jeudi 13 mai 2010

Confrontation

Je ne devrais peut-être pas écrire cela, mais c’est arrivé ce matin, je suis témoin. Je ne nommerai aucun nom, aucun endroit et resterai vague sur les endroits.

Je me présente à un bureau en tant que représentant syndical. Un bureau où ça brasse pas mal. Superviseur(e)s avides de pouvoir et qui fonctionne par la peur et la suspension. On m’a dit de me présenter à cet endroit pour 7h15. Je suis présent à 7h. Un superviseur m’aperçoit et va chercher sa supérieure. Ils m’indiquent que je dois quitter, que je n’ai pas l’autorisation d’être sur ce plancher de travail. J’obéis. En fait, je suis escorté à l'extérieur. Je me console, je sais que de grosses pointures s’en viennent.

Ça fait 15 minutes que je poirote dehors, assis sur le parechoc arrière de mon auto. Un monsieur et une madame arrivés d’Ottawa et qui avaient auparavant visité mon bureau et avec qui j’avais parlé une vingtaine de minutes (jusqu’à affirmer aux superviseurs de mon bureau que mes réflexions avaient du bon sens!?!) m’aperçoivent en sortant de leur véhicule. Ils viennent me voir.

Je leur raconte la même histoire que deux jours plus tôt. Des employés heureux dans leur milieu de travail sont des employés fiers et performants. Que la confrontation ne mène à rien, au contraire, elle nuit. L’agressivité, le harcèlement et la violence verbale ne sont pas une avenue non plus. Ils sont d’accord avec moi. Pourtant, je viens de me faire expulser d’un bureau et je n’avais aucune intention hostile.

Les gens que j’attendais arrivent. On entre dans l'établissement. Tout d’un coup, on tolère ma présence. Il y a de la tension dans l’air. Mon directeur distribue des autocollants dénonçant les agissements de l'employeur. Court dialogue avec l'employeur.

Le monsieur commence sa réunion. Quand il vient pour donner la parole à sa collègue, le directeur intervient. Il demande des explications sur les agissements de l’employeur dans ce bureau. Cela dure depuis 1 an. Les membres ne peuvent travailler dans un endroit qui n’est pas sain et sécuritaire (oui, ça va jusque-là), exempt d'harcèlement. Bref, il y a abus.

La situation dégénère rapidement. Une partie de torse bombé de la part de l’employeur commence. Ils veulent montrer qu'ils maitrisent la situation. On nous demande de quitter. On refuse. Ça bombe le torse un peu plus. Les visages des représentants de l’employeur s’empourprent. C’est l’impasse. Nous voulons des réponses immédiatement, la situation ne peut pas continuer ainsi.

Et là, la cerise sur le sundae : la police intervient! Deux voitures de police sont stationnées devant la porte d'entrée dont l'une bloque le chemin. J’ai su, après cette altercation, que les policiers municipaux n’ont pas juridiction dans un milieu fédéral, que c’est la GRC qui doit intervenir.

Les agents discutent avec notre directeur. D’ailleurs, n’ont-ils pas une convention échue et un maire qui refuse toute négociation? Ils disparaissent, mais ne quittent pas l’établissement. Seul Superman reste le torse bombé et les bras croisés dans l’espoir, on aurait dit, d’en venir aux coups.

Plusieurs minutes plus tard, nous sortons. Un troisième véhicule de police entre dans le stationnement. « C’est aussi gros que le grabuge à Montréal ou bien pour une fois, il se passe quelque chose », se disent-ils.

Plus tard, l’employeur a repris sa réunion. Pour flatter les employés, dont la moitié ont déjà été suspendus au moins une fois pour des raisons pas toujours méritées, un déjeuner était servi. Malheureusement, plusieurs personnes se sont gavées de ce repas empoisonné.

Quand l’individu ne souffre pas, que ça ne l’atteint pas, rien à faire, il ne bronchera pas. Tout ça a duré 2 heures. Ouf, quelle matinée!

Ma nouvelle de Nocturne 17 a rapport avec moi et un client qui existe vraiment et qui agit comme je l'ai décris! Quel job!

1 commentaire:

  1. Je vais dire comme on l'a déjà dit à travers l'histoire: si c'était pas arrivé pour de vrai, je l'aurais jamais cru. :)

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