vendredi 17 décembre 2010

Un autre extrait!

Tiens, ça m'amuse! Je vous offre un extrait d'un roman que j'écris présentement. Vous allez vite comprendre le sujet dont je parle, malgré qu'avec cet extrait, cela pourrait être trompeur. Quoi qu'il en soit, ça ne veut pas dire que ça ne changera pas lors de corrections.

Vous êtes adultes, mais juste vous dire que ça parle de sexe en masse et c'est assez direct, sans être vulgaire (chose dans laquelle je n'aimerais pas tomber). Dites-moi, vous aimez ou pas?

***


Ce vendredi a été long et interminable, mais le cadran indique enfin cinq heures. Tout le staff débarque au Cinnamon, un lounge populaire pas trop loin du boulot. Ici, on a opté pour de la musique électronique. C’est mauvais, mais il faut faire avec!

Les banquettes en cuirette pourpre, la lumière tamisée, le mur de brique rouge, les affiches laminées de publicité de boissons alcoolisées datant des années soixante et les petites tables rondes acajou créent une chaude ambiance.

Je discute avec Luc, un confrère de travail qui, avec les années, est devenu un ami. Bière à la main, nous parlons du contrat lucratif qui assure l’avenir de la compagnie à moyen terme. Notre discussion bifurque rapidement sur les femmes. Je ne peux m’empêcher de contempler quelques une de mes collègues féminines. Certaines portent une robe légère, d’autres un tailleur avec des sandales ou des souliers à talons hauts. La moyenne d’âge tourne autour de trente ans. De plus, comme une bonne occasion n’arrive jamais seule, l’endroit fourmille de splendides clientes roulées comme des princesses! Craques de seins, grandes jambes, visages poupins, cela accélère mon rythme cardiaque et risque de me faire péter un infarctus! Luc claque des doigts à deux pouces de mon nez.

« La Terre appelle la Lune! »

Je secoue la tête.

« Ça fait longtemps que je ne suis pas sorti dans une place comme ici. Les bars miteux que je visite avec le band n’attirent jamais grand monde!

— Pourquoi te prives-tu? Magasine!
— Je suis en couple, je te rappelle.
— Ferme ta gueule, profite de la vie pis Caro ne le saura pas. »

Facile pour lui. Coureur de jupon émérite, sans femme stable ni enfant, il rencontre sans arrêt et profite des avantages de n’entretenir aucune relation sérieuse. Chacun reste chez soi et souvent, il en fréquente deux ou trois en même temps. Quand l’une désire quelque chose à long terme, il se faufile comme une couleuvre vers la porte de sortie. Il porte le goulot à sa bouche et me dit :

« Essuie la bave sur le bord de tes lèvres! »

J’esquisse un sourire béat et j’éponge ma bouche avec la manche de ma chemise. Joanie s’arrête à notre table. Fin vingtaine, célibataire, mignonne à croquer, nous avons discuté quelquefois pendant nos heures de dîner. Sa robe noire dévoile de belles pattes bronzées et ses épaules dénudées, sur lesquelles tombent ses longs cheveux ébène, attirent plutôt mon attention vers ses jolis seins. Je glisse mon bras à sa taille et lui donne un baiser sur chaque joue. La sensation de toucher un autre corps, la douce peau de son visage et son parfum éveille des hormones endormies depuis des mois.

« Allô, Franck
— Salut Jo! »

Elle fait pareil avec Luc. D’après moi, c’est lui qu’elle vient voir.

« Pourquoi restez-vous seul dans votre coin? demande-t-elle.
— On jasait de tout et de rien, répond Luc.
— De quoi deux hommes peuvent-ils bien parler?
— Penses-y deux minutes! », je lance.

Elle demeure silencieuse, mais son rire veut tout dire.

« Je peux t’offrir un verre?
— D’accord! »

Une heure du matin. La plupart de mes collègues, dont Luc, sont retournés à la maison. Joanie et moi sommes assis, face à face, et discutons. Bien des questions me trottent dans la tête. Primo, nous avons une dizaine d’années de différence, est-ce que cela la dérange? Deusio, elle connait ma situation familiale, ce n’est pas un secret pour personne au bureau, le sait-elle ou est-ce moi qui me fais des idées? Quelque chose m’oblige à rester, à me perdre dans ses yeux bleus, à admirer sa silhouette, à vouloir la baiser sur le comptoir devant tout le monde et l’entendre crier : « Oh! François, j’aime sentir ta grosse queue au fond de moi, traite moi de noms! »

Je n’ai pas ressenti cette excitation, cet engouement pour une femme depuis longtemps, très longtemps même. Ce regard qu’elle a pour moi, je gagerais un vieux deux que Joanie partage les mêmes idées que moi! Elle m’extirpe de mes pensées :

« J’ai su que tu joues de la musique.
— J’ai un band avec de vieux chums.
— Faites-vous des shows?
— Des fois. Ça fait un bout qu’on n’en a pas cédulé. »

La discussion paraît banale, mais elle ne l’est pas. J’ai la preuve vivante qu’une femme peut s’intéresser à moi. Que je peux toujours plaire malgré mes cheveux blancs et mon front qui se dégarnit. La serveuse nous informe du last call. Déjà? Je n’ai pas vu l’heure. Nous quittons le Cinnamon, main dans la main, et sans dire un mot de plus, je la colle contre mon auto. Nous échangeons un baiser langoureux puis nos langues se rencontrent. J’ai une érection instantanée! J’ouvre la portière arrière de ma voiture familiale. Je l’ai tout juste refermée que ma conquête détache mon pantalon et le baisse aux chevilles. Elle introduit mon membre dans sa bouche. Une éternité s’est écoulée sans que j’aie droit à ce cadeau. Caroline ne m’a pas gâté depuis des mois. C’est génial, je suis aux anges, Joanie sait vraiment comment faire! Elle fouille dans sa sacoche. Elle déchire le coin de l’enveloppe d’un condom et le déroule sur ma verge. Elle embarque sur moi et dirige mon sexe en elle. Ça urgeait, dirait-on!

Quel plaisir de caresser un autre corps. Ses seins, dont la gravité n’a pas encore fait son sale boulot, taquinent ma bouche. Je délecte ses mamelons. L’étroitesse de sa chatte et la nervosité occasionnent un sérieux défi afin de ne pas éjaculer trop tôt. Elle se retire et m’invite à la prendre par l’arrière. Elle oriente mon pénis dans le second orifice.

Mon cœur tambourine si violemment que j’entends à peine Joanie m’ordonner d’aller plus vite, de lui donner des claques sur les fesses, plus fort, plus vite, plus fort, plus vite, FORT, VITE, n’arrête pas, c'est bon! Elle crie, elle hurle, elle s’époumone… et je viens!

Nous relaxons quelques instants, le temps de retrouver notre respiration normale. Joanie cache ses magnifiques seins et descend sa robe. Elle me donne un baiser et chuchote :

« Bonne nuit! »

Elle se dirige vers son auto et quitte le stationnement.

2 commentaires:

  1. L'extrait est bien en soi, pas trop vulgaire, juste la bonne dose d'érotisme. Pour avoir lu en grande parti ton histoire, je peux dire que tu dépeinds bien la réalité des "vieux" couples. La routine s'installe et on le goût de nouveauté. J'ai hâte de lire la version finale. Je crois sincèrement au potentiel de ce texte.

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  2. Il faut avouer que ta description des vieux couples est très intéressante, notamment dans ce qu'elle a pour tous et chacun ayant déjà été en couple aussi longtemps pour remarquer cet état se dégrader.

    J'aime bien la descente annoncée du personnage principal et combien son entourage l'averti sans qu'il n'y tienne compte, qu'il suive ses émotions internes plutôt que de voir ce qu'il a devant lui.

    Je vais dire comme on l'a déjà dit: le fruit défendu attire tout le monde, y compris ceux qui s'y croient à l'abri. Vivement de découvrir où les gestes de Franck le mèneront et pourrons peut-être détruire sa vie considérablement.

    Une introduction plus qu'adéquate.

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