jeudi 22 décembre 2011

Mexique - Chichén Itzá


La deuxième excursion, V.I.P. (on ne rit plus!) nous amenait à Chichén Itzá, les fameuses pyramides Mayas. Trois heures de route qui nous arrêteraient pour le dîner dans un village mexicain, nager dans une grotte pour terminer dans une ville coloniale.

Nous avions choisi une journée avec un guide francophone dans le minibus et à Chichén Itzá.

Nous étions 8 Québécois dans l’autobus plus une famille de Chilien. Notre guide, Horacio, en a profité pour se délier la langue en espagnol puisqu’en français, il avait de la difficulté. Un monsieur du groupe a brassé notre guide en lui disant que c’était une excursion en français et que les francophones étaient majoritaires dans le minibus.

J’avais les genoux collés dans le banc en avant de moi et des fois, je devais me lever parce que j’avais trop mal à la jambe gauche.

Nous avons roulé jusqu’à une sorte de marché aux puces où nous pouvions acheter des cossins. Nous devions rester une vingtaine de minutes, mais nous y sommes presque restés 1 heure parce que nous attendions l’autre minibus de francophone. Personnellement, je trouve que c’est une erreur, car les cossins mexicains c’est après ma visite que je veux les acheter, pas avant.

À la longue, toutes les bébelles se ressemblent

Remarquez qu'aucun vendeur n'est proche de moi pour me solliciter
Honnêtement, tous les bidules mexicains se ressemblent. Chapeaux, bijoux, pyramides ou calendrier mayas, la seule différence est le prix. Je me promenais dans les allées quand j’ai remarqué qu’une femme me suivait partout où j’allais. Si je touchais à quelque chose, et c’est bien là le malheur d’être touriste, on te saute dessus pour que tu achètes. T’as beau dire « I’m just watching. », ils vont baisser le prix et te harceler. J’ai rejoint mon groupe à l’extérieur avant que cela m’arrive. Lorsque nous étions prêt à partir, on a dû attendre 10 minutes la famille chilienne et nous les avons tous applaudis quand ils sont entrés dans le minibus. Avait-il compris le message?

Après un autre 30 minutes de route, nous arrivons enfin à Chichén Itzá. Dès notre arrivée, on s’est fait solliciter. Moi, je voulais juste voir la pyramide et avoir la paix! On entre dans un bâtiment, reçoit nos billets, Horacio va voir la caissière pour s’assurer que tout est en règle et finalement, nous sommes prêts pour notre visite.

En déposant le pied dans l’allée terreuse, on s’est fait solliciter pour acheter des cossins. Aux 5 minutes, un marchand soufflait dans une sorte de pipe qui imitait le cri du jaguar. Je vous avoue qu’après 1 heure, je rêvais d’enfoncer cette pipe dans la gorge d'un souffleux!

Voici le côté non rénové (c'est voulu). Quand même impressionnant
On nous présente notre guide, les touristes des deux minibus de langue française se rejoignent et on arrive enfin à la pyramide. Première grande déception, même si je comprends la raison, l’accès à la pyramide est interdit. Dans le passé, il y a eu des graffitis, vandalismes, certains ont pris des morceaux de pierre, etc. Donc, nous sommes condamnés à écouter notre guide qui nous parle comme si elle récitait un exposé devant un groupe du secondaire. Elle est drabe, drabe, mais drabe, c'est épouvantable. Chaque virgule et chaque point étaient calculés, posés. Sans oublier les incessantes sollicitations pour acheter des trucs. C’était sans arrêt. Sans exagérer, aux 2 minutes quelqu’un voulait te vendre de quoi.

Les 1000 colonnes

Le sommet du temple vu d'en bas des 1000 colonnes
Le truc est que le vendeur ne cesse de crier « Just one dollar! ». Quand tu te retournes et que tu veux acheter, ce n’est pas l’item convoité qui coûte 1 dollar, mais un gugusse gros comme une pièce d’un jeu d’échec. Le masque que tu veux coûte 60$. Tu le baisses à 30$ (toujours la moitié) et le bargain commence. Si le vendeur est intraitable, éloignez-vous, il va revenir avec une offre proche de la vôtre. Baissez-le encore et négociez. Ensuite, libre à vous de dire oui ou non.

Quand notre guide a fini ses ennuyantes explications (pertinentes, mais ennuyantes), on avait 1 heure pour se promener et prendre des photos. Toutes les ruines étaient protégées par des cordes. Dire que la pyramide était un calendrier, fallait se donner du mal quand même!

Nous devions emprunter un sentier pour voir les autres ruines sauf qu’à gauche comme à droite, des vendeurs nous criaient qu’ils avaient les meilleurs prix. Nous avons même entendu, avec une prononciation parfaite :

« Un cadeau pour la belle-mère? »

ou

« Un bon prix pour les français! »

Comme pour Playa del Carmen, tu dois éviter de regarder les tables sinon le vendeur croit que tu es intéressé. Bref, tu te fais solliciter pendant toute la visite sur le site.

L'observatoire

Des ruines. J'ignore à quoi elles servaient,
notre guide n'a pas jugé bon de nous accompagner

Aucun centimètre disponible. Les 2 côtés veulent vendre les mêmes trucs
Nous sommes V.I.P, mais le minibus ne contient aucun endroit pour stocker nos achats. Nous sommes coincés comme des sardines et devons toujours tenir nos sacs. Pour le côté pratique, on repassera!

L’heure est passée. Nous partons manger dans un village mexicain. Les chiliens arrivent dans le minibus en nous disant : « On time! » Ils avaient compris.

Pendant le trajet, j’ai vu la réelle pauvreté. Des maisons pas de porte ni de fenêtre. Dans la pièce, un hamac suspendu. Des chiens errants avec que la peau sur les os. Des murets de briques en décrépitude. Ça m’a amené à me dire qu’est-ce que la pauvreté au Québec? Ne pas avoir d’écran plat 42 pouces, pas de câble, de char, l’Internet et un cellulaire? Vous croyez que j’exagère? Pourtant, des groupes de pression comme la FRAPRU répètent sans cesse qu’il faut aider les pauvres. On se vante que notre système social-démocrate aide les pauvres et pourtant, quand tu vois ces gens marcher dans les rues non asphaltées, nu pied, on se dit qu’au moins ils n’endurent pas des froids de – 20. Chez ces pauvres, nos pauvres sont riches.

Tentative de prise de photo d'un village pauvre par la fenêtre du minibus

Seconde tentative

Troisième tentative
Le restaurant nous offre un buffet. Je me sers, rien d’extraordinaire à manger. À ma gauche, une scène sur laquelle s’exécutent des danseurs et des danseuses. Voyez ça comme une cabane à sucre mexicaine. Le seul hic, c’est le pourboire. Le serveur et les danseurs en veulent. Les Mexicains ne demandent que ça du pourboire. C'est tellement omniprésent que tu ne veux plus en donner. Tu vas même faire une pisse et un gars se tient aux toilettes pour t’offrir un essuie-tout pour t'essuyer les mains en échange d’un pourboire. Pour la discrétion, on repassera!

Après la sollicitation, demander un pourboire est le deuxième intérêt dans le travail des Mexicains.

Nous enfilons nos costumes de bain dans un endroit prévu à cet effet et nous partons pour la caverne. J’espérais marcher quelques minutes dans une vraie caverne et ensuite me baigner, mais non. Après nous être fait solliciter par des petites filles de 5 ans et des vendeurs de noix de coco ou bidules identiques qu'à Chichén, nous descendons des marches en béton vers un bassin d’eau. Nous nous baignons parmi les poissons-chats et après 5 minutes, nous sortons de l’eau. De l’eau, que ce soit une piscine, une grotte ou l’océan, quand tu te baignes, ça ne change pas grand-chose. Pas impressionnant, mais quand même l’activité la plus intéressante de la journée.

Racine d'un arbre qui descendait dans la caverne

Pour l'aventure, on repassera!

L'endroit est minuscule. Le manque de nature vierge enlève beaucoup de cachet
On termine notre périple dans le village colonial de Valladolid. Horacio nous propose de visiter l’église et le parc. On a 20 minutes. Ah bon, c’est tout? Pas d’explication, rien? Des églises, j’en ai vu des dizaines. Elles sont tellement désertes chez nous que sur ma route de facteur, elle a été démolie cet été. Comme toutes les églises, elle forme une croix et à l’arrière de l’autel se tient un Jésus-Christ crucifié. Quelques personnes prient.

Dans le parc, des centaines d’oiseaux piaillent si fort que nous devons crier pour nous entendre. Au centre du parc, une statue. Un parc, c’est un parc. Surtout celui-ci. Peut-être que Central Park m’aurait impressionné…

On se dirige sur le trottoir, traversons la rue, j'aperçois un Subway (quel cachet…) et n’avons rien d’autre à faire que visiter des magasins qui vendent les mêmes bébelles qu’ailleurs.


Sur le chemin du retour, devinez ce que notre guide nous demande? Un pourboire. Je m’aperçois que le masque que j’ai acheté est tombé du filet fixé derrière le banc devant moi et il est cassé. Je deviens de très mauvaise humeur. Les Mexicains nous agressent avec leur cochonnerie et les autobus d’excursion ne sont même pas foutus de fournir un coffre ou une boîte pour protéger nos achats. Nous visitions depuis 12 heures, je suis fatigué et déçu et je pense déjà au billet que je vais pondre pour simplement vous dire : n’allez pas à Chichén Itzá, mais plutôt à Coba (ma blonde l’a visité avec son amie), vous pouvez monter et personne ne court après vous pour vous vendre ses guenilles. Vous ferez moins de route et en retirerez autant de satisfaction sinon plus.

Mon guide n'a pas eu son pourboire ni de remerciement.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire