mercredi 3 août 2011

Si tu savais... - Richard Plourde

Richard et Jocelyne Plourde apprennent une terrible nouvelle. Après plusieurs années, la leucémie de leur fils, Gabriel, récidive. Pour le sauver, ils devront se rendre à Sainte-Justine lui faire subir une greffe de moelle osseuse. Si Richard avait su que son enfant aurait été malade, aurait-il voulu le mettre au monde?

Le thème du cancer et de la leucémie chez un enfant ne peut laisser personne indifférent. Dans son roman, Plourde explique avec précision les étapes du traitement, les causes, les effets secondaires, etc.

Le personnel infirmier tout comme le protocole à respecter avant d’entrer dans une chambre d’isolement ou dans un secteur à circulation restreint est relaté avec justesse et brio. L’auteur connait son sujet et cela paraît. Le lecteur apprend beaucoup sur les mots, les termes et les techniques utilisées pour la guérison de l’enfant. Trois fois bravo pour cette vulgarisation.

Où l’histoire se gâte et m’a fait décrocher, au point de me rendre insensible aux malheurs de Gabriel, c’est l’utilisation à outrance de la morale judéo-chrétienne. Dieu est amour, Dieu aime les hommes, l'Homme aime Dieu, Dieu doit répondre aux prières si on remplit la part qu’on a promise, Dieu est bon, Dieu par ci, Dieu par là… la foi, les prières, la croyance, la providence, pour l’amour du bon dieu, la religion prend une place énorme et cela devient abrutissant.

Aussi, la philosophie écolo-gauchiste que les hommes sont une plaie pour la Terre, avoir pitié pour des gens qui fument parce qu’ils ne font pas attention à leur santé, les supposés produits cancérigènes sur les aliments, les pesticides, m’a agressé. J’avais l’impression d’écouter le bulletin de Radio-Canada.

La lobotomie d'un concierge, les explications de l'immigration d'un couple grec propriétaire d'un restaurant, les préférences d'un infirmier, le narrateur omniscient nous dit presque la couleur des bobettes de tous les personnages de l'histoire, important ou pas. Trop de détails superflus.

Peut-être suis-je trop simple d’esprit pour comprendre, mais j’ai constaté des erreurs de datation. Le 1er février 1991, Bill, le personnage du passé qui veut rencontrer Richard, celui du futur, semble se promener dans les années 2000. J’ai même reconsulté le début du chapitre pour m’assurer que je ne m’étais pas trompé. Surtout quand Bill parle, en 1991, du départ de Patrick Roy en 1995. Est-ce Bill de 1991 qui est, par je ne sais trop quelle manière, propulsé en 2003 et qui parle avec le personnel de cette époque? Qui est où et quand? Bombardé ça et là de la théorie de la physique quantique. Pas facile à suivre.

La relation amicale de Bill et sa coloc m’a paru un fantasme de l’auteur. Il répète à profusion qu’ils n’ont aucune attirance l’un pour l’autre, mais ils s’embrassent comme de jeunes amoureux lorsqu'ils discutent ensemble. Quelques questionnements sur la possibilité d’une relation sérieuse entre eux pour tenter de nous faire croire que l’amour est possible m’ont semblé non crédibles et la facilité du duo à se convaincre d’un possible évènement temporel m’a titillé.

L’auteur a su quand même bien amener le sujet du traitement de l'enfant. Les critiques sont élogieuses, mais pour moi, cela n’a pas fonctionné. Trop d'erreur, un travail de direction littéraire aurait été utile et celui-ci m'a paru bâclé. Trop de questions pour apprécier le roman à sa juste valeur.

Ah oui, un petit conseil pour monsieur Plourde, s’il vous plaît, pourriez-vous éliminer 95% et même 99% de vos adverbes? Sans vraiment chercher, je peux en trouver trois dans la même phrase. Cela rend votre texte lourd et des adverbes moins qu’il y en a, mieux on s’en porte. Voici un exemple :

Il reprit la tâche sans se plaindre jusqu’à ce que le piston soit complètement vide. Il retira alors l’aiguille du réceptacle et, fièrement, présenta la seringue à l’infirmière qui le félicita énergiquement.
Bill était époustouflé. Pratiquement toute la population
(…)

Et c’est ainsi pendant toute la lecture. Ouf!

Site de l'auteur.

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8 commentaires:

  1. Et dire que ça été publié malgré les nombreux adverbes et autres lacunes...

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  2. Peut-être que je trop difficile pour ce genre de littérature...

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  3. Ou dans le champs, ce titre est rendu à sa 3e réédition!

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  4. Troisième réédition, mais est-ce vraiment un gage de qualité? Cela veut juste dire que le gars a vendu quelques livres. Combien y en avait-il dans chaque édition? Sûrement pas 10 000.

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  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  6. Pour reprendre l'expression d'un collègue blogueur (Dominic Bellavance) qui disait à peu près cela: Avec un bon marketing, n'importe quelle cochonnerie peut bien se vendre. À l'inverse, des bijoux peuvent rester inconnus si l'éditeur ne bouge pas le petit doigt. (http://www.dominicbellavance.com/2011/08/la-grande-illusion-du-succes-litteraire-ce-quil-faut-savoir-en-terminant/)

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  7. Suite à ton passage chez moi, je viens lire ton billet. En effet, on a un avis similaire et c'est une chose assez rare pour être souligné!
    Je n'ai pas non plus accroché à ce roman pour les raisons que tu énonces. Chose étrange, en lisant les critiques présentes sur le net, je n'ai jamais lu aucune allusion au côté religieux de ce récit. Pourtant, à moi, ça m'avait sauté aux yeux...

    Enfin il en faut pour tous les goûts.
    Je vais de se pas fouiner un peu sur ton blog :)

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  8. @Nelfe Je crois que le côté maladie infantile à dissimuler toute critique négative sur la forme du récit.

    Bienvenue toi aussi et bonne visite!

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