mercredi 15 décembre 2010

laterrasse.com, nouvelle version

Je n'ai pas encore publié de billet vous permettant de lire ce que j'écris. J'ignore si beaucoup d'entre vous ont lu ma nouvelle dans Katapulpe 5, laterrasse.com, mais la voici remaniée pour le début de mon roman. Je ne révèle rien de nouveau puisque c'est exactement la même chose.

Ce n'est pas un conte de Noël, comme dans le billet écrit par Richard Tremblay, mais j'aimerais savoir si vous aimez ou non.

Merci à ceux et celles qui ont accepté de m'aider, de commenter avec honnêteté dans ce projet et tous les autres que j'ai entrepris. Je ne vous nommerai pas, je ne sais pas si vous voulez et je risque d'en oublier.

Je ne vous l'ai pas encore dit, « Merci! »

En attendant, j'espère toujours d'obtenir une réponse positive pour ce projet.

***

Amélie me dicte le trajet que j’ai fait imprimer de Google Maps et m’indique d’emprunter la rue d’un parc industriel. J’aperçois enfin l’insigne lumineuse House sur la paroi en aluminium d’un mur extérieur. L’adresse fournie par François sur le site de laterrasse.com correspond bel et bien à cette place.

Le stationnement est désert. Je n’y vois pas âme qui vive. Même pas un fumeur qui grille une cigarette. À cette heure, toutes les compagnies aux alentours sont fermées. Personne ne débarquerait ici sans raison. Je me félicite d’avoir demandé à ma chum de sortir avec moi.

Ce n’est pas l’emplacement le plus vendeur. Je ne peux pas m'imaginer que tout le monde est venu ici à pied. Peut-être organisent-ils des voyages d’autobus afin de faciliter la vie de la clientèle. J’esquisse un rictus et garde cette réflexion pour moi.

Je gare l’auto et scrute l’extérieur de la bâtisse : revêtement détérioré, fenêtres sales et teintées protégés par des barreaux, le gros luxe, quoi!

Nous nous dirigeons vers ce que je suppose être l’entrée. Je pousse la porte et tombe face à face avec le portier. Il nous lance un petit coup d’œil. Je lui souris béatement.

La musique qui résonne dans mes oreilles est entrainante et me donne envie de me dégourdir les pattes.

Un homme est adossé au mur. Il sirote une mixture rouge tout en m’observant de haut en bas. Je tends mon manteau à la préposée au vestiaire. L’inconnu fixe intensément le décolleté de ma camisole moulante. À croire qu’il contemple la première craque de sa vie! Il avance vers moi.

« Chloé?
— Oui.
— Je suis content que tu sois venue. »

Je reconnais François grâce à ses photos sur le site de rencontres et aux échanges dans nos e-mails. Il me donne un bisou sur chaque joue et me prend la main afin que je le suive à l’intérieur.

« Il faut attendre Amélie.
— Pas de problème! »

Elle nous rejoint après avoir payé son vestiaire.

Je me suis trompée. La place est bondée de monde. François doit pousser dans le dos des autres pour que nous puissions passer. La plupart des clients se retournent et me déshabillent des yeux, exercice qui semble être commun ici. Devant moi, au fond, il y a une scène sur laquelle dansent des hommes torse nu et des filles en tenue légère.

J’avoue que ces messieurs sont très attirants avec leurs six pack reluisants de sueur, leurs biceps découpés et leurs pectoraux athlétiques. Avec leurs maquillages vulgaires et leurs robes provocantes, les femmes dévoilent leurs attributs féminins plus qu’elles ne les cachent.

La piste de danse est au pied de la scène. Là aussi, ça se dandine collé les uns contre les autres. Bien des gars portent la camisole ou ont la chemise déboutonnée jusqu’au nombril. La plupart des clientes revêtent un jean moulant ou une mini-jupe. La boule disco suspendue au plafond diffuse des petits points blancs partout. La lumière stroboscopique me donne l’impression de marcher comme un robot. François nous amène au comptoir.

« Quelque chose à boire, les filles?
— Une bière pour moi.
— Même chose. », dit Amélie.

Il lève la main. La barmaid vient prendre sa commande.

« Pis, qu’est-ce que t’en penses? », je demande à Amélie.
« J’ai l’impression d’être un morceau de steak dans un abattoir.
— T’as vu Anne-So? »

Elle secoue la tête. La raison principale de mon abonnement sur laterrasse.com est que je n’ai plus de nouvelles d’Anne-So depuis plus d’un mois. Nous passions rarement une journée sans au moins nous appeler. Même lorsque nous avions un chum, nous continuions à nous fréquenter et faire des activités. Elle avait essayé de me convaincre de me créer un profil sur laterrasse.com, mais ça ne me disait rien jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

Parmi la banque de célibataire, j’ai reconnu François. Anne-So m’en avait souvent parlé et m’avait montré des photos de lui.

François nous apporte nos consommations. Il s’est acheté un breuvage rouge et épais servi dans un long verre. Pas très appétissant! Un autre homme le rejoint. Blond, les yeux bleus, barbe bien taillée, il me dépasse d’une bonne demi-tête. Il échange quelques mots avec François.

« Les filles, je vous présente Jonathan. », nous lance-t-il.
« Enchanté! », réplique Jonathan, en nous embrassant toutes les deux sur les joues.
« On va danser? », propose François.

Quelle surprise! Un gars qui danse! Je réponds par l’affirmative et nous nous précipitons sur la piste. Après une courte bataille de coup de coude, nous avons un espace suffisant pour bouger. Les caisses de son crachent un beat assourdissant qui m’ordonne de me défoncer. J’en oublie presque la raison de ma présence.

La seule place où je pourrais avoir une vue d’ensemble est sur la scène, mais je ne suis pas assez chaude pour m’exhiber devant les autres.

Un nouveau couple semble se former. Jonathan a saisi Amélie par la taille et lui bécote le cou avec une ardeur dévorante. Ce n’était pas le but de la soirée, mais je connais ma chum, elle ne refusera pas de coucher avec un homme qu’elle trouve de son goût. François me sort de mes pensées.

« Tu l’as vu?
— Non, y a trop de monde.
— Pourtant, je la vois ici régulièrement. »

Un de ses messages me demandait si j’avais un but précis en m’inscrivant à laterrasse.com. Je lui ai expliqué que j’étais curieuse mais aussi qu’une de mes amies était accro de ce site et avait rencontré quelqu’un (je n’allais pas lui dire que c’était lui). Je lui ai envoyé une photo d’Anne-So avec moi lors d’un party. Nous n’étions pas à notre meilleur, mais c’était la seule que j’avais. François m’a proposé de sortir avec lui au House afin de vérifier par moi-même si c’était bien Anne-So qu’il avait vu et non un sosie.

Une blonde de cinq pieds dix avec une bonne paire et un piercing sur le nez, ça ne passe pas inaperçu!

Tout d’un coup, la musique ralentie. Le beat a diminué de bpm. Je consulte ma montre : à peine passé minuit. Les slows commencent si tôt? François s’approche de moi et colle ses lèvres sur les miennes. Ses mains baladeuses caressent mon dos et descendent sur mes fesses. Je suis hypnotisé, incapable de remuer un seul doigt et de le repousser. Moi qui garde toujours une certaine distance lors d’un premier rendez-vous, j’ai le goût de sexe et tout de suite. Jamais je n’ai été aussi en manque.

Autour de moi, des couples se cajolent sans pudeur. Hommes avec femmes, hommes avec hommes, femmes avec femmes ou en groupe, c’est l’orgie! Jonathan déguste les seins d’Amélie dont les mamelons sont si durs qu’ils pourraient lui crever un œil! Elle est complètement subjuguée par la technique de son partenaire.

François me couche au sol, mordille mon lobe d’oreille et embrasse ma nuque. La sensation est extrême. Ma petite culotte ne peut plus rien absorber tellement je mouille! J’ai chaud, je dois me déshabiller et j’attends juste que François passe à l’acte. Qu’il me pénètre brusquement et vienne au fond de moi.

Il se relève, la bouche et le menton tachés de sang. À côté de lui, Anne-So me regarde avec un sourire affectueux. Elle s’approche de moi, enlève les cheveux collés sur mon visage et caresse ma joue avec le revers de sa main. Je la trouve bizarre. Elle a changé de look. Sa peau blafarde qui se reflète sous les black lights me fait peur. Sa joie profonde envers ma présence et ses câlins sème un doute dans mon esprit.

« Je suis ravie de te revoir, Chloé. Laisse-moi te goûter! »

Elle exhibe ses canines et pose sa bouche à la même place que François. Des machines propulsent de la fumée sur la piste de danse. Ça sent la poudre pour bébé. Je n’arrive plus à voir autour de moi. J’émets de petits cris de jouissance et agrippe l’arrière de la tête de mon amie. Pas pour la repousser, mais pour savourer encore plus ce moment. Après un délai qui m’a paru trop court, j'aperçois le visage d’Anne-So, le menton taché de sang. Elle se lèche les babines et les doigts.

« Tu sens bon et ton goût est exquis. », murmure-t-elle à mon oreille.

J’ai presque une crise d’hyperventilation tellement je cherche mon air. Le nuage commence à se dissiper. Je remarque Amélie couchée sous Jonathan. Elle l’enlace dans ses bras pendant qu’il déguste je ne sais trop quoi.

« Maintenant, tu as un choix à faire. »

Mes yeux se ferment malgré ma volonté.

9 commentaires:

  1. Moi, j'aime beaucoup :)
    j'ai dévoré :-P

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  2. Merci!

    C'est la première fois que je mets un de mes textes en ligne et j'avoue que ça me rend nerveux.

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  3. Je te le redit: J'aime ça! Espérons juste qu'un éditeur daigne bien te donner ta chance, car je suis certains que ça aurait du succès.

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  4. Comme introduction, c'est toute une entrée en matière. Le rythme est rapide mais pas trop, Chloé attire notre sympathie par la recherche de son amie, le monde dans lequel elle plonge n'est pas celui qu'il semble être. Bref, c'est un très bon début et comme dans tout bon début, ça donne hâte à la suite.

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  5. Heu... Une histoire de vampire? Hum... Y'a ptêt un ti problème de timing qui risque de jouer contre toi. Beaucoup.

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  6. @Simon Merci!

    @Gen C'est sûr, y en a eu une barge ces dernières années, sait-on jamais...

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  7. @Gen Tu te souviens de la réponse que j'avais copier/coller dans un commentaire sur ton blogue? C'est pour ce manuscrit.

    Comme me disait un confrère écrivain (Jonathan Reynolds pour ne pas le nommer), écris avec tes tripes, pas pour faire plaisir aux autres, mais à toi. C'est l'histoire que j'ai le goût d'écrire présentement.

    Le reste demeure hors de mon contrôle.

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  8. @Benoit : C'est sûr que si t'es pas capable de te la sortir de la tête, autant aller de l'avant! ;)

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