jeudi 29 juillet 2010

Burger King : The Next Generation

Ce soir, j’ai été mangé chez Burger King. Oui, je sais, la grosse classe, mais nous n’avions pas le temps de nous éterniser au restaurant ni de préparer le souper.

À 14 ans, j’ai travaillé chez Burger King. Celui de la rue d’Estimauville, dans le centre d’achat des Galeries de la canardière. C’était mon premier emploi de la sorte. Auparavant, j’avais livré le Publi-sac pendant 2 ans et camelot quelques mois pour le journal le Soleil.

Avouez que mon emploi actuel m’était prédestiné!

Revenons à BK. Il y a trois caisses d’ouvertes pour prendre les commandes. Deux gars et une fille. Les deux gars ne se sont pas rasés depuis plusieurs jours et chaque mouvement de l’index sur le clavier de la caisse semble aussi pénible que de résoudre une équation d’algèbre.

Moi, à l’époque, j’ai omis de me raser une seule fois et immédiatement la superviseure m’a réprimandé et menacé de me raser avec un Bic et à l’eau froide. J’étais à la cuisine, presque personne ne me voyait.

Ça s'était de la rigueur, même si je fulminais de recevoir un avertissement!

Je passe la remarque à ma conjointe. Je brûle d’envie de raconter mon anecdote au gérant, le seul qui ressemble à un adulte responsable.

Le gars se traîne les pieds. On dirait qu’il doit se concentrer pour avancer.

Gauche, droite, gauche, droite, droite…non, gauche, congestion au cerveau, manque d'équilibre. Houston, on a un problème... mets le pied droit maintenant... il reste immobile 30 secondes et recommence à fonctionner! (Je déconne, mais si peu!)

Il prend mollement le contenant de plastique pour la poutine et attend son tour, l'air découragé, derrière les filles qui salent les frites.

L’autre gars est dépassé par les événements. Il capote et ne sait plus où donner de la tête.

Peut-être que dans la vie de tous les jours, ils sont super sympathiques, de party, serviable ou qu’ils viennent d’être embauché. C’est ma perception, si je l’ai vu, les autres aussi ont dû le voir. Enfin, le service est discutable.

J’aurais dû le voir dynamique et avec la broue dans le toupet! Mais juste la barbe du matin, jamais ça ne devrait être toléré. Je remarque la différence de génération, tant au niveau de l’employé que de l’employeur.

Un le fait, l’autre le tolère. Un peu de rigueur, ça ne ferait pas de tort.

Parlant de toupet, je me rappelle quand je travaillais au Pacini, côte-de-la Fabrique, dans le Vieux-Québec. Je faisais la plonge. C’était la première année des médiévales. La rue était bondée, le restaurant aussi. Nous sommes deux à laver la vaisselle. Je cours comme un débile pendant que l’autre ne fout strictement rien. Je fournis pour deux. J’ai faim, mon trente minutes de dîner est dépassé depuis longtemps. J’informe le gars que je vais manger. Mon sandwich n’est même pas terminé, qui je vois arriver? Le deuxième plongeur.

Qui lave en haut? Personne.

Je recommence mon boulot. Où est mon aide? Le gérant vient me voir et me demande où il est. Je l’ignore. À quel endroit le trouve-t-il?

Au bar à pain! Avec les autres clients.

Il est congédié en plein rush! C’est le gérant qui vient m’aider. La preuve que des nonchalants, des paresseux et des profiteurs, il y a en a dans chaque génération.

6 commentaires:

  1. Le problème, c'est pas les jeunes employés, mais bien les employeurs qui tolèrent. Je me suis déjà fait dire par un gérant de magasin auprès duquel je m'étais plainte de m'être fait traiter de conne pas une caissière "oui, je sais, la cassière a été impolie, mais vous savez, les jeunes d'aujourd'hui..." Naon! Les jeunes, ils sont jeunes. On a été pareil. La différence, c'est que maintenant on les excuse.

    Ça m'enrage!!!

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  2. Je suis d'accord avec Gen, de plus, on dirait que cette nouvelle génération devient de plus en plus molle avec le temps. Aucune structure osseuse (métaphorique) pour recevoir soit la critique, soit avoir un minimum de cran, soit se montrer en vie.

    Mes amis, on a affaire à des cadavres vivants, des zombies, qui l'ont eu tout cuit dans le bec depuis la couche et qui espéraient que ça demeure ainsi toute leur vie. La première fois qu'ils ont chialé, on leur a mis la sucrerie qu'ils voulaient et à chaque fois suivante, pour ne pas les entendre... mais à quel prix?

    Effectivement, ça donne la génération la moins impliquée de l'Histoire. Imaginez-les enrôlés de force dans une troisième Guerre, le fusil à la main, croyant qu'il s'agit d'un jeu jusqu'à ce qu'ils se fassent tirer dessus... la réalité les dépasse à chaque instant et ils n'en ont rien à faire. Tout ce qu'ils veulent est de s'amuser et d'être payé 18$ de l'heure après deux semaines de job.

    Tout ce qu'ils ont besoin est d'une claque sur la gueule pour les réveiller... et quelques coups au derrière pour avancer. Ils prennent la vie pour acquis, mais ils ignorent complètement qu'elle est dure, pas évidente et qu'il faut bûcher pour en arriver où on veut... l'ambition, ça ne se nourrit pas d'elle-même.

    Des événements comme cela, ça me défrise le poil des bras et ça me fait peur lorsque j'aurai moi-même des enfants... disons que ça me résout à employer une plus vieille manière d'éduquer... une qui aura recours à la réalité de la vie, non à la sucrerie. Je ne parle pas de les battre, loin de là et j'en serais incapable... juste de leur montrer qu'il leur faudra bûcher pour avoir ce qu'ils veulent. Juste ça devrait être assez pour faire la différence.

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  3. Aujourd'hui, lorsqu'un bébé braille, on lui donne sa suce pour lui fermer la trappe. Lorsqu'il gueule dans un magasin ou à l'épicerie, les gens on la mauvaise habitude de leur acheter ce qu'ils réclament pour avoir la paix. Ça revient à dire ce que Simon dit. Ils sont tellement habitué de tout avoir, qu'ils ne daignent bouger le petit doigt et veulent tout cuit dans le bec.

    J'ai une filleule dont ses parents ont toujours répondu à ses moindres caprices. Résultat ? Lorsqu'on lui sert un repas et que ce n'est pas servi dans son assiette "Dora", elle ne mange pas, quand la nourriture ne fait pas son affaire, elle refuse d'y plonger ses ustensilles. Elle n'a que trois ans ! Elle nous envoi promener, nous dit "tasse toi!" quand elle veut passer, nous dit "parle-moi pas" quand elle veut pas qu'on lui adresse la parole. Bref, ce qu'on appelle un enfant roi. Elle a le contrôle sur ses parents et c'est elle qui mène la barque.

    Ma fille ne l'aura pas facile. Elle va apprendre qu'on n'a pas toujours ce qu'on désire même si elle me fait la crise du siècle. Et je ne règlerai pas le problème avec une suce. Je sais que tu vas me dire que les enfants ce n'est pas aussi simple que ça Benoit, mais je vais tenter de le faire. Vive l'émission super nany...

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  4. À chaque fois que je passe, la ponctuation du titre change. En évolution constante ;-)

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  5. On n'arrête pas le progrès! J'avoue que celui là, je l'aime!

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  6. Super! Il faut montrer les bonnes manieres a nos enfants! J'en reviens pas combien, deja jeune, tu etais si vaillant! Wow!

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