jeudi 28 juillet 2011

Les visages - Jesse Kellerman

Ethan Muller, un marchand d’art, retrouve des dessins explicites dans le logement d’un locataire de son immeuble. Les dessins sont magnifiques, mais l’auteur, un certain Victor Cracke, est introuvable. Muller les met en vente et peu de temps après, un policier à la retraite le contacte. Il aurait reconnu le visage d’enfants assassinés dont le crime est demeuré irrésolu.

L’art de la peinture, de la vente, l’achat, la revente, le profit, l’investissement, je ne connais absolument rien de ce domaine. J’avais, à mon palmarès, un vernissage intime qu’une amie m’avait invité pour que je puisse voir ses œuvres. Connaitre les exigences pour qu’un artiste vende m’est complètement inconnu.

Ici, Kellerman, explique avec brio chaque détail du dessin, chaque trait si bien qu’on a aucune misère à s’imaginer l’œuvre. Qu’un vendeur d’art mène une enquête dans le but d’en apprendre sur l’artiste qu’il propose m’a paru sensé et logique. Surtout après l’appel du policier à la retraite et que ce dernier lui explique son enquête de l’époque.

Le rythme est bon. Les temps morts sont rares pendant l’enquête et une description précise du monde de Muller rend ce personnage humain, mais aussi distant puisqu’il fait partie de la haute société, les richissimes propriétaires d’art.

Ce qui m’a paru superflu au début, mais qui est essentiel pour comprendre la véritable identité de Cracke, ce sont les interludes. L’auteur remonte jusqu’en 1847 et nous explique les racines juives de Mueller (l’orthographe d’origine), on avance ainsi dans le temps sans trop savoir pourquoi et ça te coupe un beat ça mon ami! Surtout que plus que tu arrives à la fin, plus les interludes sont nombreuses. Le lecteur veut savoir si Muller trouvera Cracke dans le présent et s’il a assassiné ces enfants.

Bref, ces interludes sont nécessaires à la compréhension des rebondissements et de la finale.
Aussi, j'ai eu le même sentiment que les titres Pars vite et reviens tard de Fred Vargas et La danse de l’esquive d’Émilie C. Lévesque, c’est-à-dire qu’on doit lire entre 50 et 100 pages avant de ne plus pouvoir arrêter la lecture du bouquin. Dans Les visages, tout le début n’est que flashback pénible et cela prend un certain temps avant que ça aboutisse à quelque chose.

C’est un bon thriller, la critique l’a louangé. Je n’ai pas hais, loin de là! Mais je demeure convaincu, et c’est ce qu’on m’a dit en atelier et que m’a aussi dit des directeurs littéraires, il ne faut pas couper l’action avec des explications et ici, surtout pour la finale, c’est le cas et c’est dommage.

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