samedi 10 juillet 2010

Berlin 36 - Alexandre Najjar


Au travers de la vie de personnalités importantes de l’époque dont James Cleveland Owens (Jesse Owens), Leni Riefenstahl et Claire Lagarde nous entrons tête première dans la propagande raciale des nazis pour ces jeux.

Le livre est découpé en trois parties, Panem et circenses, la grand-messe et après. La première partie traite de l’organisation nazie de la XIe olympique des temps modernes.

Jesse Owens, un noir originaire d’Oakville dont les parents sont les enfants d’esclaves, le père travaille dans un champ de coton. Cette grosse famille de 11 enfants déménage à Cleveland. Jesse va à l’école. Mais l’Amérique des années 20 est raciste, très raciste même. Par exemple, les Noirs ne peuvent pas emprunter le même ascenseur que les Blancs ou n’ont pas le droit de louer une chambre dans un motel dont l’affiche mentionne « interdit aux Noirs ». Jesse sera recruté et entrainé par Charles Riley.

Leni Riefenstahl est productrice de cinéma allemand. Goebbels, le ministre de la propagande et Hitler lui demande de créer un film propagandiste sur les Jeux olympiques de Berlin et la gloire de IIIe Reich.

Claire Lagarde est une journaliste française qui travaille pour l’Auto, un journal français. Elle suivra les jeux de Berlin et critiquera le caractère racial et politique des jeux.

On devine vite que cet événement veut prouver la supériorité aryenne sur les autres ethnies de la planète. Goebbels travaille fort pour réussir ce pari. Lors des jeux, on voit un Hitler frustré de la domination de Owens pour la seule raison qu’il est noir. Malgré son engagement envers le CIO, Hitler refuse de serrer la main à un athlète de couleur.

Je trouve que plusieurs chapitres de la dernière partie sont inutiles. Nous n’avons pas besoin de savoir que la guerre a été déclarée ni qu’Hitler se suicide dans son bunker. Ce sujet a été traité de long en large par des milliers de romans, de films et de documentaires. De plus, j’ai eu l’impression que le Hitler de ce roman était trop mou, trop compréhensif. Quand on a lu comment il était vraiment, on peut s’attendre à le voir engueuler tout le monde dès qu’il est contrarié. Aussi, chaque chapitre commence par « Où l’on voit… » et cela m’agressait. Par exemple : « Où on lit la critique de Berlin 36 ».

On comprend que le retour à la réalité de Owens le frappe de plein fouet. Qu’il est devenu une bête de cirque.

J’ai lu les 278 pages de ce livre en 3 jours. J’ai beaucoup aimé. L’auteur révèle, à la fin de son ouvrage, une bibliographie impressionnante sur chacun des personnages et sur l’événement des olympiques à Berlin. Drapeaux rouges à la croix gammée, soldat parcourant les rues avec un brassard rouge au bras, on assiste à l’une des plus grandes tromperies que l’humanité ait connues (surtout quand on sait la suite des événements). Goebbels, Göring, Hitler, Eva Braun, Ress, la plupart des noms associés au IIIe Reich sont présents. J’ai eu l’impression de participer à ces jeux, d’être dans le Olympiastadion avec les 100 000 spectateurs hystériques.

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