mardi 7 juin 2011

Le quartier des oubliés - Madeleine Robitaille


Un autobus est détourné par des hommes armés vers un lieu perdu, presque inaccessible. Ils transfèrent les passagers dans la carcasse d’un vieil autobus jaune aux fenêtres barricadées et les abandonnent à leurs sorts.

Environ 35 personnes, majoritairement des gens du troisième âge, mais aussi un nouveau-né, des ados et certains dans la fleur de l’âge. Tous ces gens se retrouvent coincés dans l’autobus scolaire. À l’extérieur, des dobermans montent la garde.

La force de ce récit réside dans le court laps de temps dont les événements se déroulent. La panique, la démence, le dégoût, la résiliation n’importe quel un mot dédié au désespoir sied bien à cette histoire. Si vous avez le cœur sensible, abstenez-vous! Les personnages baignent dans l’urine, les excréments, la déjection de cadavres et doivent combattre l'asphyxie et les odeurs pestilentielles.

Le rythme est bon, l’histoire est bien racontée et l’auteure sait nous tenir en haleine, aucun doute là-dessus!

Pendant ma lecture, un seul mot me revenait sans cesse en tête : dégueu!

L'auteure raconte avec brio les sentiments de ses personnages. Là où j’ai de la misère, c’est la multitude de transferts d’un personnage à un autre. Je ne pouvais pas m’attacher à un personnage parce que l’on changeait tout le temps. Et avec des chapitres de 3-4 pages, ça va vite!

Peut-être suis-je le seul dans ma barque, mais moi, je n’apprécie pas ce genre narratif.

Aussi, la tornade est, à mon avis, totalement irréaliste. Cet évènement météo est très rare au Québec et que cela arrive à ce moment et à cet endroit précis fait « arrangé avec le gars des vues! »

Grosse déception : aucune information de la motivation du détournement. Très frustrant!

Malgré tout, ce thriller d’individus prisonniers dans un autobus m’a littéralement accroché. La preuve, je l’ai lu en 2 jours, 431 pages. Mission réussie pour Madeleine Robitaille!

Acheter ce livre.

3 commentaires:

  1. Bonne critique.

    Je suis habituée à lire ce type d'écriture (le genre narratif dont tu parles) à travers les ouvrages de Natasha Beaulieu. Il y a beaucoup de personnages à suivre en même temps. Bien sûr, elle a un style qui se prête à cette multitude. Mais pour cette auteure-ci, que je ne connais pas, je ne saurais dire si je pourrais la suivre de la même façon.

    Je suis de ton avis: bizarre pour la tornade, à moins d'être situé dans un futur dystopique ou être en présence d'une force surnaturelle. Je crois que ça aurait été bien que tu nous décrives dans quelle circonstance cette tornade survient, parce que là, ça arrive de nulle part et ceux qui n'auraient pas lu le livre seront perplexe.

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  2. @Gabrielle J'ai fait une petite recherche sur Internet avant de mettre ma critique en ligne. Oui, il y en a déjà et j'ai cru comprendre qu'il y en a 4 ou 5 en moyenne par année. Mais là, à cette endroit parce que orage se lève, pour moi, ça ne colle pas.
    L'auteure voulait sûrement ajouter à l'écoeuranterie!

    Pour ma part, le style de changer d'un personnage à l'autre a été bien rendu, mais ça ne me fait pas triper!

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  3. Belle critique. J'avais accroché moi aussi à l'histoire, alors j'ai fais fi de l'élément arrangé avec le gars des vues...Effectivement, ça devait pour rajouter de l'écoeuranterie...Pour la fin frustrante, Madeleine Robitaille m'avait dit à ce sujet que la motivation du détournement n'était pas nécessaire àa l'histoire. En fait, elle voulait se concentrer sur le huit clos de ce groupe de personnes qui ne se connaissent pas et doivent conjuguer leurs efforts pour s'en sortir.

    -Michel

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