samedi 19 mars 2011

Survivre à l'innommable et reprendre le pouvoir sur sa vie - Pierre-Hugues Boisvenu


Pierre-Hugues Boisvenu est le père de Julie Boisvenu, assassinée et violée dans le stationnement d'un bar de Sherbrooke et d'Isabelle Boisvenu, décédée tragiquement d'un accident de voiture dans le parc faunique de La Vérendrye. Il nous raconte combat.

Je me souviens très bien de cette histoire de récidiviste. Comme dans le cas du jeune Alexandre Livernoche dont le père, André Livernoche a livré un combat acharné contre le gouvernement pour dénoncer la remise en liberté de criminels récidivistes et dangereux. Il a poursuivi le gouvernement pour 400 000$ et fatigué et malade, il a accepté les 17 500$ offerts. Voilà plusieurs années, j'ai rencontré le père d'Alexandre aux Galeries de la Capitale, j'ai peu discuté avec lui, il était là pour amasser du financement pour continuer son combat. Sa santé semblait déjà fragile et dans ce rare cas, j'ai donné. Cela m'interpelle. Les sentences « bonbons », les multirécidivistes, les discours creux des politiciens et la passivité de la population, ce sont des attitudes qui me dérangent et m'attristent. Monsieur Boisvenu a trouvé l'inspiration et la force d'entamer ce combat après le décès de sa fille.

Nous comprenons, avec ce livre, qu'ici, au Québec, les criminels sont favorisés par rapport aux victimes. Dans cette belle province qui prône la réhabilitation de l'individu (même les plus dangereux), la famille d'une personne assassinée recevait 600$ pour les obsèques pendant que le meurtrier profitait des multiples facilités des centres de détention aux frais de l'état donc des contribuables.

Il a eu le courage de parler aux médias, d'informer la population sur la vérité de notre beau système, de dénoncer les maintes lacunes de la loi, il a rencontré des ministres qui, comme un gros paquebot qui prend du temps à tourner en mer, ont apporté de timides modifications aux lois carcérales ainsi que l'aide aux familles. Avec l'aide de Michel Bolduc, père d'Isabelle Bolduc elle aussi assassinée à Sherbrooke et dont le père avait abandonné la bataille contre l'état, il a fondé l'association des familles de personnes assassinées ou disparues. Le mot « disparues » a été ajouté parce qu'un jour, le Michel Surprenant, père de Julie Surprenant l'a contacté pour lui offrir son aide en échange de l'ajout de cet aspect.

Ceux et celles qui consultent mon blogue ont remarqué que j'ai lu quelques biographies (Erwin Rommel, Marilyn Monroe). En plus d'être située loin dans le temps (je n'étais pas né quand ces deux personnages sont morts), leur aventure se passe bien loin de moi. Cette fois-ci, lorsque monsieur Boisvenu nomme un nom, je le reconnais, je peux mettre un visage ou situer l’évènement dans le temps. À chaque fois je me rappelle de qui il parle.

Je l'ai dis à bien des proches, si on me demande qui est la personne que j'admire le plus, ma réponse est sans hésiter Pierre-Hugues Boisvenu. Pour son courage, sa persévérance, son intelligence, sa force de caractère, son dynamisme, sa verve. Des Pierre-Hugues Boisvenu, il n'y en aura jamais assez. Lisez ce livre, vous ne le regretterez pas.

Dites-vous une chose, la solidarité et l'union font la force, quand tu livre ton combat avec les bons alliés et des centaines de familles derrière toi pour te soutenir, le gouvernement a plus de chance d'écouter tes revendications que si tu livres ton combat seul contre la terrible machine qui se protège (ceci est mon commentaire personnel et n'a rien à voir avec le livre).

Acheter ce livre.

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