samedi 14 août 2010

Les pours et les contres

Comme vous le savez, je suis vice-président de l'exécutif de Québec. L'exécutif précédent a été placé sous tutelle, il y a eu enquête et maintenant, il doit témoigner et expliquer certains gestes ou signer un protocole d'entente.

Ceci dit, ils n'ont pas fait que de mauvaises choses. Mais une critique revenait souvent :

« Où est l'exécutif? Qu'est-ce qu'ils font? On ne les voit jamais. »

On ne peut pas être partout à la fois ni faire plaisir à tout le monde (ça, je l'ai compris pendant mon passage musical. Sauf qu'à ma défense, j'étais attaqué de l'intérieur (mes partenaires lorgnaient ma popularité) et de l'extérieur (les jaloux et les frustrés pour qui, l'anonymat et l'accessibilité d'Internet procuraient un nouvel outil menaçant).

En moyenne, la cote d'amour varie autour de 50% (y a juste Labeaume, le dictateur, qui obtient 85%!)

Pour mon rôle de vice-président, je dois me déplacer dans certains villages. Des fois, il n'y a qu'un employé, sans compter le (ou la) maître de poste. Des bureaux grands comme ma cuisine... Ces gens nouvellement syndiqués (depuis 2004) ont besoin de support et de réponses à leurs questions. Pour ce faire, le président a décidé, dès son élection, que nous visiterons chaque lieu de travail au moins une fois, pour nous présenter et pour savoir s'il y a des problématiques.

S'ils n'appellent pas, ne se plaignent pas, ça ne veut pas dire que tout va bien.

Dans certains bureaux, les membres nous remercient de notre présence. Cette semaine, tout l'exécutif s'est présenté dans un poste dont nous n'entendons jamais parler. (assez gros, une cinquantaine d'employés). Certains se sont plaints de notre présence. Pro-boss comme syndicat à l'extrême, je crois qu'il faut doser.

Tant mieux pour les bureaux où tout va bien. Mais c'est là le hic, ces endroits sont propices à un laisser-aller, à des permissions, des faveurs du patron qui vont à l'encontre de la convention collective. Ça fait l'affaire du membre, arrange le superviseur et brime quelqu'un.

Bizarrement, l'employeur revient aux vieilles méthodes des années 80, et même 70. Intimidation, harcèlement, menaces, je vois tout ça passer et ce n'est pas joli!

Rencontrer les hauts dirigeants, est-ce que ça en vaut vraiment la peine? Va-t-il y avoir un changement? Je ne suis pas l'un de ceux qui, un peu comme l'opposition officielle, critique pour critiquer sans raison, mais là, c'est comme une claque au visage, tu ne peux pas le manquer!

Tout ça pour dire que la convention collection sera échue à la fin janvier 2011 et que le spectre d'une grève plane au-dessus de nos têtes. J'aimerais que l'employeur comprenne que des employés heureux sont des employés performants et fidèles à leur emploi (je me répète je sais, mais j'y crois vraiment). Nous devons unir nos forces pour battre la concurrence. En réalité, l'employeur n'a qu'à respecter la convention collective et ensemble, nous travaillerons à la santé financière de l'entreprise.

Écoeurer le monde, ce n'est pas une solution, mais elle semble être la seule que l'employeur connait.

Je rêve, je suis naïf, mais bon, le rêve n'est pas encore taxé...

2 commentaires:

  1. Je crois que la triste réalité vient du fait que les hauts-dirigeants semblent penser qu'ils adoptent la convention à la lettre depuis le début et qu'après des années de délinquance, de multiples revers à leur avantage, ils ne voient plus à quel point ils sont sur une toute autre rive complètement. De ce fait, ils intimident (harcèlement psychologique en vue) parce qu'ils sentent leur confort quotidien menacé. Ce n'est donc plus une question d'adopter la convention collective, mais bien une question de prendre certaines responsabilités et regarder au-delà de sa propre personne.

    Je ne dis pas que tous les dirigeants soient ainsi, mais il y a fort à parier qu'un bon nombre d'entre eux manifeste pour la mauvaise cause: la leur... ou la Cosa Nostra en italien.

    Avec la convention qui échoie en Janvier 2011, difficile de croire que les hautes instances sauront désamorcer la situation à temps. Ils feront fort probablement comme toute situation de grève l'a fait auparavant: les employés feront du piquettage, s'adresseront aux médias pour faire entendre leur cause et revendications, tandis que les patrons attendront pour faire comme dans tout mouvement de grève: prouver que ce moyen est non seulement archaïque mais sur-utilisé depuis les années 70 (dernière période qui a donné des résultats dans le domaine).

    Alors je ne dois être ni rêveur ni naïf, mais seulement désillusionné de la vie pour voir les choses de cette manière, comme elles semblent s'aligner pour se produire.

    Malgré ça, je dois dire que tu as des sujets intéressants qui amènent à un point de vue personnel, chose que je retrouve rarement même sur mon blog.

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  2. Content que tu apprécies mes sujets.

    S'il y a grève, ça ne serait pas surprenant qu'on revienne au travail suite à une loi spéciale.

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