mercredi 6 juillet 2011

Les suppliciés - Claude Messier


Un lieutenant au bout du rouleau fait enquête sur les meurtres sordides de personnes handicapées.

Ce livre m’a été suggéré par deux amis, Michel et Jonathan. J’avoue que j’hésitais pas mal, n’étant pas un grand fan d’horreur poussé à son extrême. Mais ici, pas de problème, ça se lit facilement et l’auteur sait garder l’intérêt. Merci de la recommandation les gars!

Le lieutenant Jacques Beaudoin n'en mène pas large. Sa vie est un long tunnel dont il ne voit pas la fin ni même la lueur au bout! Ça, l’auteur nous le démontre bien, un peu répétitif à mon goût comme pour s’assurer qu’on a bien compris que le lieutenant en a marre des enquêtes dégueulasses, qu’il a brisé sa vie de couple à cause de ce travail et qu'il s'ennuie de son fils.

L’enquête est bien amenée, les indices sont donnés au compte-goutte et le punch final est vraiment bien. Les scènes de torture sont décrites avec précision et on ne peut que ressentir de la tristesse pour ces gens qui ont beaucoup souffert avant de mourir.

Là où j’ai eu une problématique, c’est l’exploitation des patois d’une redondance à donner mal au cœur. Un peu plus je me croyais dans Scoop. J'imagine Rémy Girard dans le rôle de Beaudoin ou mieux, s’il avait été noir, dans celui du capitaine et son éternel patois : « chienne de chienne! ». Puis, des « bordel de merde, fils de pute, l’enculé », ça fait bien trop français (de France) et de voir un de ces mots apparaitre à chaque trois paragraphes agresse ma lecture.

J’aurais aimé quelques « câlice de tabernacle ou hostie de ciboire! »

Cette caractéristique ne rend pas les personnages inintéressants, mais trop c’est comme pas assez!

Sans oublier les quelques bris de langage, des mots à la française dans un texte majoritairement québécois. L’auteur nous sort des mots que jamais je n’ai utilisés pour jaser avec le monde. Rien de grave, mais ça détonne du reste du texte.

Plusieurs personnages masculins se ressemblent beaucoup. Parle beaucoup de cul ou profère des injures pour se faire comprendre.

Redondance aussi côté « allume une cigarette et botte qui claque sur le bitume ou le parquet ». La phrase Je fume, je bois revient régulièrement. Tous ces mots ou expressions apparaissent chaque page ou presque. Cela crée son effet, mais disons que j'en avais mon quota!

J’ai quand même lu d’un bout à l’autre Les suppliciés et malgré ces défauts, j’ai apprécié ma lecture. Les six brumes sont vraiment une maison d’édition à découvrir ce si n’est pas déjà fait!

Acheter ce livre.

6 commentaires:

  1. Les lacunes que tu mentionnes m'ont fait décrocher et je n'ai pas terminé ma lecture. On aurait dit que tous les personnages du poste étaient français ! Tous avaient des patois typiques de France. La surabondance des patois tombait aussi sur les nerfs. On avait de la difficulté à croire aux personnages qui ne faisaient pas crédible.

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  2. Je sais qu'on ne doit juger un livre par sa couverture, mais c'est une de ces rares occasions où je n'ai pas vraiment l'intention de me procurer un livre grâce à ce que tu en dis: non parce que les jurons sont français ou pour les répétitions similaires, mais surtout pour le fait que ça soit si sombre, violent et sans grande retenue. J'avais déjà décroché quand j'ai lu Les Sept Jours Du Talion alors avec celui-ci...

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  3. @Esbé Effectivement, on peut mentionner une certaine ressemblance entre les 7 jours du talion et les suppliciés. Torture serait le mot exact. Mais ici, les jurons et patois rendent le texte lourd.

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  4. Vous savez que sur la couverture, c'est une vraie de vraie photo de l'auteur?

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  5. @M Non, je ne le savais pas. Merci du renseignement!

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  6. Il était atteint de dystonie musculaire, ce qui le rendait difforme.

    Et à noter que l'auteur revendiquait pour l'égalité des handicapés vis-à-vis des gens "normaux": pourquoi un tueur ne pourrait pas viser exclusivement des personnes physiquement différentes?

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