samedi 9 avril 2011

Manifestation qui dérape

Cette fin de semaine, je participe à un congrès. S'il y a un aspect que je déplore de mon travail de vice-président, c'est bien celui-là! Le congrès commence. Après les discours d'usage, le directeur national de la région du Québec nous informe que 2 autobus scolaires ont été loués et nous irons manifester devant les bureaux des grands patrons de Québec. Jusque-là, pas de problème.

Nous marchons dans le stationnement en scandant des slogans et en exhibant pancartes et drapeaux. Les sifflets provoquent un bruit strident. Je remarque un F-150 arriver en catastrophe dans notre direction. Le conducteur sort, téléphone portable à la main.

Le président national monte sur un petit aménagement en inter bloc et fait son discours. L'individu vient lui parler, le directeur l'ignore. Une voiture de police arrive, mais le policier ne fait rien. Encore là, c'est, d'après moi, de bonne guerre. Voilà les deux erreurs :
  1. Pourquoi avoir tenté d'entrer dans l'établissement? Il y a plusieurs commerçants qui n'ont aucun rapport avec nous et les bureaux de l'administration et des grands boss de la région de Québec sont barrés. Les portes de ces bureaux requièrent une carte magnétique pour entrer. Ça aurait changé quoi de rester dans le stationnement?

  2. Pourquoi, pendant le discours, l'homme de bras (qui semblait être l'homme de maintenance ou le concierge de la bâtisse) n'a pas tout simplement verrouillé la porte en attendant la fin de la manifestation, au lieu de se planter devant la porte?
Lorsque nous nous sommes approchés, il s'est interposé et quelques claques sur la gueule se sont échangées! J'avais l'impression de retourner directement en 1970! Le premier policier ne fait tellement rien qui ne s'aperçoit même pas de l'altercation. Quelqu'un l'avertit. Il faut dire que les négos avec Labeaume sont au point mort...

2 autres voitures de police arrivent, ils restent passifs. Je vois une voiture indiquée « média », mais nous sommes déjà en train de remplir les autobus. Ce sera pour une autre fois!

Ce que je déplore c'est la non-modernisation de la philosophie et de la façon de faire du syndicat. Je suis certain que si la manif aurait resté pacifique, ça aurait servi notre image! Mais de régler cela à coup de poings ou d'insultes, ça fait 1970!

L'image est importante. Les médias sont puissants, très puissants et influents. Quelques uns de nos membres nous attaque publiquement, souvent des gens que nous avons aidé dans le passé. La population ne connait presque rien de l'actualité en générale, elle se fit aux médias pour faire son opinion. Cela fait peur parce que c'est elle qui vote, c'est elle que l'on sonde... Ce ne sont pas tous des caves, loin de là, mais les gens sont facilement influençables. Si on veut leur faire comprendre que l'employeur tente de réduire à néant TOUS nos acquis, ce n'est pas la façon de procéder. D'ailleurs, d'un bord comme de l'autre, ça négocie à la 1970, l'un ne veut rien donner et l'autre ne veut rien céder. Je n'aimerais pas être à la table de négo...

Aucun commentaire:

Publier un commentaire