos vont se parler sérieusement et cesser ce petit jeu.

Pendant le 24 heures de piquetage, j'ai visité 4 bureaux de facteurs et j'ai discuté avec les membres le temps qu'il fallait (environ 45 minutes chaque endroit). J'ai répondu aux questions au meilleur de mes connaissances et je crois que ma présence a été appréciée.

Le président était brûlé, il n'a pas dormi pendant presque 35 heures. J'ai donc pris la relève pour répondre au téléphone quand les journalistes appelaient et j'ai même accordé une entrevue à un journaliste de Radio-Canada. La caméra à 10 pouces de la face et le micro sous le menton! Ça m'a rappelé le bon temps de mes vidéoclips!

J'avais quand même le shake, je sentais ma jambe gauche trembloter. Finalement, comme je le soupçonnais, le journaliste a conservé 10 secondes de 15 minutes! Pas grave, il était sympathique! Le plus drôle c'est que ce n'est pas moi qui devait parler aux médias, mais le président et le premier vice-président, mais ce dernier est au syndic.

On reconnaît les leaders et ceux qui s'impliquent dans ces moments-là. Je suis très satisfait de moi! Tirez vos propres conclusions. Pour ma part, je peux dire : mission accomplie!

jeudi 9 juin 2011

Québec et Kitchener, grève de 24 heures

C'est officiel, je vis la première journée de piquetage de ma vie. Ce n'est pas tout à fait vrai, je vais la vivre comme membre de l'exécutif et du comité de grève.

J'espère de tout coeur que cela se règle, c'est incroyable la propagande et le stress! Il faut prendre beaucoup de monde par la main et les gens sont prêts à signer n'importe quelle offre pour ne pas perdre un sou.

Préjugé? Pas vraiment, je l'ai vécu, je peux donc l'affirmer!

Lire et surtout écrire, ça commence à être compliqué!

mercredi 8 juin 2011

Les points en litige

Peut-être que vous en avez plein votre casse que je vous parle de la présente période de négociations, mais je vois tellement de commentaires désobligeants de gens qui ne connaissent absolument rien nos revendications et l'offre de Postes Canada, que je veux, par la petitesse de mon blogue, expliquer les points en litige. Voici quelques points importants.


  • L'employeur veut changer le programme de maladies actuel par un programme d'assurance invalidité de courte durée géré par un organisme externe (Manuvie). Postes Canada accordera 7 jours en congé personnel. 5 de ces 7 jours pourront être reportés l'année suivante ou payé en argent. La personne malade recevra une paie amputée de plusieurs centaines de dollars. Si Manuvie refuse la maladie, la formule actuelle ne permet pas au syndicat de contester par grief. L'employé pourra appeler de la décision, mais il pourrait arriver que ce soit le même agent qui examine le dossier. S'il a refusé la première fois, croyez-vous qu'il changera d'opinion la seconde fois? Il ne restera à l'employé que des recours judiciaires longues et coûteuses.
  • Les gens se demandent pourquoi le STTP demande un salaire, une pension et des avantages sociaux semblables pour les nouveaux employés. Ne croyez-vous pas que nous retournons en 1970 quand les femmes gagnaient moins que les hommes pour un travail identique? Au Québec, une telle clause protège les futurs employés, Postes Canada doit se conformer au Code canadien du travail et cette clause n'existe pas.
  • Avec l'arrivée de la poste moderne, le travail du facteur sera complètement transformé. La méthode à 2 liasses (poste-lettre dans la main et revue et grands formats sur l'avant-bras) provoquera des maladies professionnelles comme les tendinites, les bursites et autres. Sans oublier que les facteurs et factrices marcheront plus de 6 heures dehors chaque jour, le temps de tri éliminé grâce à la machine. Le STTP veut un plan concret en santé et sécurité pour protéger les membres. 
  • Un salaire décent, nous ne gagnons pas 26$ de l'heure. Nous sommes dans la classe moyenne et comme vous, l'impôt nous enlève la moitié de notre paie. Facile de dire que nous sommes des bébés gâtés quand la seule source d'information sont les journalistes. Méfiez-vous d'eux!


mardi 7 juin 2011

Le quartier des oubliés - Madeleine Robitaille


Un autobus est détourné par des hommes armés vers un lieu perdu, presque inaccessible. Ils transfèrent les passagers dans la carcasse d’un vieil autobus jaune aux fenêtres barricadées et les abandonnent à leurs sorts.

Environ 35 personnes, majoritairement des gens du troisième âge, mais aussi un nouveau-né, des ados et certains dans la fleur de l’âge. Tous ces gens se retrouvent coincés dans l’autobus scolaire. À l’extérieur, des dobermans montent la garde.

La force de ce récit réside dans le court laps de temps dont les événements se déroulent. La panique, la démence, le dégoût, la résiliation n’importe quel un mot dédié au désespoir sied bien à cette histoire. Si vous avez le cœur sensible, abstenez-vous! Les personnages baignent dans l’urine, les excréments, la déjection de cadavres et doivent combattre l'asphyxie et les odeurs pestilentielles.

Le rythme est bon, l’histoire est bien racontée et l’auteure sait nous tenir en haleine, aucun doute là-dessus!

Pendant ma lecture, un seul mot me revenait sans cesse en tête : dégueu!

L'auteure raconte avec brio les sentiments de ses personnages. Là où j’ai de la misère, c’est la multitude de transferts d’un personnage à un autre. Je ne pouvais pas m’attacher à un personnage parce que l’on changeait tout le temps. Et avec des chapitres de 3-4 pages, ça va vite!

Peut-être suis-je le seul dans ma barque, mais moi, je n’apprécie pas ce genre narratif.

Aussi, la tornade est, à mon avis, totalement irréaliste. Cet évènement météo est très rare au Québec et que cela arrive à ce moment et à cet endroit précis fait « arrangé avec le gars des vues! »

Grosse déception : aucune information de la motivation du détournement. Très frustrant!

Malgré tout, ce thriller d’individus prisonniers dans un autobus m’a littéralement accroché. La preuve, je l’ai lu en 2 jours, 431 pages. Mission réussie pour Madeleine Robitaille!

Acheter ce livre.

lundi 6 juin 2011

Appel à texte

Continuons dans le même élan que mon collègue blogueur, Richard Tremblay.

Dans la revue le Libraire, bimestriel des librairies indépendantes, le tout nouveau site encore en construction, ruedeslibraires.com lance un appel à texte.

Nouvellistes nouveau ou confirmé, les sélectionnés auront leur nouvelle publiée en version téléchargeable sur ce site. De plus, la revue numérique rue des libraires attribuera à un auteur québécois le Grand Prix de la nouvelle numérique et une tablette Ipad.

Le thème de ce premier appel est « Vie de quartier ». 2000 mots maximum, à l'adresse revue@ruedeslibraires.com avant le 31 juillet 2011. Times new roman, 12 points, simple interligne le nom complet et l'adresse électronique de l'auteur ainsi qu'une notice bibliographique de trois à cinq lignes.

Aucune mention si la littérature du fantastique est acceptée ou non, mais les critères de sélection sont les mêmes qu'ailleurs; originalité, qualité et respect du thème.

Il est tard, mais c'est intéressant!

Je n'ai pas vu cet appel en ligne, seulement dans la version papier! Je viens de trouver le facebook de l'appel.

vendredi 3 juin 2011

Tout le monde sans solde

Depuis hier, les gens en vacances, maladie ou qui ont besoin de libération syndicale sont sans solde.

Les gens en vacances doivent revenir au travail. Les malades aussi. Pour ces derniers, comment l'employeur va-t-il interpréter ce retour comme une capacité de travailler? Les malades ne sont pas apte au travail, mais ils n'ont pas tous la sécurité financière. Pas très gentil comme décision...

Pour ma part, mes libérations syndicales sont maintenant toutes refusées. Même si je voudrais travailler au local, je serai discipliné parce que mon absence ne serait pas justifié. Tout pour nous mettre des bâtons dans les roues.

Certains diront que c'est de bonne guerre, d'autres diront que c'est un coup de cochon.

mercredi 1 juin 2011

Le métier de facteur


En ce risque de grève dès vendredi, Postes Canada fait beaucoup parler. Privatisation, coupures, syndicat, rien n'y échappe. À l'ère de l'Internet, il est facile de critiquer n'importe quoi, surtout quelque chose que l'on ne connait pas. Peu de gens connaissent le métier. Si mon texte parvient à modifier les préjugés d'une seule personne, j'en serai très heureux! Vous pouvez aussi faire suivre ce billet aux gens ou aux endroits pertinents.

Laissez-moi vous raconter mon travail quotidien :

Je commence à travailler à 6h30, d’autres commencent à 6h, 7h ou même 7h30, cet horaire est souvent attribué à une route temps partiel.

J’utilise mon chariot (C-2) et fais le tour des différentes aires de tri préparé par les commis durant la nuit.

Ce courrier parvient de l’établissement Léo-Blanchette parce que le centre de tri de Québec a été fermé voilà environ 4 ans.

Il est démêlé par rue, c’est-à-dire que les machines ont identifié les adresses comprises dans mon casier et ont dirigé ces lettres dans l’entasseur correspondant au numéro de ma route.

Casier de tri. Je vais tenter de photographier le mien pour avoir une meilleure image.

Je dois classer les lettres manuellement dans un casier dont les rues sont divisées en ordre alphabétique et se termine par les chiffres (1ere avenue, 25e rue, etc.). Chaque adresse possède une place physique dans le casier et une bande de papier indique chaque numéro de porte. Il arrive souvent des erreurs de classement mécanisées.

La dernière modification de Postes Canada est le changement d’adresse. Avant, je vérifiais si des lettres possédaient les noms et l’adresse des gens qui ont déménagé. J’envoyais le carton joint avec la lettre. Une personne attitrée recevait ces lettres, balayait le code à barres sur le carton et plaçait la lettre sous une machine qui appliquait un autocollant jaune avec la nouvelle adresse.

Postes Canada va changer cette habitude et les adresses seront écrites en noir directement sur la lettre. Cela a l’air banal, mais le taux d’erreur vient d’augmenter considérablement.

Si le changement d’adresse correspond à un Xpresspost, colis, messagerie prioritaire ou recommandée, je dois l’écrire à la main et remettre l’envoi au commis.

Les agents de mesure d'itinéraires de facteur travaillent à restructurer les itinéraires de facteur. Ils supposent que ceux-ci modifient leur façon d’attacher à l’intérieur pour terminer plus tôt à l’extérieur. On appelle ça « livrer en croisé ». Le facteur traverse la rue à chaque adresse à livrer afin de ne pas revenir sur ses pas et surtout éviter les dead walk.

L’agent de mesure d’itinéraire se fit uniquement à son ordinateur et consulte des statistiques douteuses. Une rumeur veut que Postes Canada retient le courrier pendant un recomptage des itinéraires d'un bureau. Pendant un recomptage, des gens sont payés pour compter le courrier à livrer dans chaque casier et ils les notent sur une feuille pour en faire une moyenne.

Il est fort à parier que cette tactique existe et est utilisée pour couper des routes puisqu’il y a « moins de courriers » pendant cette semaine-là. L’agent augmente alors le nombre de portes à livrer.

Tous les facteurs savent très bien que le taux de desserte (le pourcentage d’adresse de livraison à effectuer chaque jour) est de beaucoup inférieur à celui vécu quotidiennement. Cela peut varier de 45% (donné par l’employeur) à 80% (la réalité de l’employé).

Donc, je commence à trier la poste-lettre et termine par les lettres grands formats et les revues. Ce travail demande concentration et dextérité pendant environ 1h30. Ensuite, j’utilise un nouveau scanneur (qui n’est pas encore implanté dans toutes les stations) et je balaye mes items codes à barre (lettre recommandée, Xpressport, messagerie prioritaire, colis divers). Ensuite, je retourne une lettre à l’adresse où je devrai livrer un colis.

Ceci est un aide-mémoire.

Je suis prêt à ramasser ma route. Selon un directoire établi par Postes Canada et qui comprend sa part d'erreur, je dois suivre une séquence de chiffres dans le casier qui me dirigera sur mon trajet à l’extérieur. Pour m’aider (surtout quand on ne connait pas le casier), ces chiffres sont inscrits à l’extrémité gauche du casier et indique la rangée où est situé le chiffre que je recherche.

La plupart du temps, il y a de la médiaposte sans adresse (circulaire). Sauf exception, nous avons 3 jours pour effectuer la livraison complète. Tout dépend du format et de la demande du client.

Quand j’ai commencé ce métier, je livrais les circulaires aux portes qui recevaient du courrier, c’est-à-dire que je livrais partout où le client avait minimum une lettre la première journée. J’avais une deuxième tentative pour livrer la circulaire la seconde journée, sinon, la troisième, j’allais déposer la circulaire dans la boîte.

Depuis environ 3 ans, l’employeur a décidé d’implanter la « méthode des drapeaux ». Il y a 3 drapeaux de couleurs et un ruban adhésif a été collé dans les casiers pour identifier les adresses incluses dans cette couleur.

La route est séparée en trois parties. Chaque partie est représentée par une couleur différente. Chaque jour, la couleur change. Si c’est orange, je dois livrer toutes les sortes de circulaires à toutes les adresses qui apparaissent sous cette couleur dans mon casier. Si j’ai 4 sortes de circulaires différentes, je dois tous les sortir, à toutes les portes. Ceci amène un excédent de poids et de travail parce que moi, par exemple, quand j'avais plus de 3 circulaires, je n'en livrais que 2 dans les appartements pour les compléter le lendemain.

Personnellement, je ne classe aucune circulaire la journée précédente. La majorité des confrères et consoeurs les classent dans leur casier à leur retour de leur route. S’il y a 6 appartements, le facteur place 6 circulaires à l'endroit prévu, cela évite de le compter le matin et l'aide à partir plus vite.

Dans les secteurs à forte concentration de population, un itinéraire contient entre 800 et 2000 clients. 2000 = plus d’immeubles à appartements. 800 = tu marches un peu plus longtemps. En banlieue, les routes sont moins populeuses, mais plus longues à marcher. Les facteurs appellent ces routes des marathons!

Un facteur peut marcher entre 10 et 25 kilomètres quotidiennement. Selon la méthode, la livraison doit s’effectuer en U. Le facteur marche un côté de la rue, rendu au bout, il traverse et revient livrer l’autre côté.

Nous livrons chaque jour de la semaine et ce, malgré le temps froid extrême (-35), chaleur extrême (40 avec humidex), précipitation, fort vent, etc. Soyez honnête, combien de journées parfaites avons-nous au Québec? 10? Et nous sommes très chanceux!

Un facteur doit aussi affronter diverses situations. Vous n’avez pas idée comment les gens se moquent de l’entretien de leur entrée ou négligent par manque de volonté.

Un chien (poméranien, un chien laid en plus!) que je n’avais pas vu était en liberté sur son terrain. Il tournait autour de moi, grognait, les crocs en évidence. Sa maîtresse me criait qu’il n’était pas méchant. Il m'a mordu dès que je lui ai tourné le dos.

Vous connaissez votre animal, pas nous. Et un animal reste un animal, on ne sait jamais ce qu’il peut faire.

L’hiver, la saison la plus longue et la plus difficile, un facteur doit affronter votre entrée mal déneigée ou déglacée (quand ce n’est pas les deux). Le facteur peut tomber parce que les locataires d’un immeuble sont négligents et n’utilisent aucun abrasif. Quand on leur en parle, c’est toujours la faute du propriétaire… comme c’est toujours la faute de Postes Canada si une lettre n’est pas arrivée…

L’automne passé, je me suis foulé une cheville sur une pierre mal enfouie dans le sol parce que le propriétaire a négligé de ramasser les feuilles de ses arbres. 800 familles = 800 chances de blessure.

S’il fait tempête ou le mercure descend en bas de -40, l’employeur déclare une livraison restreinte. Dans ces cas-ci, nous livrons tous les items avec code à barres, les commerces et les immeubles à logements de plus de 14 logements. Honnêtement, nous en faisons toujours un peu plus.

Ma journée se termine quand j’ai livré à la dernière adresse de mon casier.

Clients, clientes, détrompez-vous, facteurs n’est pas une marche de santé. C’est beaucoup plus complexe que cela. La poste moderne que va nous imposer Postes Canada éliminera des milliers d’emplois et augmentera considérablement le nombre de blessures.

Présentement, je livre avec la méthode à une liasse. J’ai un paquet dans la main gauche (postes-lettre, grands formats et médiaposte ensemble) et les autres liasses sont dans ma poche. La nouvelle méthode sera ainsi : poste-lettres dans la main, grands formats sur l’avant-bras et circulaires dans la poche. Comment croyez-vous que cela fonctionnera lors d’une tempête? Ou lors d'une pluie torrentielle?

Clients, clientes, sachez qu’il n’est pas illégal de réclamer de meilleurs salaires et un emploi sécuritaire. Vous pourriez aussi critiquer les cols bleus de votre ville, mais iriez vous étendre de l’asphalte avec une chienne sur le dos quand il fait 35 dehors?

Gagner de l’argent signifie injecter plus d’argent dans l’économie. Le Québec est pauvre et la population semble croire que l’argent est sale. Encore là, je suis loin d'être riche puisque je me fais ramasser en impôts, taxes et tout le tralala!

Avec la menace de grève, je me suis rendu compte que les journalistes rendaient la nouvelle de façon erronée, alors imaginez comment il me bourre sur les sujets que je ne connais pas. Je voulais vous expliquer mon travail et non pas laisser n'importe qui le faire à ma place.