dimanche 8 août 2010

Le protocole Reston - Mathieu Fortin



Un monstre originaire d'Asie est expédié à Toronto, mais le cargo qui le transporte frappe un haut-fond à la hauteur de Trois-Rivières et le monstre s'enfuit.

Je ne suis pas un grand fan des zombies, mais quand j'ai lu la lettre à l'éditeur et le document top secret, je me suis senti privilégié d'avoir entre les mains Le Protocole Reston.

Ce que j'ai aimé le plus dans le merveilleux univers des zombies? Resident Evil 2 et Planète Terreur!

C'est donc le récit de deux colocs qui se retrouve prisonniers dans une zone infestée par les zombies. Dès le début, les deux hommes demeurent longtemps, trop longtemps, dans leur appartement à la recherche d'une solution. Un peu comme un roman d'horreur, lorsque la fille tourne la poignée de la porte et tout le monde sait que le meurtrier est de l'autre côté et qu'elle va mourir, dans ce genre de récit, je n'attends qu'une chose : tuer des zombies! Qu'ils les décapitent à la hache, à la scie mécanique, à la carabine, que le sang pisse partout! Mais ils discutent et semblent incapables de prendre une décision. Quand les deux colocs vont quitter leur domicile, après un bref parcours à l'extérieur c'est pour se réfugier à l'école. Je comprends qu'ils n'ont pas d'armes efficaces, qu'ils sont deux contre des centaines de zombies, qu'ils ne peuvent pas tous les liquider comme Arnold dans Commando, ou Rambo dans le son premier film, mais j'aurais aimé un chapitre de décapitation!

Il y a les prénoms qui coupent le réalisme. Si on enlève Victor qui revient à la mode, Raoul, Lucien, sortent directement des années 40. Peut-être un choix humoristique, mais faudrait penser à consulter le site de la RRQ et la banque de prénoms. Agressant aussi : la narration comme les colocs les appellent par les diminutifs de « Vivi » et « Lulu ».

Une grave erreur s'est faufilée dans le résumé au dos de la couverture, on nous présente Julien, pas Lucien (ce qui, à mon humble avis, aurait été plus crédible).

Les intermèdes nous démontrent très bien ce qu'est un gouvernement : une entité tentaculaire qui siphonne notre argent sans jamais prendre de décisions pour le peuple. L'auteur a raison, mais je n'avais pas besoin de son opinion politique. Georges W. Bush (le cowboy), Mario Dumont (chef de l'opposition) et le premier ministre (Jean Charest), sans jamais les nommer, sont rendus de la même façon que nos médias. Oui, je sais Bush et Dumont personnifiaient, dans le temps, tous les maux de la planète. Ils étaient le démon réincarné!

Moi, je veux être diverti, pas connaître le penchant politique de l'auteur.

Ça aurait été intéressant que la créature soit plus exploitée.

Bref, j'ai l'air sévère et de ne pas avoir aimé, mais non, j'ai apprécié ma lecture. Il faut respecter l'auteur et apprécier le chemin dans lequel il nous conduit. Le rythme est très bon et quand j'ai cerné ce qui me dérangeait, j'ai ignoré et je me suis concentré sur Vivi et Lulu.

Faire une histoire de zombies, réinventer les morts-vivants n'était pas un défi facile. Toutefois, Mahtieu Fortin l'a relevé et pour cela, je lui lève mon chapeau. Le Protocole Reston est dans la lignée de tout bon classique de zombies qui se respecte.

Acheter ce livre.

4 commentaires:

  1. Bon Mathieu a déjà parlé de la différence entre le narrateur et l'auteur, mais j'ajouterais autre chose : quand on lit un livre, on entre dans la tête de l'auteur. Alors ça veut dire qu'il faut supporter ses "opinions", même si elles sont différentes des nôtres. Faut embarquer dans le livre et suivre le courant de pensée. Point.

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  2. Tout a fait d'accord! C'est pourquoi j'ai écrit ceci :

    Il faut respecter l'auteur et apprécier le chemin dans lequel il nous conduit.

    Mais des fois, le jupon dépasse!

    Pour la différence, entre narrateur et auteur, je suis aussi en accord, sauf que, on a tendance à mettre nos opinions et nos idées, c'est impossible d'être impartial.

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  3. En effet, c'est impossible d'être impartial. Mais faut donc pas que ça t'agace à chaque fois que les opinions de quelqu'un ne correspondent pas aux tiennes, surtout si elles sont accessoires à l'histoire...

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  4. J'ai toujours trouvé le récit confus et inutilement compliqué pour rendre une histoire si simple. Ça n'ajoute de chair autour de l'os que pour les morts-vivants, en somme.

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