lundi 5 avril 2010

Katapulpe 9 (Électronique)



Virginie Guilbert - Quadragénaire et solitaire
J’ai adoré ce court récit d’un homme solitaire et qui s’adonne aussi au plaisir solitaire! Pour combler sa solitude, il commande à un fabriquant une femme selon ses goûts. Bien pensé, quoique trop court. Katapulpe permet un maximum de 4 pages.

Hans Delrue – Relation de voisinage
Un gars est en amour avec sa voisine. Un jour, celle-ci oublie de verrouiller la porte et ce dernier en profite pour trafiquer l’ordinateur afin qu’il puisse falsifier les messages qu’elle reçoit de ses amants. Bien rendu, j’aurais aimé lire jusqu’où la dépendance du voisin peut aller. Je suppose que ce type de maladie peut entraîner des gestes maladifs (mentalement) allant plus loin que le simple espionnage et le détournement de courriels.

Valérie Bonenfant – Le justicier Tronix
Je crois que l’auteure a tenté de faire un peu d’humour en mélangeant robot, malfrats et justice. Honnêtement, les bouing bouing, poupoupoupou et schbouiiig qui envahissent ce texte de 3 pages l’ont rendu, à mes yeux, inintéressant et un sujet mal exploité.

Jonathan Deprès- Bourdonnement en sonnette
Je n’ai pas aimé cette nouvelle. Moi, j’aime qu’on développe un personnage, qu’on m’amène une histoire et qu’on me surprenne avec les rebondissements. Ici, tout est lancé pêle-mêle, dans un fouillis qui, après 3 lignes, m’a forcé à lire cette nouvelle en diagonale.

Eden Turbide – Vieux fossile en terrain inconnu
Alphonse et la technologie, ça ne marche pas! Borné, idiot ( désolé pour l’auteure, mais même ma grand-mère de 85 ans sait programmer le vidéo, paie par Interac et sait se servir d’un guichet automatique) et entêté. Toute sa vie, l’avancement technologique lui envenime son quotidien.
Cette réalité n’est pas fausse, mais j’ai trouvé que l’auteure a beurré épais les bourdes du pauvre Alphonse. À la fin, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il est un certainement un peu attardé.

Gabrielle Delavoie - Mascarade familiale
Une mère accouche de sextuplés identiques. Un mystère plane sur la naissance de deux derniers-nés. Ici, l’auteure exploite les médias (encore eux) avec les revues à potins et la web réalité. Un contrat relie la mère et la revue moyennant primeur sur les enfants. Ils deviennent bête de foire et on tente par tous les moyens de cacher une vérité au public. A-t-elle remis au goût du jour la triste vie des soeurs Dionne?

Andréas – Machines
Encore des robots… Lourd à lire, trop d’adjectifs (on passe par Rimouski pour aller à Montréal), l’événement malheureux dont l’enfant est victime m’a laissé complètement indifférent.

Philippe Lafortune – Au clair de l’urne
Dans mon atelier d’écriture, j’ai tenté moi aussi de créer un univers politique où la population est réprimée et le gouvernement contrôle tout. L’auteur ici nous invite dans un monde semblable. Le personnage principal doit aller voter pour… un seul candidat. Deux choses : premièrement, dans un pays totalitaire dirigé par un dictateur au pouvoir depuis 29 ans, je ne vois pas la nécessité d’un vote (rappelez-vous de la passation des pouvoirs de Fidel à son frère Raul Castro). Un peu partout dans le texte, il y a des rimettes et des fois, je me demande si ce n’est pas une coquille.

Anthony Boulanger – Élec et mat
En 2025, un ordinateur super puissant est devenu imbattable aux échecs. Un homme enseigne à sa fille de 6 ans les rouages de ce jeu. Elle est forte la petite, très forte même. Elle bat tout ce qui existe d’échec électronique. Mais pourquoi avoir ressorti les vieux programmes comme Deep Blue et le champion Kasparov? Rien n’a été fait de mieux et aucun nouveau champion avant l’arrivée de la machine imbattable? Et la fin, l’auteur dégonfle la bulle qu’il nous a créée.

Sylvie-Anne Boutin-Panneton – Poisson Cru
Le personnage principal achète un micro-ondes qui fait tout. On assiste à une avalanche d’énumération de marque de commerce. N’importe quoi! L’histoire ne tient pas à grand-chose non plus.

J’ai aimé ce numéro 9 et j'avoue que, de temps en temps, je vais m'amuser à refaire cet exercice. Tout dépend de ma disponibilité et de mon humeur!

Depuis quelques mois, je crois qu'il serait préférable que la direction littéraire explique clairement le modèle qu’elle veut recevoir. Pas juste demander une nouvelle de 1 à 4 pages. C’est déjà très court, mais on peut jouer avec l’interlignage et la grosseur de la police. Il faudrait savoir le nombre de mots maximums.

Je félicite Katapulpe pour leurs présentations et leurs mise en page originales. Simple suggestion : si, au lieu de mettre une dizaine de lignes dans une page, Katapulpe exploiterait toute la page, on pourrait soumettre et lire des textes plus étoffés. Peut-être est-ce un choix, une ligne directrice.

8 commentaires:

  1. Tiens, je ne connaisais Katapulpe que vaguement de nom (de mon côté du pays, on ne trouve pas grand chose de Francophone), ton billet m'en a bien appris... Interessantes critiques, mais c'est vrai, quatre pages, c'est bien court!

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  2. Très intéressant ce commentaire. C'est ma formule favorite, avec un mot sur chaque texte. J'espère que tu auras le temps de commenter toutes tes lectures.

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  3. Merci! J'avoue, Richard, que je me suis inspiré de ton concept.
    Content que tu en saches plus sur Katapulpe Alexandre!

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  4. Merci pour tes commentaires, Benoit.
    Effectivement, définir un nombre de mots, une grosseur de polices et un type précis d'interlignes seront envisagés pour les numéros à venir. Pour ce qui est d'exploiter toute la page, sache que Katapulpe est un fanzine où cohabitent littérature, design graphique et illustration. Ces éléments visuels, illustrations ou habitats graphiques, sont les prolongements de l'imaginaire des textes... un choix, une ligne directrice.

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  5. Hum... De toute façon, quand on parle d'une page, on veut toujours dire un feuillet standard, non? C'est à dire 250 mots environ. En tout cas, c'est comme ça avec les autres revues et fanzine...

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  6. Merci pour le commentaire ;)

    J’aurais pu effectivement un peu plus développer, mais j’ai préféré faire court vu les contraintes (1 à 4 pages).

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  7. Salut, je suis tombée sur ta chronique côté blogue, pour me rendre jusqu'à ton propre blogue. Ça fait étrange de lire un commentaire sur mon texte (le premier que je publie d'ailleurs.) Sincèrement, je n'ai pensé aux jumelles Dionne qu'à la fin de son écriture, les idées d'origine provenant d'ailleurs. Mais s'il y a des intéressés, je pense que j'en parlerais davantage sur mon propre blogue.

    Merci pour ton mot. :)

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  8. J'ai lu , moi aussi, le texte de Virginie Guilbert et je l'ai trouvé excellent .
    Le thème est intéressant et il est bien écrit.

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