samedi 18 juin 2011

J'étais médecin dans les tranchées - Louis Maufrais


Le récit invraisemblable d’un médecin militaire pendant la guerre 14-18. Il a participé aux 4 ans du conflit. Il nous raconte, impartialement, la vie dans les tranchées et les postes de secours, l’endroit où les brancardiers amenaient les blessés pour qu’ils soient soignés.

L’histoire est écrite par Martine Veillet, journaliste et petite-fille de Maufrais. Elle a consacré 5 années d’enquête afin de décrypter les voix, identifier les témoins, vérifier les faits et anecdotes racontés.

Ses explications sous forme de notes de bas de page enrichient cet ouvrage puisqu’elle nous informe sur l’endroit et les dates de décès des compagnons du médecin. Ici, aucun soldat inconnu. Tous ont un nom, un visage, une réalité.

L’ancien combattant, alors âgé et presque aveugle, a raconté son aventure sur des enregistrements qu’il a confiés à sa descendance. Son récit était accompagné de photos datées et authentifiées qu’il a prises dans les tranchées et de lettres qu’il a écrites et conservées. À quelques reprises, Maufrais explique que lors d’attaques allemandes où les soldats ennemis apparaissaient dans les tranchées, il détruisait toutes les lettres qu’il avait en sa possession et mettait son brassard de la Croix-Rouge.

Saviez-vous que les soldats avaient l'interdiction de retirer leurs bottes dans les tranchées?

Imaginez cette boue qui vous avale tel du sable mouvant, ralentissant vos déplacements, vous glaçant les os.

Les soldats blessés sont triés, pour la plupart mourants et décèdent peu de temps après. Les obus, de plus en plus performants pour le combat de tranchées, pénètrent dans le sol et explosent à cet endroit. Souvent, quand l’obus fait mouche, il ne reste que lambeaux de chair et vêtements du soldat.

Maufrais a reçu plusieurs distinctions. Vers la fin du livre, il reçoit une promotion  et quitte les tranchées pour travailler dans les ambulances, beaucoup moins dangereux. À cette date, il était l’un des plus anciens soldats de toute l’armée française.

Le médecin a travaillé sur les plus grands lieux de combats de la Première Guerre mondiale comme Verdun et la Somme. Il s’est lié d’amitié avec des gens qui, pour la plupart, sont tombés au combat.

Lors du défilé de la victoire sur les Champs-Élysées, le 14 juillet 1919, il ne ressent aucune satisfaction, aucune émotion.

À la fin de la guerre, un soldat allemand blessé lui a avoué dans un français parfait, qu’en réalité, c'est l’Allemagne qui a gagné la guerre. L’Histoire nous enseigne la suite...

Un excellent livre qui complète à merveille L’ordre du jour et La peur, deux livres écrits par un soldat de chaque clan. Si ce conflit vous intrigue, vous avez, avec ce récit, la chance de connaître les horreurs vécues par un de ceux qui devaient atténuer la douleur et faire des miracles avec tout ce qui manquait, comme l’eau et les médicaments.

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4 commentaires:

  1. Ca a l'air bien interessant, je me suis pas mal penché sur la "Grande Guerre" aussi il y a quelques temps... Vais essayer de trouver ce livre, merci du tuyau!

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  2. C'est une livre excellent, je te le conseille vivement!

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