jeudi 30 juin 2011

La fille de papier - Guillaume Musso


Après une rupture amoureuse avec une vedette internationale, un écrivain à succès sombre dans la déchéance. Une jeune femme surgit dans sa vie et prétend être l’héroïne de son roman. Ils passent un accord, elle l’aide à reconquérir l’amour perdu, il doit la retourner dans son monde de fiction.

Quand vous commencez à lire ce livre, vous êtes incapable de vous arrêter. La preuve, le premier soir, j’ai lu 175 pages et j’ai arrêté parce que je devais me coucher.

Guillaume Musso a un talent fou pour vous tenir accrocher à son histoire. Riche en rebondissements, jamais on ne s’ennuie dans La fille de papier.

Cependant, je dois l’avouer, les 100 dernières pages semblaient tourner un peu en rond et mon intérêt diminuait parce que l’auteur avait quitté ce que le lecteur, moi, veut savoir : qui est cette fille? Est-elle vraiment ce qu’elle prétend?

J’ai eu de la misère avec le choix des deux narrations. Quand nous suivions Tom Boyd, le personnage principal, la narration au « je » nous mets dans sa peau, dans sa tête. Quand il s’agit de Milo ou d’un autre personnage quelque part sur la planète, le « il » est utilisé. J’aurais aimé que Musso choisisse le « il » pour tout le monde. Pour moi, ça a causé un certain éloignement envers le récit et les personnages.

Parce que nous devons connaitre l’évolution d’un certain objet, Musso nous propulse aux 4 coins du globe avec, chaque fois, un nouveau personnage, son passé et son présent. Cela m’a paru un peu lourd, quoique j’en comprends l’utilité.

Le rebondissement final est sublime, mais la conclusion mièvre et prévisible m’a déçu. Le genre tout et bien qui finit bien n’est pas mon préféré surtout quand on le voit venir.

Quoi qu’il en soit, je vous conseille d’acheter ce roman mélangeant fantastique et réalité. Si, comme moi, vous aurez hâte de continuer la lecture, l’auteur aura donc accompli son travail! Je l’ai lu en 4 jours et c’est parce que j’avais d’autres occupations! Une chose est sûre, je veux lire un autre titre de Guillaume Musso!

Acheter ce livre.

***

Petite réflexion hors critique. Cela fait quelques mois, si ce n’est pas des années que je me questionne sur ce point. Je suis capable de voir ce qui me plait ou non dans un roman, mais dans mes propres histoires, j’ai de la difficulté à le faire. Pourtant, je n’ai que 5 publications et aucun roman, mes idées ne semblant plaire à aucun éditeur.

Visiteurs, amis écrivains, amies écrivaines, est-ce que ce même phénomène se produit quand vous écrivez? Pouvez-vous vous détacher assez de votre récit, enlever des bouts, en ajouter, dire un évènement d’une façon différente, etc. Demandez-vous chaque fois conseil à votre comité de lecture personnel?

Je ne crois pas être celui fermé à la critique, mais je me demande des fois pourquoi je peux critiquer des romans ou des textes d’atelier d’écriture, mais que je ne parviens pas à m’autocritiquer suffisamment. Manque d’expérience? Manque de sérieux? Manque d’attention?

J’aimerais bien que vous preniez 3 ou 4 minutes de votre temps pour m’expliquer votre procédure personnelle. J’aimerais avoir plus que les 2 messages de mes commentateurs les plus assidus!

4 commentaires:

  1. Laisser passer du temps, c'est ça qu'il faut, en tout cas, pour moi. Mais même avec du temps, je crois qu'on n'est jamais un bon critique de ses propres oeuvres. C'est pour ça que les directeurs littéraires existent.

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  2. C'est sur qu'avoir des bon lecteur, à l'honnêteté extrême, ça aide (je suis chanceux là dessus). Sinon, j'ai appris à suivre mon instinct. Si j'ai l'impression, même diffuse, que quelque chose cloche, c'est qu'il y a un problème. Et il faut prendre le temps aussi. J'ai travaillé un roman 13 ans avant de le soumettre (woah, je réalise à l'instant la symbolique du 13 ans!) et ça a porté fruit.

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  3. Souvent, je n'hésite pas à enlever plusieurs pages à la fois pour des raisons diverses: action qui stoppe la narration, personnage superflu, dialogue unidimensionnel, bref, j'élimine tout ce qui n'est pas nécessaire à l'histoire.

    Il faut être paré (du moins dans ma situation) à remarquer la moindre inefficacité car je n'ai même pas de directeur littéraire qui pourra repasser sur le scénario, et il est important de ne pas être un extrême perfectionniste avec ses propres écrits, mais bien de trouver un juste milieu.

    Il importe seulement de ne pas prendre ce qu'on écrit pour acquis ni trop au sérieux, de ne pas s'imposer de limites sur notre produit (du moins dans mon cas) et d'essayer d'obtenir une vision large, ce qui aide grandement à expédier au trou tous les moments inutiles et lourds dans l'histoire.

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  4. On n'a pas le même regard sur les oeuvres des autres, parce que quand on attaque un ouvrage inconnu, on a une distance.

    De plus, dans nos histoires, on sait ce qu'on veut dire. Trouver le bon équilibre entre ce qu'il faut dire au lecteur et ce qui devrait être évident n'est pas quelque chose de facile :)

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