samedi 8 janvier 2011

Les épreuves de la vie

Il vient toujours un temps où tout semble vous frapper de tous les côtés et je vis l'un de ces moments.

Je ne veux pas nécessairement exposer ma vie privée sur Internet (ce serait une maladresse de ma part), mais ça me fera du bien d'en écrire une petite partie.

Premièrement, il y a fiston. Plus il vieillit, plus son caractère devient insupportable. L'adolescence débute, je vous l'accorde, mais c'est plus que la simple opposition ou les jérémiades habituelles. Je n'ai jamais vu un enfant avec un mal de vivre qui dure depuis si longtemps. Avoir la vie, la santé et un confort est pour lui, évidemment, de l'acquis.

On est au Canada, pas en Afghanistan.

Tous ces mots qu'il utilise pour se dénigrer et le refus de vouloir bouger un peu du sous-sol et de s'intéresser à autre chose que la Wii ou la télé. À Noël, sa mère est venu le porter chez moi tellement c'était rendu lourd à la maison.

J'ai écrit avec lui une feuille énumérant des règles à suivre. C'était surtout pour qu'il voie la vie d'un autre oeil. Un rendez-vous avec une T.S. s'est soldé par un triste défoulement de parents qui en ont trop accumulé depuis 8 ans. Nous avons tous essayé pour le casser, pour le rendre heureux et quand j'entends des professionnelles venir me dicter le chapitre 5 de leur étude universitaire, je trouve cela trop simpliste. C'est toujours aux parents de changer. Nous avons tenté plusieurs approches, nous avons écouté tout le monde, rien de rien ne fonctionne. Comment peut-il être heureux s'il ne s'intéresse à rien et ne s'aime pas?

Je trouve le jugement facile quand on rencontre un enfant 30 minutes et qu'on tire la même conclusion (votre enfant agit ainsi pour attirer votre attention, passez-vous du temps seul avec lui? ect). Les parents partent avec deux prises contre eux.

Depuis Noël, fiston est acculé au pied du mur par sa mère. L'an passé, elle a perdu son conjoint qu'elle fréquentait depuis 7 ans à cause du mauvais caractère du jeune. Pendant ces 7 ans, le mari avait quitté 8 fois et chaque fois, sa mère avait réussi à le convaincre de revenir.

La huitième a été de trop.

Bref, il est à deux doigts d'être foutu à la porte de chez sa mère. C'est inquiétant quand on sait que chez moi, probablement parce que je suis plus strict et sévère, il a toujours hâte de partir.

Cela se répercute dans ma vie de couple. Déjà que j'ai certaines insatisfactions qui commencent à me gruger sérieusement, je n'avais pas besoin de cela. J'attendais que la période des fêtes soit passée pour m’asseoir avec ma conjointe et en discuter, mais je n'ai pas le temps de le faire. Je donne mon énergie à fiston et à la maison, j'arrive brûlé, vidé. J'essaie de m'évader avec l'écriture (commencez-vous à comprendre d'où vient l'inspiration du roman sur les relations hommes/femmes?), la lecture et le hockey.

Pour le sport, j'ai hâte de recommencer à jouer. Pendant que je cours après la boule, je ne pense pas à ça et quand nous buvons notre bière après le match, ça me fait du bien de jaser de n'importe quoi avec des gars.

Ma conjointe m'a affirmé qu'elle ne penserait pas toffer si mon gars venait à temps plein chez moi.

Qu'est-ce que me réserve l'avenir? 2011, année de grands changements (négatif et positif?). Quel est le numéro de téléphone de madame Minou?

12 commentaires:

  1. Peut-être devrais-tu essayer d'écrire à ta conjointe au lieu d'écrire de la fiction?

    Si tu sais que tu t'exprimes mieux par écrit, peut-être que ce serait plus facile ainsi.

    Bonne chance, Benoit.

    RépondreEffacer
  2. Excellente idée, je n'y avais pas pensé!

    Merci!

    RépondreEffacer
  3. Je vais parler pour moi. Ma conjointe et moi sommes allés rencontrés un psy, ensemble, pour partager notre complet désarroi. On a trouvé quelques pistes. Ça n'a pas tout réglé, mais au moins, on s'est bâti un "plan de travail" (RE: gars de 16 + dope)
    J'avoue que j'ai eu accès à un PAE
    On a fait cette démarche après une réponse idiote de Jeunesse J'écoute puis un avis bien humble d'une connaissance d'un Centre jeunesse

    RépondreEffacer
  4. C'est pas facile ces situations, quand les enfants sont en jeu tout le monde est émotif. Il faut réfléchir à ce qui occasionne ces émotions. Quel est le comportement qui vous met sur le trigger. Et ce comportement, s'il ne change pas, il faut le mettre face aux conséquences ; pas de première, deuxième ou troisième chances. Quand ça dure depuis aussi longtemps, il faut que ça change.

    RépondreEffacer
  5. Mon enfant, l'enfant de la conjointe, les couples reconstitués ce n'est pas toujours évident.

    Merci de vos conseils.

    RépondreEffacer
  6. Bonjour Benoit, je m'infiltre dans ton blogue que je découvre et que je trouve super intéressant. Ton histoire me touche beaucoup, parce que j'ai vécu une pareille situation avec ma fille. Ça duré 4 ans (psy, centre jeunesse, drogue, fréquentation, name it...). Entr l'âge de 11 ans et 16 ans, elle nous a fait vivre pas loin de l'enfer ;o(

    Et le jour ou j'ai lâché prise, les choses ont changé. Quand elle a eu 16 ans et 1 mois... elle est partie de la maison vivre dans un taudis avec son chum, c'est ça qu'elle voulait - bien sur moi je ne voulais pas.

    Un moment donné, faut leur redonner la responsabilité de leur vie. C'est ce que j'ai fait. Je ne voulais pas (plus) que son comportement détruise ma vie (ce qui était le cas) et ma vie de couple (mon conjoint est son père bio). Depuis 3 ans, ça va mieux entre nous. Bien sur elle ne mène pas la vie que j'avais rêvé pour elle, mais elle mène la vie qu'elle veut.

    Courage ! Paraitrait que quand ils deviennent adultes... ils comprennent ;o)

    RépondreEffacer
  7. Bienvenue sur mon blogue, Lucille!

    Pas évident de rendre heureux un enfant qui n'aime rien et qui n'a aucun intérêt pour rien. J'ai l'impression de pagayer seul contre la tempête parce que sa mère ne m'aide pas, elle veut qu'il change, le reste, j'ai des doutes sur la sincérité.

    Avec ce mal de vivre et l'utilisation du mot suicide à la minute qu'il est contrarié ou essuie un refus, j'ai peur de son passage à l'adolescence. Que va-t-il faire s'il a un échec scolaire? Une rupture amoureuse? C'est aussi le candidat idéal pour les gangs parce qu'il n'a pas beaucoup d'amis, il pourrait se faire influencer et devoir faire ses « preuves » pour être accepté.

    Pour le couple, ça n'avait aucunement rapport avec mon fils. Mettons que c'est une brique de plus sur le gratte-ciel des problèmes!

    RépondreEffacer
  8. @Isabelle et François Je sais que je ne suis pas le seul à vivre une telle situation. Je ne veux pas abandonner, mais ça vient dans tous les sens. Déjà que j'ai de la misère (beaucoup de misère) à me discipliner pour continuer mes projets, l'arrivée de ces tracas supplémentaires n'aide pas.

    RépondreEffacer
  9. Il ne faut SURTOUT pas que tu te sentes coupable de quoi que ce soit. Tu ne dis pas l'âge de ton fils, mais il faut qu'il apprenne à vivre avec SA vie. Qu'il comprenne qu'il est responsable de ce qu'il met dans sa vie comme bagage.

    J'ai placé ma fille en Centre d'accueil, à 15 ans, parce qu'elle menaçait de se suicider. Ces menaces je ne pouvais pas les endurer. J'ai enduré beaucoup de choses, mais ça, c'était au dessus de mes forces.

    Un coup placée, elle m'a dit - dans un accès de rage - qu'elle ne voulait pas se suicider, qu'elle disait ça juste pour me faire du mal. Elle était en colère parce que je l'avais placée. Je lui ai fait clairement comprendre que je l'avais placée en raison de son comportement suicidaire et des ses fréqueantations. Qu'elle était la seule responsable du fait qu'elle soit privée de liberté. Je n'ai jamais cessé de lui dire que je l'aimais. Elle est restée 8 mois en centre d'accueil.

    Désolée de m'étendre... j'ai l'impression d'écrire une (autre) tranche de vie ;o)

    Ce genre d'expérience nous fait grandir, nous fait apprécier les (petites) choses qui vont bien dans notre vie, nous valide dans notre désir de vivre heureux (et en paix quand tout ça arrête). Courage et patience... sont les antidotse par excellence pour la traversée (infernale) de l'adolescence !

    RépondreEffacer
  10. 11 ans.

    Samedi soir ma conjointe avait une soirée pour les 40 ans d'une amie et une éducatrice de l'école de mon fils était là (drôle de hasard quand même). Elles connaissent toutes son nom et ses problèmes de comportement...

    RépondreEffacer
  11. Merci de votre soutien, de vos conseils et de partager une tranche de votre vie avec moi!

    RépondreEffacer
  12. Wow... décidément, on ne peut pas dire que la vie de fasse de cadeau dans certains aspects. Je suis sincèrement déçu de la tournure des choses, sachant les efforts que tu y met. Néanmoins, si je peux faire quoi que ce soit, tu connais mon numéro et je t'aiderai comme je peux, peu importe l'heure.

    RépondreEffacer