dimanche 18 avril 2010

Entre deux textes

Je suis dans un entre-deux. Comme si je flânais sur un pont en attendant de décider quel bord je veux aller. C’est probablement la raison pourquoi j’ai autant de temps pour écrire sur mon blogue. Mon livre jeunesse a été soumis à 3 éditeurs et j'attends leurs réponses tandis que mon roman adulte reçoit les critiques de mon comité de lecture personnel.

Sur ce dernier point, je suis choyé. J’ai quatre personnes, 3 hommes et une femme, qui m’ont donné (ou vont me donner) leur avis. De la simple coquille à l’incohérence ou le manque de profondeur dans une scène, grâce à eux, je sais que je vais présenter un produit complet. Ce n’est pas évident de trouver des gens dévoués et je tiens à les remercier de tout coeur.

Je me souviens qu’une amie déplorait la façon dont ses lecteurs de manuscrit se défilaient pour ne pas la critiquer. D’ailleurs, ne dites pas oui si savez que vous allez dire non dans quelques semaines (je ne vise pas personne ici, c’est un simple commentaire. Je spécifie parce que dernièrement, des gens à mon travail se sont sentis visés par mes propos et ils n'auraient pas dû l'être). Je crois que tout le monde est conscient que s'il accepte de lire et d’aider quelqu'un, il doit aller jusqu'au bout comme dirait Patrick Senécal dans tous ses romans!).

Vous êtes une espèce en voie de disparation et l'écrivain amateur comme moi a besoin de vous!

Un de mes amis a compris qu’en littérature il ne faut pas passer par quatre chemins pour se faire expliquer nos lacunes dans un texte. Parce qu'on se connait depuis plus de 15 ans, il m'appelait pour justifier pourquoi moi, j'ai tort et lui, a raison. Résultat : refus presque partout, découragement et, c'est le côté positif de l'affaire, prise de conscience.

J'ai compris ce point lors de mon atelier d’écriture avec Élisabeth Vonarburg et les ateliéristes! J’avais soumis de la science-fiction et mettons que je me suis fait varloper. On oublie son égo. Si bien que ce texte est en attente. Déception devant la montagne de travail? Un peu. Mais j’attends la date du prochain atelier court (cette année, il y a du nouveau) pour soumettre un texte fantastique. Pas compliqué, j’en avais écrit deux l’an passé.

Actuellement, je prends des notes pour d’autres textes. J’ai eu de petites idées, des ébauches. Est-ce que ça va finir en roman ou en nouvelle, je ne le sais pas. Le plus triste c’est que j’ai un roman de 191 pages et 53000 mots qui dort dans mon ordi, refusé 3 fois. Pourtant, je suis convaincu de sa qualité, mais vous savez comme moi, ils sont rares les éditeurs qui expliquent la raison de leur refus. Sans oublier que les éditeurs de fantastique, ça ne court pas les rues.

7 commentaires:

  1. Je sais plus c'est quel auteur qui a dit "Vous voulez écrire? Écrivez un premier roman. Il ne sera pas publié. Mettez-le dans un tiroir et écrivez-en un second. Celui-là sera meilleur."

    Mais je pense que c'est vrai. Souvent, on s'acharne sur les écrits qu'on a déjà fait, au lieu de repartir quelque chose de neuf et d'aller de l'avant.

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  2. Je crois que Gen a raison... c'est très dur, par contre, de laisser nos écrits parce qu'on y a mis tellement d'efforts, de notre acharnement, mais dans un sens, il faut le voir comme un apprentissage. D'ailleurs, l'auteur qu'elle cite ne dis pas que le second sera publié, mais il dit qu'il sera meilleur et après avoir lu tes écrits plusieurs fois, il a raison.

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  3. Vous avez raison. Il ne faut pas s'acharner sur un projet qui stagne sauf si c'est pour le terminer! Même si ça fait 2-3 ans que tu travailles dessus. Rien ne dit qu'avec le temps et l'expérience, tu peux le soumettre à nouveau et cette fois, recevoir une réponse positive.
    J'aimerais être publié dans Solaris, mais je n'ai rien à leur envoyer. Est-ce que ça veut dire que je dois leur soumettre toute la bouette que j'écris? Bien sûr que non! Je lève mon chapeau à Dave Côté qui a su être accepté presque immédiatement avec son texte de Monsieur Gâteau.

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  4. Michel Gingras dit:

    Je suis d'accord avec vous. J'ai travaillé plus de cinq ans sur un roman pour lequel je croyais au potentiel, et je m'acharnais dessus en me disant que c'était bon et tout, et que je ne voulais pas passer à autres choses tetllement je croyais en mon produit. Je voulais aller jusqu'au bout et ne rien débuter en parallèle. À ce moment là c'était LE roman que je devais écrire.

    Mes lecteurs me donnaient que de bons commentaires. Hélas, à part deux d'entres eux, la plupart ne connaissaient rien en littérature. Ils se contentaient de dire qu'ils trouvaient ça bon, c'est tout. Alors, même si j'avais une confiance totale en mon manuscrit, il fut refusé par un éditeur. Heureusement,celui-ci m'a envoyé les rapports du commité de lecture. Je dois avouer que malgré ma déception, j'approuvais à 100% les commentaires du commité.

    C'est alors que j'ai vu l'énormité du travail de réécriture à faire. J'aurais pu m'y mettre et le resoumettre, mais j'ai abandonné. Pas par lâcheté, mais je me suis dit que si je met encore beaucoup d'heures sur ce roman sans jamais en commencer un nouveau, je ferai peut-être ça pour rien et essuyer un autre refus. Pourquoi y consacre encore autant d'heures quand je peux passer à autres choses? Je ne peux pas passer d'autres années à me consacrer qu'à cet unique projet! Peut-être qu'un jour j'y retravaillerai, mais pour l'instant, je veux écrire autres choses.

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  5. C'est plate, mais le domaine littéraire est sans pitié. Bien sûr, les éditeurs cherchent la perle rare et ne peuvent pas, d'après moi, se permettent des essais. Comme toute entreprise, l'éditeur doit faire un profit sinon, c'est la fin. Bien sûr, ils sont tous subventionnés à cause de la petitesse du marché québécois.

    Bref, la tarte reste la même, mais beaucoup espère en manger!

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  6. Heu... Dave Côté est loin d'avoir fait accepter "Monsieur Gâteau" presque immédiatement. C'est le fruit d'un retravail en atelier avec Élisabeth... et je ne t'apprends rien, je suppose, si je te rappelle que, des fois, travailler avec Élisabeth ça fait mal!!!

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  7. Oui, oui, je sais qu'avec Elisabeth ça fait mal. Je ne diminue pas le travail de Dave, loin de là. Quand je dis presque immédiatement, c'est que peu après l'atelier, il a retravaillé son texte, soumi et été accepté. Je suis très heureux pour lui. Moi, mon texte, de la science-fiction, va probablement finir oublié!

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