samedi 22 mai 2010

Brins d'éternité 26


Du haut des toits immaculés – Carl Rocheleau

Le métier de tueur à gages maintenant légalisé, Laurence veut suivre les traces de son père. Un jour, où elle croit rencontrer un potentiel client, Laurence est malmenée.

Je ne suis pas un fin connaisseur de la SF, mais je vois déjà ceux-ci crier « on a vu ça mille fois ». Moi, cette nouvelle, je l’ai adorée. Le dénouement est prévisible, mais la conclusion est originale. Un peu de longueur quand on se perd dans les explications de sa réadaptation. J’ai eu un peu de difficulté avec la chronologie (année 100, année 89, année 87, etc.), mais ce détail n’a pas brisé le rythme ni l’intérêt que j’ai eu à lire la nouvelle. Bref, comme un bon film d’action, cette nouvelle bouge et ne lésine pas avec les détails superflus! J’ai aimé.

Cependant, une chose me titille dans l’éditorial. Lors de la présentation des auteurs et des textes, on fait, pour cette nouvelle, un lien avec le parti Conservateur. L’éditorialiste a le droit de le penser et de l’écrire, je n’ai aucun problème avec ça. Qu’on dise que Stephen Harper est l’Antéchrist tout comme Georges W. Bush et tous les malheurs sur Terre sont de leurs fautes, je m’en balance pas mal. J’aimerais juste préciser que c’est le Bloc communiste… euh… québécois qui a déjà voté contre la loi sur les jeunes contrevenants par exemple. Ils sont contre les condamnations plus sévère pour les multirécidivistes. Duceppe et ses troupes ont toujours voté contre les lois qui donnent plus de pouvoir aux policiers et aux juges. Ils préfèrent voir les criminels dans la rue. Je me souviens, voilà plusieurs années, que Duceppe voulait accueillir les immigrants avec un casier judiciaire. D’après moi, tueur à gages légal, le Bloc aurait pris le lead dans ce domaine!

L’art du temps – David Hébert

Un scientifique trouve une nouvelle loi universelle.

Grâce à sa découverte, il crée une machine qui lui permet de voir à travers le temps. Quoi dire de plus que féliciter l’auteur pour son histoire. J’ai trouvé l’assistant un peu naïf et sujet aux ordres du scientifique, mais encore là, rien pour me déplaire. La conclusion m’a laissé un peu sur mon appétit, mais ne gêne nullement l’histoire.

Le ver – François-Bernard Tremblay

Après une longue guerre sanglante, deux peuples exploitent les ressources naturelles d’une planète.

Un convoi attire l’attention du commandant Pirlo. Le début du récit commence en info dump, ce qui est, d’après moi, néfaste pour le lecteur. C’est un résumé des guerres et les résultats du traité signé entre les deux peuples. La nouvelle est quand même bien rendue. J’étais curieux de voir ce que l’auteur allait me servir comme finale. Je dois avouer qu’il a très bien réussi et j’ai aimé.
Cependant, j’ai eu l’impression que les dialogues entre le commandant et son équipage pour décrire le convoi ennemi servait plus le lecteur que le commandant. Puisque l’action se passe ailleurs que sur Terre, peut-être aurait-il fallu inventer des choses différentes autant pour les métaux (or) que pour la communication en général entre armées (drapeau). Malgré ces points, la nouvelle m’a beaucoup diverti.

L’expédition – Sébastien Odasso

En 1948, un groupe d’expéditeur découvre un temple aztèque ou maya.

Pendant tout le récit, nous lisons les notes du dessinateur John Atkins. Il y a beaucoup de longueurs parce que l’auteur prend le temps de nous expliquer comment l’équipe va survivre plutôt q’aborder immédiatement le temple. Le compte-rendu est, pour moi, crédible. On sent une certaine tension au fur et à mesure que les problèmes surgissent, mais pas assez pour partager l'angoisse et la peur de Atkins.

Ensuite le silence – David B. Lachance

Nous suivons le rapport d’un cobaye sur un nouveau vaccin.

J’ai été intrigué par le développement d’une sorte d’effet secondaire créée par le vaccin, mais le développement et la conclusion m’a déçu. C’est bien raconté, l’auteur va directement au but, mais je n’ai pas accroché. J’aurais eu besoin de plus de chair autour de l’os, d’une fin moins précipitée et mieux amenée.

Possession – Caroline Lacroix

Un mystérieux virus fait rage chez les patients et l’AI est suspectée.

Quelle super nouvelle! J’ai adoré du début à la fin. J’avoue que j’aime les thèmes exploités par l’auteure, mais elle les exploite merveilleusement bien. Utiliser l’AI pour guérir l’esprit humain est certainement un sujet surexploité, mais pas grave, qu’est-ce qui ne l’est pas? J’aurais aimé en savoir plus sur ce virus, et sur ce, je suis resté un peu sur mon appétit. J’aurais voulu voir le développement et comment il sera combattu, mais c’est mon avis personnel. La fin est quelque peu moralisatrice, mais le reste, numéro uno! Bravo!

Julien un jour… Martin Lessard

Suite à la mort de sa grand-mère, un homme rencontre un curieux bonhomme qui lui offre un Choix.

L’auteur aborde les croyances et les religions, le bien et le mal, Satan et Dieu, etc sous les traits d’un petit-fils qui n’aimait pas sa grand-mère. Un peu loufoque, mais le récit est très bien amené et l’écriture est riche. Une chose m'agaçait : lorsque le petit-fils raconte son histoire, il utilise des mots littéraires parsemés d’expression connue. Quand il parle, c’est en bon joual. J’ai trouvé cet aspect déstabilisant parce que le niveau de la langue n’était pas respecté. Hormis cela, la nouvelle est agréable à lire.

Le numéro 26 marque le transfert de revue à agrafes à revue à reliure collée. J’ai commencé mon abonnement au numéro 19, quand la première page couleur est apparue, j’ai eu 2 publications et depuis, la revue n’a cessé de s’améliorer. Félicitation à toute l’équipe de Brins d’éternité pour leur travail professionnel et pour leur prix Boréal!

6 commentaires:

  1. Je suis content que le contenu et le nouveau look de la revue te plaisent :)

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  2. Il est sur ma table de chevet...Son tour s'en vient.....

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  3. Super ! Merci pour le retour de lecture. Je travaille effectivement à moins perdre le lecteur avec mes voyages dans le temps, mais quelques fois je n'arrive pas à m'en empêcher. Je suis quand même content d'avoir eu un commentaire de plus sur cette nouvelle. Pour ce qui est du gouvernement ayant l'idée de légaliser le "mercenariat", je te dirais que cette idée trotte déjà dans la tête de tous les partis et que, comme pour l'exploitation des sables bitumineux, aucun gouvernement ne veut se salir les mains avec ça alors qu'ils en désirent tout les profits. Si tu voyais ce que le gouvernement accepte déjà comme déclaration pour les travailleur indépendant, tu verrais qu'on peut presque déclarer nos cartouches... Cela dit, c'est certain que le Bloc appuierait secrètement un tel projet, mais, au Québec, je te dirais que ce serait l'ADQ qui proposerait ce genre d'idée.

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  4. @Carl : De rien, moi aussi j'aime ça lire les critiques de mes histoires donc j'essaie d'en faire les plus objectivement que possible, ça méchanceté et avec un minimum de raisons pour appuyer mes commentaires.
    Pour l'ADQ, les médias ont fait un bon boulot de démoniser ce parti qui n'a su, avouons-le, tirer son épingle du jeu quand il est devenu l'opposition officielle. Droite, gauche, centre, ça prend un bonne dose de chaque pour avoir un équilibre, mais ici, c'est tellement à gauche qu'on tourne en rond depuis 40 ans! Je me balance pas mal de l'ADQ (en fait, je suis blasé de ces menteurs), mais je trouve qu'on en met beaucoup sur un parti devenu marginal.

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  5. Merci pour la critique! C'est tellement rare et super apprécié. En plus, ma nouvelle t'a plu, c'est vachement cool. :-) Mais quoi qu'il en soit, j'apprécie beacoup que tu prennes le temps de publier tes critiques.

    Je n'ai pas encore lu le dernier numéro encore, mais côté, purement esthétique, avec la nouvelle reliure et la superbe page couverture, ça a franchement de la gueule.

    Caro L.

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  6. @Caro De rien. Bien lire dans ma réponse précédente, sans méchanceté. J'ai tendance à me relire trop vite. C'est comme couper les gens quand ils parlent, va falloir que je fasse plus attention.

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