jeudi 1 décembre 2011

Les enfants, l'école et le suicide

Tout d'abord, j'aimerais présenter mes condoléances à la famille. Ce billet sera un ramassis de faits vécus et d'opinions.

Premièrement, comme je l'ai mentionné dans mon statut Facebook, si la victime avait été un garçon, on n'en parlerait pas. Pourquoi? Parce que le suicide chez les garçons est banalisé, voire accepté par la population. Si un jeune homme de 17-18 ans s'enlève la vie, il n'aura pas toute cette attention médiatique.

Tout suicide devrait être déploré.

Ce dédain pour la réalité face à l'intimidation va durer combien de temps? Jusqu'au prochain épisode de Star Académie? Jusqu'à l'enterrement? Jusqu'à ce que le premier ministre nomme une commission d'enquête contre l'intimidation à l'école qui coûtera 10 millions pour revenir au point de départ, c'est-à-dire, rien.

Pour le 10 millions, contactez-moi pour le folio de mon compte en banque!

Oui, c'est triste qu'une aussi belle fille se suicide. La mère raconte qu'elle a poussé sa fille dans la gueule du loup. Elle va s'en vouloir toute sa vie.

La direction des écoles s'intéressent rarement au cas des élèves en difficulté donc, je suppose que l'intimidation, le taxage, le harcèlement et tous leurs dérivés sont traités qu'en extrême urgence. Manque de ressources? Trouvez en! L'argent ne doit pas passer au-dessus des problèmes de nos jeunes. Vous en trouvez quand c'est pour des niaiseries insignifiantes!

Je peux vous en parler puisque mon fils, turbulent, négatif, parle de suicide depuis qu'il a 7 ans, etc.

Heureusement, pour ce dernier point, ça a l'air d'être passé.

La première directrice de son école n'avait qu'un mot dans la bouche : ritalin. Le Québec mène le bal en prescription de ritalin. Pendant que les flos sont gelés, les profs ont la paix.

N'a-t-on pas compris que les gars et les filles n'apprennent pas de la même façon? Les professeurs, forte majorité de femmes, préfèrent uniformiser la classe. Le manque de référence masculine bouleverse aussi le monde de l'éducation. Les hommes n'y vont plus de peur de se faire accuser d'agression ou de voyeurisme par les petites adolescentes aux atouts dévoilés ou de leurs parents convaincus des propos de leur progéniture.

Imaginez-vous si le pauvre monsieur voit sa face dans les médias, se fait crucifier sur la place publique, qu'un Dominic Maurais (animateur à CHOI dont l'un des dadas est la chasse aux pédophiles) décide de lui taper sur la tomate, et que tout cela est faux? Un peu comme l'épisode de Lance et compte où Lulu est accusé d'agression sexuel sur un joueur de hockey de l'équipe qu'il dirige, tout cela inventé par l'enfant dont le père le force à jouer.

Le deuxième directeur avait l'air d'un administrateur de budget. Sous son règne, une enseignante a trouvé deux enfants pratiquer la fellation dans la salle de bain.

La réaction de l'école? Contacter la merde qu'on appelle la DPJ. Il faut tenir les fonctionnaires le plus loin que possible de nos vies et de nos enfants. Il existe des histoires d'horreurs à la DPJ. Par exemple, la pseudo intervenante du CLSC a porté plainte à la DPJ contre moi et sa mère prétextant qu'on ne l'aimait pas, qu'on le dénigrait, qu'on ne s'en occupait pas, etc. Si la lologue avait retiré son nez de ses livres, peut-être aurait-elle remarqué que nous (les parents) étions au bout du rouleau et que mon fils peut se dénigrer, détester la vie et tout le reste sans l'aide de personne.

J'ai dû m'expliquer devant 2 fonfons du gouvernement et en conclusion, la dame m'a dit :

« Vous avez parlé avec votre coeur de père, c'est ça qu'on voulait.
- Parfait, qu'est-ce qu'on fait maintenant? je demande.
- Rien, nous on vérifie que les fondements de la plainte.
- Mais pourquoi ne pas intervenir immédiatement, cet enfant a besoin d'aide, d'aimer la vie, de s'aimer, d'aimer les autres. Ce n'est pas une rencontre par mois qui va faire avancer les choses.
- Vous avez commencé un suivi à l'Hôtel-Dieu du Sacré-Coeur, c'est la démarche à suivre. »

Après la fille du CLSC qui ne comprenait rien, voilà ces deux fonctionnaires qui me rencontraient que pour fermer le dossier. Et moi qui voulait exploiter leurs contacts pour aider mon fils, j'étais dans un cul-de-sac. Notre système de santé communiste est tellement engorgé autant en psychiatrie qu'en médecine diverse, mes espoirs étaient minces.

Le troisième directeur a été le meilleur. On voyait qu'il prenait à coeur la cause des élèves en difficulté. S'il a été mis au courant d'intimidation ou d'une problématique majeure, je crois que cet homme aurait immédiatement agi pour que cela cesse. Mais nous sommes au primaire, le secondaire est encore plus mesquin. Sa mère n'y croyant pas, m'inventant des histoires mensongères, j'étais une fois de plus seul à me débattre.

Autre anecdote : mon fils a eu 12 ans en août. L'an dernier, donc, à 11 ans, sa mère a dû se rendre à l'urgence de l'hôpital parce qu'il menaçait de se suicider avec un outil et il s'était barricadé derrière une porte verrouillée. L'urgentologue l'a laissé partir parce qu'il a jugé que son cas n'était pas dangereux. Bref, avec les pédo-psychiatres et tous ces lologues inutiles, les traitements s'éternisent et ne mènent à rien.

D'après eux, mon fils parle de la mort pour attirer l'attention, notre attention. Une façon négative d'attirer la sympathie. Il ne comprends pas qu'il a mon attention depuis qu'il est né! Sauf l'accouchement parce que la nature a décidé que les femmes portaient les enfants, j'ai fait et je fais tout ce qu'un père peut faire pour son enfant. C'est sûr que de s'emprisonner dans le sous-sol pour jouer à un jeu vidéo et refuser les activités physiques ou sorties diverses, la vie doit être plate. Que faire quand ton enfant ne veut jamais rien savoir?

Est-ce que les enfants des années 2000 ont un mal de vivre plus grand que ceux des années 1920 par exemple ? Sujet tabou à l'époque ou avec le travail sur la ferme, tu n'avais pas le temps de penser à t'enlever la vie. D'ailleurs, on joue tellement dans le coco de nos enfants qu'on leur sert un cocktail de médicaments assez puissant pour assommer un cheval. J'ai écouté cette émission des grands reportages, cette semaine.

Les humoristes, les médias, les politiciens et la population s'indignent. Mais pour les 3 personnes qui vont se suicider aujourd'hui au Québec (1068 suicides en 2009) est-ce que vous allez vous indigner? Faut-il que le mort soit une jolie jeune fille pour qu'on dénonce? C'est pourtant le sentiment que j'ai.

On parle de la Gaspésie. Croyez-vous que la drogue, l'intimidation et la violence n'existent pas dans les écoles multiethniques de Montréal? Dans une société où tout va trop vite, Marjorie Raymond sera oubliée de la pensée collective avant Noël et ce, dans le meilleur des scénarios.

De l'intimidation, il y en aura toujours. J'ai vécu un secondaire d'enfer. Il y a du monde que je déteste encore même après 20 ans. Puisque je n'étais (et ne suis pas) dans un gang, sur qui tu penses que les tatas se défoulait? Ma mère n'a jamais rien fait pour m'aider Je voulais changer d'école.

« Tu ne prendras pas l'autobus pour aller à l'école quand tu peux y aller à pied. », avait été sa réponse.

Je m'en souviens encore.

Elle a compris (les profs du secondaire également) qu'il y avait un problème lorsque mes absences ont monté à 68 jours en 3 étapes alors que les autres années, j'avais manqué moins de 10 jours. On a tous mangé de la m un jour ou l'autre.

Pourtant, le suicide ne m'a jamais effleuré l'esprit.

3 commentaires:

  1. Je n'écoute pas vraiment les médias, mais j'en ai entendu parler brièvement aujourd'hui et je crois que si ça ne place pas l'un des derniers clous dans le cercueil des commissions scolaires, ça ne devrait pas être loin... mais je parle quand même à travers mon chapeau vu que je suis très loin d'être père... très très loin et je ne peux qu'imaginer...

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  2. Les commissions scolaires ne disparaîtront pas, le Québec est englué dans un statu quo où rien ne doit changer.

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  3. C'est vrai ce que tu dis. C'est attristant de savoir que ce qui arrive aux garçons est ignoré. Pourtant, ce sont des êtres fragiles - quand leur estime d'eux-mêmes est brisés - autant que les filles dans pareille situation.

    Je voudrais juste dire qu'une personne qui se fait intimidé et qu'une personne qui est considéré comme un cas particulier, c'est deux situations différentes. Y'en a qui vivent dans cette atmosphère suffocante sans rien dire, par peur de représailles.

    Wow! C'est effarant tout ce que tu as vécu et ton fils aussi. Je suis sans mot de plus. :-o

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