jeudi 24 mars 2011

Le mur de briques

Quand une brique te tombe sur la tête, on dirait que le mur au complet s'effondre sur toi. Quand tu réussis à en retirer une, les autres risquent de suivre peu de temps après.

C'est le premier message positif debout un méchant bout et je prends quelques minutes pour le partager avec vous.

Hier, j'avais rendez-vous avec des T.S. qui travaillent à la direction de la protection de la jeunesse. Quand l'un d'eux m'avait appelé en janvier, j'étais tellement frustré que je lui avais balancé un paquet de réprimande sur le fait qu'aucun fonctionnaire va me dire comment élevé mon fils et que ce n'est pas l'État qui va prendre les décisions à ma place. Ça, je le pense encore, j'ai un tel mépris pour l'État et un cynisme pour la classe politique et leurs « vraies valeurs » (c'est-à-dire se faire réélire dans 4 ans). Je dis donc à l'homme à l'autre bout du fil que je n'ai rien à lui dire et qu'on ne se rencontrera pas.

Plusieurs semaines plus tard, je discute avec un bénévole d'un organisme qui défend les parents contre cet organisme. Il me raconte des histoires d'horreur. Bref, le meilleur conseil qu'il me donne est de rappeler l'homme à qui j'ai parlé et de le rencontrer. Je le fais dès que ce bénévole, un confrère de travail aussi, quitte mon bureau.

La rencontre avait lieu hier. Je m'assois avec une crainte justifiée de voir ces deux intervenants, un homme (celui a qui j'ai parlé) et une femme, tenté de m'emberlificoter dans une série de contradictions afin de me fourvoyer et de me mettre dans le pétrin. Je m'étais dis de parler le moins que possible. Finalement, je fais un politicien de moi-même et ne tiens pas ma promesse. Je parle et raconte en toute honnêteté mon cheminement, mes espoirs, mes objectifs, mes gains et mes échecs. On me pose des questions, mais je n'ai rien à cacher je n'ai jamais frappé mon gars et je ne me lève pas le matin en cherchant comment je pourrais lui faire de la peine.

Le plus dur dans tout cela c'est que moi-même je n'ai pas eu une adolescence facile, surtout mon passage au secondaire, et j'essaie d'éviter qu'il ne vive une situation semblable. Comme vous le savez, pour un ado, les parent, ce n'est pas cool. La seule différence entre lui et moi est que je n'ai jamais eu d'idées noires, je n'ai jamais parlé de suicide ni prétendre avoir l'intention de.

Une heure trente plus tard, la seule chose qu'on me « reproche » c'est de ne pas laisser assez de place à la mère pour s'exprimer (!) lors de rencontre avec les intervenants.

Mardi, j'avais rencontré les deux autres intervenants, un homme et une femme, de l'Hôtel-Dieu-du-Sacré-Coeur et la dame m'a dit qu'aucun médicament ne peut guérir le négativisme et le mal de vivre de mon fils. Si j'avais pu sauter au plafond, je l'aurais fais! Je l'ai félicité parce que c'est la première fois qu'on n'a pas la « solution médicament », qu'on approuve ce que je clame depuis des années.

Il y a encore beaucoup de travail à faire, je ne suis pas au bout de mes peines, mais quand j'ai quitté la pièce, la dame de la direction de la protection de la jeunesse m'a félicité d'être un père et de parler avec mon coeur. J'espère qu'ils ont compris que j'aime mon gars et que je désire que lui rendre la vie plus belle.

La dénonciatrice aurait dû (et avait l'obligation d'après moi) d'agir autrement que cette manière sournoise et mesquine.

Belle victoire pour papa!

4 commentaires:

  1. Cette dénonciatrice mesquine n'a peut-être pas la capacité de se mettre à la place du père et donc ignore du même coup les efforts que tu places dans cette relation.

    Néanmoins, c'est un beau pas en avant autant du côté bureaucratique que pour toi: ils savent qu'un tel médicament n'existe pas (fort heureusement) et que tu fais plus que ce qu'il faut pour que ça fonctionne.

    C'est un mince filet de lumière dans le long et sombre tunnel, mais c'est déjà ça.

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  2. Enfin, tu as rencontré quelqu'un qui semble comprendre ta situation. Je partage le fait que la lumière semble vouloir se pointer au bout du sombre tunnel. Ne désespère pas.

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  3. Tant mieux. Je suis contente pour toi. Par contre, j'ai un peu de peine de ta méfiance envers l'État. Les gens qui travaillent dans la fonction publique ne sont pas des politiciens. La plupart de ces gens sont là par passion et par amour envers les gens: surtout ceux qui travaillent dans le système de la Santé. Tu devrais le savoir étant toi-même un employé de l'État fédéral.

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  4. @Isabelle Personnellement, je suis contre l'État tentaculaire, l'État partout qui gère tous nos problèmes. Je suis un pro responsabilisation de l'individu. Les québécois ont trop besoin du gouvernemaman!

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