vendredi 3 septembre 2010

Où est la main-d'oeuvre?

Comme vous le savez déjà, ma conjointe a créé une petite entreprise. Ça va tellement bien, qu'elle doit refuser des contrats et de nouveaux clients. Cette situation m'attriste. L'incapacité de prendre de l'expansion parce que manque de main d'oeuvre. Elle n'arrive pas à engager et ainsi faire une deuxième équipe. Ça me désole qu'elle doit faire du surplace.

La cerise sur le sundae : son employée quitte la semaine prochaine. Meilleur emploi, meilleure condition, meilleur salaire, je suis heureux pour elle, j'aurais fait pareil.

La patronne compose un texte qu'elle met sur emploi-Québec. L'annonce a été vue environ 400 fois. Salaire compétitif (je veux dire qu'ailleurs il ne paie pas mieux), lundi au vendredi de jour, transport inclus (tu n'as qu'à te rendre chez moi), possibilité d'avancement (si un jour la fameuse deuxième équipe est créée), etc. Vous le constatez, ce n'est pas si pire.

Malheureusement, la dernière journée d'avis s'en vient et elle n'a pas embauché. Impossible de trouver quelqu'un. La seule personne qu'elle a rencontrée a écrit, le lendemain, un courriel expliquant qu'elle vient d'être embauchée ailleurs...

Les curriculum vitae qu'elle reçoit sont bourrés de fautes de français, les candidats ne se présentent pas à l'entrevue ou, comme une dame, se décommande 15 minutes avant l'entrevue. Elle avait trouvé...

Où est la main-d'oeuvre? Simple question, sans pensée méchante ou négative, je veux comprendre. Faut-il payer 20$ de l'heure avec 4 semaines de vacances, en juillet, dès la première journée?

Ce n'est pas un jugement que je porte, je me questionne. À Québec, c'est le plein emploi, ça n'aide pas, mais tout de même, 1 personne, 1 seule et unique personne, où est-elle?

Je vous ai conté certaines anecdotes qui me sont arrivées. Sans jeter le blâme sur toute une génération, je me gratte la tête. Par exemple, mercredi, trop chaud pour cuisiner, on va chercher de la bouffe au restaurant. Arrivé chez nous, on constate que la fille s'est trompée, elle a mis 2 frites au lieu d'un frite et d'une boîte d'ailes de poulet. Peut-être si elle avait moins raconté sa vie, moins textée sur la job, elle aurait pu se concentrer. J'ai appelé le gérant pour me faire créditer et je lui ai conseillé que son restaurant devrait interdire les cellulaires sur la job. Il m'a avoué, un peu découragée de me donner raison :

« Ils sont tous de même. »

Ça vous choque? Vous êtes en désaccord? J'ai le jugement facile? J'ai tort, j'invente des histoires? Je chiale? Ça n'arrive qu'à moi? Qu'est-ce que vous allez dire quand l'un d'eux va faire une erreur dans vos médicaments quand vous serez malade, parce qu'il textait en même temps?

Qu'est-ce qui différencie cette génération à la mienne et à celle de mes parents? Les baby-boomers ont construit ce pays, les X, eux, commencent à faire leur place, leurs parents partent à la retraite, mais les Y et la génération qui les suit, que font-ils? Oui, oui, oui, je sais, je généralise, mais faisons une moyenne, OK?

J'ai un couple d'amis qui ont 2 ados à la maison. Cet été, leur gars de 14 ans a passé ses journées à jouer à XBOX live avec ses amis. La fille de ma conjointe, 13 ans, qui doit travailler environ 2 heures par semaine avec sa mère pour se faire un peu d'argent pour payer sa carte prépayée de cellulaire (1 fois par mois), trouve régulièrement des astuces pour se défiler de sa tâche. Elle préfère un téléphone sans temps que de travailler. Au début de l'été, j'avais offert à mon fils de venir passer des circulaires pour la business, j'allais le payer. Il n'a pas bougé.

Question d'éducation? Tous les parents ne sont pas assez sévères?

Comme je le disais, à 12 ans, je livrais le publi-sac et à 14, j'étais chez Burger King. Je n'étais pas parfait, j'ai fait des conneries comme tout le monde, mais je travaillais. C'était plus sévère et moins permissif. Et puis, dans mon temps, de l'emploi, il y en avait pas mal moins.

Mon beau-père a 69 ans et travaille encore à temps partiel.

Bref, ma conjointe va perdre la moitié de ses clients. Elle n'a pas trouvé et elle est épuisée de chercher. Je viens de lire la dernière personne qu'elle devait passer en entrevue, elle a trouvé un emploi...

Elle a essayé, sans succès, au printemps de former une 2e équipe et là, ça urge et rien de rien. Peut-être redondant comme message, mais ça fesse, comme le choc démographique va fesser dans moins de 10 ans.

4 commentaires:

  1. Prière de ne pas confondre les Millenium avec les Y. Les Y, c'est les actuels moins de 30 ans, mais plus de 20. Ils sont déjà sur le marché du travail. Et les employeurs chialent qu'ils sont peu motivés, mais comme ils sont également peu payés, je dirais que c'est compréhensible.

    Les Millenium, c'est ceux qui s'en viennent. 20 à 10 ans actuellement. Si un jour on arrive à les décoller de leur cellulaire et qu'on convainc leurs parents d'arrêter de les gâter, peut-être qu'on arrivera à en faire quelque chose.

    Parce que, franchement, comment tu veux convaincre un ado d'aller flipper des boulettes quand il a déjà sa console de jeux, son cellulaire, ses vêtements à la mode, etc, etc, etc? J'm'excuse, mais je suis allée travailler parce que j'avais besoin d'argent. Eux, ils en ont pas besoin.

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  2. Je radote un peu, mais ça me frappe à chaque fois. Dis-moi Gen, suis-je dans le champs?

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  3. Ben, je ne crois pas que tu sois dans le champ. Je crois seulement que ça fait une bonne suite à ton billet sur les prêts et bourses, étant donné que ce dont tu parles ressembles davantage à une forte désillusion, une perte d'innocence, si tu veux.

    Je ne saurais pas te dire si ce dont tu parles est à 100% ce qui se passe, mais si je me fie à l'exactitude de tes propos, force est d'avouer que tu n'as pas tort puisque cette nouvelle génération de travailleurs manque complètement d'initiative et de motivation. Comme tu l'as si bien dit, ils veulent 4 semaines de congé la première journée et 20$ de l'heure. Tu parles.

    Ils n'ont peut-être pas tort de vouloir mieux, mais comme ils n'ont encore rien vécu et n'ont certainement pas l'expérience voulue pour un meilleur emploi.

    C'est drôle à dire, mais parfois je me sens un peu comme eux: démotivé... remarque, après plusieurs années de faire la même job qui ne paie pas, de toujours courir après le peu de réserve d'argent que j'ai, c'est plutôt dur de ne pas trouver de job payante et plus prometteuse que n'importe quelle autre.

    Enfin, voyons dans 10 ans comment le taux de chômage montera de façon dangeureuse. Il faudra bien que les "autorités gouvernementales" coupent les vivres à ceux et celles qui pourront travailler. Rendu là, ils vont tous se trouver une bonne raison pour prendre des anti-dépresseurs parce qu'ils travaillent dans un dépanneur 4 jours sur 7.

    On pourrait en parler durant des jours, des semaines même, et toujours trouver de nouvelles argumentations... seulement, tant que nous n'y serons pas, difficile de savoir si nous sommes désillusionnés ou si nous voyons juste.

    D'ici là, tout ce que je peux dire c'est que selon moi, tu ne semble pas radoter ou être trop dans le champs.

    Je dis merde à ta douce pour trouver quelqu'un de fiable qui ne sera pas dérangé et qui n'est pas hypocrite et de dire "je me suis trouvé de quoi déjà et mieux payé"... riiight, EUX trouvent de quoi de mieux payé et pas moi? C'est plutôt dur à croire.

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  4. Sans dire que tu es dans le champ, je pense qu'il faut prendre le contexte actuel en perspective.

    Avec le salaire minimum à presque 10$ de l'heure, pourquoi quelqu'un de moindrement éduqué travaillerait pour moins de 20$ de l'heure? C'est 40 000$ par année ça. Avec l'inflation actuelle et le coût des logements, c'est pas faramineux comme salaire. Ça se compare difficilement au 40 000$ qu'un finissant d'université gagnait il y a dix ans, alors qu'un employé au salaire minimum en faisait à peine 10 000$!

    Je m'excuse, mais la situation actuelle est ridicule : les salaires au bas de l'échelle dans les entreprises n'ont pas augmenté, alors que la charge de travail et les années d'étude requises l'ont fait.

    Et là je ne parle même pas du fait qu'un jeune travailleur d'il y a dix ans entrait dans une compagnie et pouvait espérer y faire sa vie. De nos jours, on est engagés pour six mois ou un an, avec, toujours, la menace de voir notre emploi coupé sans raison si jamais la compagnie ne rencontre pas ses objectifs de rentabilité.

    Alors si les "jeunes" peuvent obtenir un salaire décent quelque part et une certaine stabilité d'emploi, pourquoi ils resteraient là où ils l'auront pas?

    C'est plate pour ta copine, mais si elle perd des clients et de l'argent en ne trouvant pas d'employé, c'est ptêt un signe qu'il faut qu'elle augmente le salaire offert.

    Oh et personnellement, quand je lis "salaire compétitif" dans une description d'emploi, je comprends "employeur tellement cheap qu'il est gêné de dire combien il paie" et j'envoie pas mon cv... mais c'est ptêt juste moi...

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